Au Japon, le manga est un véritable média à part entière tant les tirages sont importants (même s’ils sont en baisses). Historiquement, le manga a d’ailleurs servi de funeste dessein en servant de support à la propagande militaire. Triste tableau auquel on préfère les thriller saisissant de Naoki Urasawa ou la richesse de l’univers de Yokai de Shigeru Mizuki (largement ravagé par la guerre au passage, ce qui a beaucoup inspiré son oeuvre) .
L’armée américaine a récemment utiliser le potentiel du manga pour tenter d’expliquer l’alliance militaire americano japonaise. Et pour cause, le tension existant entre la présence militaire américaine et la population a couté ni plus ni moins que la tête du dernier premier ministre japonais (bon, de nombreux autres facteurs ont opéré mais disons que ça été un des coups de grâce). Et pourtant, les américains le savent, ils ont besoin de cette cohésion militaire.
Le manga aura donc pour thématique de présenter, à travers les yeux d’une jeune japonaise et d’un jeune américain comment collaborent les troupes américaines et japonaises en accentuant bien sur le manga sous l’angle," nous sommes des frères d’arme"
Je doute malgré tout que "le travail" (je trouve ce terme mal choisi mais c’est celui qui me vient à l’esprit) ne parvienne à convaincre la population du bien fondé de la présence des bases militaires américaines (Okinawa regroupant tout de même près de la moitié des 47 000 militaires américains présents au Japon)
Vous pourrez trouver le dit manga à cette adresse :
http://www.usfj.mil/Manga/Vol%201/Index.html
Personnellement, je trouve ce manga extrêmement intéressant. Ce n’est clairement pas un chef d’oeuvre du manga mais le trait manifestement infantile à souhait, le chara design (le jeune garçon américain porte finalement un costume de lapin blanc) dénote complètement avec un contenu finalement assez dur et inquiétant.
Je pourrais reprendre à ce sujet mot pour mot mon article sur le "kawaii et le superflat"
"Ce coté « kawaii » donne une nouvelle dimension au produit, ainsi qu’un coté réconfortant, voir déculpabilisant lorsque des « lovels hotels » (hôtel de passe) porte des noms tels que la « petite maison dans la prairie ». Cette dissociation entre l’objet et sa qualification rend ainsi les produits plus attrayants pour les consommateurs."

Ce qui me chose un peu, c’est que cette symbolique a pour effet de modifier voir rendre impossible la perception réelle des choses (vous me direz, c’est fait exprès), surtout pour des enfants. Bon, loin de moi l’idée qu’il s’agit derrière ce manga de dire, il faut faire la guerre et trucider son prochain. Mais tout de même, même si je suis un fervent défenseur du manga, je trouve ce type d’utilisation relativement dangereuse (c’est un peu comme si on faisait un manga pour dire aux enfants combien tel ou tel gouvernement fait de belle chose en le distribuant gratuitement à la sortie des écoles... pas très glorieux tout de même...)




Commentaires
1. lundi 13 septembre 2010 attime 11:01, par tokyomonamour
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