Plutôt rubrique "droit japonais" ou plutôt rubrique "langue japonaise" ? J’avoue m’être posé cette question pour classer cet article.

Le 1er avril, le gouvernement japonais a mis en place un site nommé "japaneselawtranslation". Ce site est entièrement dédié à la mise en ligne de texte de a règlementation japonaise en anglais. Cette pratique témoigne d’un net changement de politique vis à vis du droit japonais.

Au Japon, le droit est, à l’instar de la médecine, une filière d’excellence. Elle fait partie des études les plus couteuses, et le métier de juge (dans le années 90, 2% à 3% de réussite au concours) ou d’avocat est extremement respecté (sur un ton plus léger mais extremement sympathique, je vous invite à regarder le drama "Dragon zakura").

Historiquement (voir le sujet, l’ouvrage de Eric Seizelet, justice et magistrature au Japon), les professions juridiques et le marché du droit sont extremement règlementés au Japon.

La vision initiale du droit tient plus de quelques arcanes maitrisés par une élite et relativement opaque que d’un droit accessible à tous. Puis, pour des raisons sociologico historique (voir l’article "Une esquisse psychanalytique de l’homme juridique au Japon » de Ichiro Kitamura dans l’ouvrage Étude de droit japonais"), les japonais ont traditionnellement une approche relativement nuancée du droit.

Mais depuis les fin des années 80, sous la pression américaine et européenne, le Japon a procédé à une dérégulation progressive du marché juridique. De même, afin d’être plus compétitif, le Japon a du rendre son système juridique plus transparent pour en faire un outil économique plus performant (surtout dans cette période de crise, l’idée étant de faciliter au maximum les investissements étrangers).

C’est dans cette optique que le site "japaneselawtranslation" a été ouvert. La barrière de la langue étant indéniable, d’autant que le droit japonais n’est pas simple, ce site contribue à rendre le droit japonais plus accessible , transparent et moins couteux. Le gouvernement japonais a d’ailleurs été surpris par les statistiques de consultation du site (626,000 visiteurs en un mois). Ce site permettra donc aux curieux de se frotter au droit japonais (sous réserve de parler anglais, bien sur) et au professionnel du droit d’accéder à la règlementation japonaise (et gratuitement). De plus, le site propose un dictionnaire juridique anglais/japonais.

Bref, quel rapport avec l’apprentissage du japonais me direz vous ! Et bien à ma grande surprise, les textes ne sont pas proposés qu’en anglais. Ils sont proposés en anglais, en japonais ou, le plus intéressant, les deux. Vous disposez donc des textes écrits en kanji avec leur traduction en anglais juste en dessous. Le gouvernement envisage de proposer le site en espagnole, chinois, portugais (mais pas français !).

Personnellement, je cherche depuis quelques temps un site qui propose des traductions de textes japonais afin d’améliorer ma lecture des kanjis (autrement que par l’intermédiaire de flash card). Puis cela permet d’améliorer son anglais et d’apprendre un peu le droit japonais (je vous l’accorde, ce n’est pas très funky). Tout bénéfice en somme !