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compte rendu de la conférence du 16 septembre sur "le manga en bibliothèque"

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samedi 16 septembre 2006, par rambijey


reprenons tout d’abord les termes d’introduction de Delcourt : " « LE MANGA EN BIBLIOTHÈQUE »

La déferlante manga des années 80 - 90 a tout balayé, laissant plus d’un d’entre vous perplexe. Avec 665 nouveautés, soit 42% des bandes dessinées annoncées par les éditeurs pour la période d’août à décembre, la production de mangas demeure en pleine expansion. Quant aux Éditions Delcourt, elles tentent de faire apprécier cette BD au plus grand nombre, en proposant des séries en marge des idées reçues. En association avec Akata, dont les membres ont été les précurseurs de l’édition de manga en France, les Éditions Delcourt ont construit un catalogue qui compte plus d’une soixantaine de titres. Histoire, tradition, sujet de société, pour les adultes, hommes et femmes, comme pour les collégiens... Cette intervention vous donnera un aperçu de la grande variété de thèmes abordés et de la responsabilité éditoriale qui motive nos choix.

Animée par Sébastien Langevin et en présence de :

- Dominique Véret, directeur de la collection manga Delcourt/Akata
- Fred Guyader, coordinateur éditorial manga Delcourt/Akata
- Agnès Deyzieux, documentaliste et rédactrice pour Inter CDI
- Christine Badaire, assistante de conservation à la médiathèque de Nanterre
- Florent Faguet, lettreur manga"

(il s’agit d’un synthèse réalisée par mes soins qui ne reprend pas à la lettre les interventions des intervenants)

Quelles étaient les problématiques de cette conférence ? Peut être de deux ordres :

- donner des pistes pour faire venir un nouveau public désertant un peu les bibliothèques
- aider les bibliothécaires à s’y retrouver dans la centaine de titre sortant chaque mois.

Pour vous présenter cette conférence, je la diviserais par grands thèmes (autour des questions de l’animateur) et des réponses, soit de la partie delcourt (Dominique Véret et Fred Guyader), soit de la partie bibliothèque (Agnès Deyzieux et Christine Badaire).

- Qu’elle a été l’évolution de la politique de delcourt à l’égard de la diffusion de la culture ?

(réponse Delcourt)Delcourt a toujours eu la volonté de construire un catalogue autour de préoccupations culturelles. La principale difficulté est peut être que chez beaucoup d’éditeurs, il existe plus une logique de marché qu’une véritable politique éditoriale au sens propre du terme.

- et du coté des bibliothèques ?

(réponse Bibliothèque) depuis 3 ans, les bibliothèques sont de plus en plus en demande d’informations, notamment pour répondre aux demandes des jeunes

- par rapport aux CDI dans les collèges -Lycées, est ce que le manga peut rentrer dans les moeurs ? par exemple à la lecture de l’article de libération d’aujourd’hui, il semble que le manga est toujours mauvaise réputation (voir l’article du blog sur l’article de libération)

(réponse Bibliothèque)La BD est toujours peu représentée au sein des CDI et le manga rentre difficilement. Il n’y a pas d’interdiction, mais le manga souffre toujours de forts a priori, et les documentalistes ne sont pas toujours formés à propos des mangas.

- Quelle est la politique d’acquisition de manga des bibliothèques et des CDI ?

(réponse Bibliothèque)Cela dépend des budgets, des différences entre établissement. cela varie donc en fonction des budgets et du public.

- N’avez vous pas des difficultés par rapport aux séries qui comportent un nombre important de volumes ?

(réponse Bibliothèque)Cela varie en fonction de l’espace à disposition. Dans les bibliothèques locales, on fait généralement des essais et l’on regarde si cela marche. Si une série fonctionne bien, généralement, on ne peut pas se permettre d’arrêter. Si l’on arrête, il faut que ce choix soit argumenté et justifié auprès des lecteurs. Par exemple, une politique peut porter plutôt sur la diversité que la quantité, ce qui entraîne nécessairement de se limiter à quelques tomes

- Du coté de Delcourt, faites vous quelque chose par rapport à cette difficulté liée au nombre de volume ?

(réponse Delcourt) Depuis 15 ans, nous avons toujours privilégié un large choix de styles, d’auteurs, de narrations afin d’être le plus représentatif possible du marché japonais. Pour la plupart des séries, hormis les grosses séries à succès comme Nana, nous privilégions plutôt les courtes séries. Notre catalogue propose en général des titres d’environ 6 volumes. Cela permet à ceux qui n’ont pas un budget trop important, surtout les jeunes de se procurer la totalité d’une série. Notre réflexion sur le moyen/long terme a vraiment été de proposer des séries plutôt courtes.

- Comment se compose le manga au Japon ?

(réponse Delcourt)Tous les mangas sont pré-publiés puis mis sous forme de recueils. Un manga est en faite une suite de pré-publications sortant chaque semaine. Si la France connaît plutôt le Shonen et le Shojo (manga pour adolescent fille et garçon), il existe au Japon des mangas pour chaque public et tranche d’âge, cela passant par la femme au foyer, la femme qui travaille, l’adolescente etc... Au Japon, tout est segmenté, découpé. Les éditeurs japonais ont une commercialisation extrêmement pointu.

Chez Delcourt nous essayons de reprendre le même modèle, en proposant des séries par thème comme les arts martiaux, ou la spiritualité. Puis, nous ciblons en fonction des niches (exemple dans des magazines d’arts martiaux plutôt que dans des magazines généralistes sur la bande dessinée). Cet état a nécessité de revoir complètement les méthodes de marketing "à la française".

- est il plus simple de s’y retrouver dans les mangas que dans la Bande dessinée franco belge ?

(réponse Delcourt)Oui, au Japon, on retrouve généralement des thèmes précis. Tout simplement parce que le manga a une préoccupation sociétale, et que les mangaka ont d’ailleurs conscience de leur rôle au sein de la société. Les mangas sont assez collés à la réalité et politisés. En Bd française, une des difficultés est que l’on en trouve pour les très jeunes, les adultes mais peu pour les adolescents. Le manga répond parfaitement à cette case qui était inoccupée.

- Le manga doit il être mis dans la section adulte ou jeunesse ?

( réponse bibliothèque) on met généralement dans la section jeunesse les titres les "moins dangereux" et le reste dans la catégorie adulte. Tout dépend en fait de la délimitation d’âge selon les bibliothèques. Mais au final, les adolescents parviennent très bien à naviguer d’une section à l’autre.

( réponse Delcourt) le rapport à la sexualité et la violence est totalement différent entre la France et le Japon. Au japon, le manga est un peu un exutoire permettant de relâcher la pression, il n’y a pas de tabou. Entre la France et le Japon, il y a beaucoup de quiproquo par rapport au sexe et à la violence.

( intervention bibliothèque) Une difficulté est aussi liée au fait que pour beaucoup de jeunes, le manga doit répondre à des critères bien déterminés qui sont plutôt ceux du Shonen. Lorsque l’on propose autre chose, comme des mangas d’auteurs, ils répondent que ce n’est pas du manga et peuvent refuser ces titres "décalés".

- les mangas pour adultes sont ils beaucoup lus ?

( réponse bibliothèque) depuis la création du fond manga, il y a eu une explosion des chiffres au niveau des adultes et ce fond manga marche très bien.

- et parvenez vous à offrir de la diversité ?

( réponse bibliothèque) Cela dépend des politiques misent en place. Il est sur qu’il est toujours plus difficile de de faire venir les jeunes vers des mangas alternatifs. Mais dans l’ensemble, nous essayions d’obtenir un équilibre entre les séries commerciales et les mangas d’auteur.

- Comment gérez vous la longueur des séries au niveau des prêts ?

Cela dépend, mais il arrive souvent que dans la section jeunesse tous les volumes d’une série ne soit disponibles. Soulignons aussi qu’une des difficultés au niveau des prêts est liée au fait que les mangas ne sont pas toujours très solides et sont assez vites en mauvais état. Donc lorsque l’on voit qu’un manga n’est pas solide, on peut décider de ne pas le prendre. Cette question de la solidité est un vrai problème au niveau des budgets car cela peut multiplier le coût d’un manga.

(Intervention Delcourt) Globalement nous n’avons pas eu de mauvais retour par rapport à la qualité des mangas. Nous tentons avec l’imprimeur de sans cesse améliorer la qualité de nos mangas.

- quelles animations avez vous faits en bibliothèque ?

( réponse bibliothèque) on a pu faire des ateliers dessins mais cette experience ne sera sans doute pas renouvelée car elle aurait du s’inscrire dans la longueur et c’était trop compliqué. Plus simplement, des expositions peuvent être prévues ou des présentations sur le manga suivies de rencontres. L’association "Bulle en tête" propose d’ailleurs pour les bibliothèques des animations.

FIN

Dans l’ensemble, une conférence intéressante, malgré peut être un petit manque de profondeur au niveau des interventions (je ne suis pas sur que des réponses claires aux problématiques aient été posées, la seule solution pratique étant proposée par un guide des mangas sorti chez bordas).

Seul véritable échange qui devrait se voir peut être finalisé, un indicatif d’âge sur les tomes pour orienter un peu les bibliothécaires et pour être honnête, rassurer les parents. Je reste persuader, que le meilleur moyen resterait la mise en place, d’un petit livret de 10 pages, à disposition des parents dans les rayons jeunesses des bibliothèques présentant les mangas, leur histoire et leur intérêt de façon objective. Ce travail d’information doit être fait d’autant plus rapidement, que les jeunes adolescents se procureront de plus en plus des titres sans l’accord de leur parents, comme dans des cafés mangas qui vont se développer, je le pense, assez rapidement à l’avenir. Orienter le dialogue plutôt que d’imposer indirectement (même une simple indication peut avoir un fort effet sur le lecteur, surtout lorsqu’il ne s’y connaît pas)est toujours préferable.



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