II- Un voyage à la confluence de la réalité et du monde du manga et de la japanimation
Je traiterai, point par point, des choses dont la vision m’a immédiatement fait penser à mes diverses lectures.
Bouddisme, Shintoisme et spiritualité
- bouddhisme
A travers les différentes villes visitées, l’influence du bouddhisme, importée d’Inde en passant par la Chine est sans conteste importante. Notre visite du Mont koya, l’un des réceptacles de la branche Shingon du bouddhisme est sans doute la plus emblématique visite à cet égard (nous avons même pu assister à une cérémonie, à 6h du matin). Puis il faut évidemment citer les bouddhas de Kamakura et de Nara, grandes représentations japonaises du Bouddha (le premier étant peut être plus beau que le second, mais le second plus impressionnant).

Les écrits sur le bouddhisme et ses déclinaisons au Japon étant importante (voir par exemple l’article sur wikipedia), je ne m’étendrais pas trop sur le sujet. Pour savoir de quoi l’on parle, je reprendrais tout de même ici l’essentiel :
"Le bouddhisme est, selon les points de vue, une philosophie, une spiritualité ou une religion apparue en Inde au Ve siècle av. J.-C. Elle compterait aujourd’hui entre 230 et 500 millions d’adeptes[1]. Le bouddhisme présente un ensemble ramifié de pratiques méditatives, de pratiques éthiques, de théories psychologiques, philosophiques, et même cosmologiques, abordées dans la perspective de la libération de l’insatisfaction ; du plein épanouissement du potentiel humain ; et ce en relation personnelle avec une intangible et ultime réalité spirituelle." [...]
"Les quatre nobles vérités indiquent ce qu’il est essentiel de savoir pour un bouddhiste. Elles énoncent le problème de l’existence, son diagnostic et le traitement jugé adéquat :
1. La vérité de la souffrance : toute vie implique la souffrance, l’insatisfaction ; 2. la vérité de l’origine de la souffrance : elle repose dans le désir, les attachements ; 3. la vérité de la cessation de la souffrance : la fin de la souffrance est possible ; 4. la vérité du chemin : le chemin menant à la fin de la souffrance est la voie médiane, qui suit le noble sentier octuple."
Au Japon, le bouddhisme compte douze école que l’on classe chronologiquement (voir le lien précédent sur le bouddhisme au Japon).

Pour une approche du Bouddhisme à "la sauce shonen", vous pouvez lire Butsu Zone de l’auteur de shaman king. Ce manga relativement court propose une approche assez originale et divertissante de la légende de Miroku (la déesse apportant la paix sur terre), protégé par Kanon (le dieu de la bienveillance et de la miséricorde souvent représenter par une déesse dotées de milles bras) ainsi que toute une myriade de dieu ou de déesse que vous rencontrerez lors de votre périple au Japon. Il s’agit d’une vision certes parcellaire mais assez ludique des icônes bouddhistes japonaise.

Le manga "Bouddha" de Tezuka retrace également la vie de bouddha avec le talent que l’on connait de l’auteur. Aujourd’hui un grand classique !

De même, d’autres mangas prennent pour héros des moines bouddhistes japonais ainsi que certains rituels (comme le personnage de Miroku dans Inu Yasha, Sayuki etc...).
En y réfléchissant, au delà des titres précités, un nombre impressionnant de mangas sont clairement influencés par le bouddhisme japonais. Pour ne citer qu’eux, Hokuto no Ken, où des expressions rappellent les gardiens Fujin, Raijin (voir ci-dessous le point concernant des personnages spécifiques) , ainsi que les bodhisattva chargés de faire respecter les enseignements du bouddhisme (ceux généralement armés d’une épée) ; ou encore Gantz (et oui ! lorsque l’on voit un moine se retrouver dans le jeu et prier, mais aussi lorsque notre héros combattent des Fujin et Raijin vivants à travers une bataille épique) ainsi que le personnage de Shaka dans Saint Seiya.

Au delà des icônes, représentations visuelles du bouddhisme, les principes du bouddhisme se retrouvent également dans de nombreux titres, ceux-ci ayant véritablement imprégné la culture japonaise (je ne peux pas tous les lister mais voir par exemple mon article sur space EE ou Le champ de l’arc en ciel - Nijigahara Holograph).
- Shintoisme
La religion "concurrente" du bouddhisme, le shintoisme (une véritable lutte de pouvoir s’est engagée entre ces deux religions au Japon pendant de nombreuses années) est elle aussi omniprésente sur les sites que nous avons pu voir.
Encore une fois, présenter cette religion serait un travail beaucoup trop long, et je me contenterais de renvoyer vers notre cher wikipedia reprenant ainsi l’essentiel :
"Le shintoïsme est essentiellement polythéiste. Le concept majeur du shintoïsme est le caractère sacré de la nature. Le profond respect en découlant définit la place de l’homme dans l’univers : être un élément du grand tout. Ainsi, un cours d’eau, un astre, un personnage charismatique, une simple pierre ou même des notions abstraites comme la fertilité peuvent être considérés comme des divinités.
Comme dans beaucoup de systèmes religieux, le shintoïsme développe l’idée d’une réalité supérieure, ou « divine ». Cette réalité est peuplée d’une multitude d’êtres appelés kami ( kami). Par certains aspects, le panthéon shintoïste ressemble à ceux d’autres religions anciennes. Toutefois, par d’autres traits, les dieux et les déesses vénérés rappellent ce que d’autres systèmes religieux qualifieraient de figures héroïques plutôt que divines. En effet grand nombre de kami sont beaucoup plus humains que les dieux et déesses d’autres religions, et dans certains cas, ils prennent une forme humaine. "
lors de notre voyage, nous avons pu voir de nombreux temples shintoïstes, ainsi que bien sur, le fameux Tori de Moyajima (ainsi que des allées de Tori), symbolisant l’entrée à un espace sacré. De même, nous avons vu de nombreuses prêtresses shintoïsmes aux abords de ces temples. Comme le bouddhisme, les influences sont nombreuses.
Il faut savoir qu’aujourd’hui les japonais coordonnent complètement le shintoisme au bouddhisme, le premier étant lié à la vie sur terre, rite et coutume pendant la vie et le second régissant plutôt la vie après la mort et l’au delà. Il n’est pas rare de voir chez un japonais un petit temple shinto, et un autre bouddhiste. L’approche de la religion au Japon, n’a à proprement parlé aucun rapport avec l’approche que l’on peut avoir en occident.
D’ailleurs, certains mangas n’hésitent pas à mêler des influences des deux religions comme l’exemple de Inu Yasha cité précédemment.
L’influence de cette religion ancestrale se retrouve également dans de nombreux mangas comme XXX holic (tant au niveau de ambiance que des esprits), ou dans des mangas/animes ayant pour thématiques les esprits (Inu yasha reprend également la tradition shintoïste avec des personnages comme Kikyô, prêtresse shinto).

Bien sur, il faut également citer les oeuvres de miyazaki, notamment Princesse Mononoke, un titre incontestablement largement inspiré par le shintoïsme. C’est ainsi que les kamis, la nature, ou les tataris occupent une place prépondérante dans ses oeuvres. Le voyage de Chihiro et plus récemment Ponyo Ponyo illustrent également cette influence (sur le sujet, le site référence Buta connection explique tout cela assez clairement sur Princesse Mononoke).
L’excellent Onmyoji traite avec brio du shintoisme en tant que tel voir mon article sur ce titre) . Vous retrouverez dans ce manga l’ambiance de ces temples shintoïsmes, les costumes ou encore les préceptes de cette religion.
Mais comme le bouddhisme, la liste des titres inspirés par le shintoisme serait beaucoup trop longue et mériterait de faire l’objet d’un article, voir d’un dossier particulier (car la culture japonaise est tellement imprégné par ces deux religions, que l’on retrouve dans presque tous les titres ces influences, dans des proportions plus ou moins grandes).
- spiritualité et personnages particuliers
Jizo, figure emblématique de la religion japonaise

Ce dieu des voyageurs, mais aussi des enfants, souvent présenté par un petit moine joviale et mignon se trouve à peu près partout au Japon aux abords des routes.
De plus, il existe de nombreux sanctuaires dédiés à Jizo, que vous pourrez trouver tout au long de votre voyage.
Il est souvent recouverts de petits vêtements rendant le tout assez « kawaii » pour les japonaises.
Pour avoir un petit aperçu de Jizo à travers les mangas, vous pouvez lire Bustu zone précité. En faisant attention, vous pourrez aussi trouver des références à Jizo dans certains titres de Miyazaki comme Mon voisin Totoro (sur les routes, nous pouvons parfois voir de petits Jizo, et il existe aussi un temple de Jizo)

les Tengus (voir également yokai ci-dessous, les tengus faisant partis des yokai)
Les Tengus appartiennent au folkore japonais et l’on trouve des statues de Tengu dans certains temples.
Pour son titre Tengu, les éditions Akata/Delcourt proposent une rapide présentation des Tengus :
"Littéralement, chien céleste, cette créature est en fait directement issue du folklore japonais, sorte de démon habitant dans la montage. Il peut prendre de nombreuses apparences, mais quand il cherche à se transformer en humain, il ne peut faire disparaître son énorme nez à connotation phallique. On raconte que les tengu seraient les réincarnations de nobles et de samouraïs qui auraient été arrogants et prétentieux dans leur vie. Toutefois, en réalisant de bonnes actions au cours de son existence, un tengu peut espérer renaître en tant qu´humain."

Le site Wikipedia propose également un article sur les tengus très intéressants ainsi que japonline :
"tengu sont des dieux (kami) mineurs du folklore japonais. Ils font partie des traditions de la plupart des religions japonaises, le shintoisme et le bouddhisme, où ils sont classés comme marakayika. Zoomorphes comme la plupart des kami, ils sont représentés sous forme de corbeaux. Ils sont parfois associés aux dieux Saruta-hiko, Susano-o, et Karura, divinité bouddhique ailée. Parce qu’ils vivent dans les montagnes (surtout les yamabushi tengu) il arrive qu’on les confonde avec les yama no kami, représentés comme de grands arbres, qui sont les protecteurs des montagnes. Les tengu sont un sujet populaire de l’art, du théâtre, et de la littérature japonaise"
Ainsi, à Kamakura, au temple Kencho-ji, le visiteur fait face à une cohorte de Tengu, le tout étant assez impressionnant. De même, vous trouverez des statues un peu partout en y faisant attention comme la photo ci-après, à Miyajima. Le corbeau, souvent lié au Tengu est un animal dont vous croiserez souvent la route, que ce soit dans les villes ou à la campagne.

En manga, vous pourrez trouver des références au Tengu dans le titre de MORI Hideki /OSARAGI Jirô, portant d’ailleurs le nom de Tengu chez Delcourt. "Karasu Tengu Kabuto" par Terasawa Buichi rappelle également les tengus. Dans naruto, de nombreuses références aux Tengus sont présentes, notamment avec les personnages de Itachi, Sasuke, étroitement liés au corbeaux/tengus.

le Roi Enma (Yama)
Le roi Enma est lui aussi une personnalité que j’ai pu voir sur mon parcours. Vous pourrez ainsi découvrir au temple Enno-ji à Kamakura une statue de Enma. De même , à Kytoto , le temple Hoshaku-ji offre un bel ensemble de statue de Enma.

Aussi appellé Yanluowang (le roi Yanluo), Enma est un dieu chinois d’origine bouddhiste, gardien et juge de l’enfer. Très présent dans l’imaginaire grâce à l’iconographie et aux contes populaires, il ne possède aucun temple en propre, comme toutes les déités d’aspect trop féroce. Tout au plus trouve-t-on quelques rares sanctuaires où il est honoré en même temps que neuf autres collègues (ex : temple des Dix rois des enfers de Yaumatei à Hong Kong). A Taïwan, une place est parfois faite aux Dix rois des enfers dans le temple du Dieu de la muraille et des douves. Yanluowang lui est en effet est associé dans le bouddhisme populaire et la religion traditionnelle, tout comme il l’est au bodhisattva Dizangwang. Ces trois divinités sont liées au monde infernal. (source Wikipedia)
Dans le monde du manga, les références à Enma sont nombreuses. En tant que tel, on peut trouve le roi Enma dans Dragon ball, que Sangoku rencontre à sa mort. De même dans Yu yu Hakusho, Enma jr, le fils du dieu des enfers est l’un des héros de l’histoire.

Ensuite, sans faire apparaître en tant que tel Enma, certaines séries font de petits "clins d’oeil" comme "la fille des enfers" où l’héroine se prénomme Ai Enma, ou encore Naruto avec la 3 ème invocation de Sarutobi, le 3ème Hokage, le roi des singes.

Fujin et Raijin (les dieux du vent et du tonnerre)
Autres figures emblématiques de la mythologie japonaise, Fujin et Raijin sont présents par centaines au Japon. Ces deux statues ;souvent imposantes, se trouvent à l’entrée des temples bouddhistes. Dans la mythologie, ces deux dieux étaient rivaux, et se sont affrontés à maintes reprises. Ils finirent tout deux par s’entretuer.

Dans le monde du manga, on peut retrouver ces deux personnages dans les mangas précités comme Gantz. Encore une fois dans Naruto, Fūjin et Raijin apparaissent (épisodes 142 à 147), et l’on compare souvent Naruto à Fujin et Sasuke à Raijin.

les Yokais (esprit, représentations mythologiques)
Je termine ce point avec les yokais, que l’on peut définir comme des « être vivant, forme d’existence ou phénomène auxquels on peut appliquer les qualificatifs extraordinaire, mystérieux, bizarre, étrange et sinistre » (Yokaï, Bestiaire du fantastique japonais, Maison de la Culture du Japon, Paris). Si vous faites attention, certaines estampes de yokai apparaissent lors de visites de sites (surtout des onis, démons japonais bleus ou rouges avec des cornes). De même des statues de Yokai parsèmeront votre chemin, comme Kitsune (un renard, créature mythologique au même titres que les tengus), les kappas (esprit de l’eau avec une carapace, des pieds et mains palmés et de longs cheveux), les Tanukis (semblables à des ratons laveurs capables de se transformer en êtres humains pour leur faire des farces), les tengus précités etc..

Les mangas traitent souvent des yokais, le meilleur exemple étant sans doute le voyage de Chihiro de Miyasaki, et Nonnonba de Shigeru Mizuki. Récemment sorti chez Glénat, Neuro traite également de ce sujet, mais il faut savoir que les yokais apparaissent dans un grand nombre de titre.

Ainsi le film d’animation de Takahata met en scène des Tanuki, et l’on peut par exemple trouver des kappa ou des onis dans les mangas/anime (pour voir des exemples de kappa, Berserk tome 25, et Oni (yuyu hakusho, Saint seiya etc.))

En 2006, la Maison de la culture du Japon avait consacré une exposition aux yokai (malheureusement, l’ouvrage consacré est épuisé). Shigeru Mizuki propose également (chez Pika) un dictionnaire consacré aux Yokai, que je recommande pour ceux qui souhaiterait disposer de plus amples informations sur les Yokai.
Lutte de clan, Samurais, Geishas et châteaux
Himeji-jo, Nijo-jo et Matsuyama-jo
Au cours de notre voyage, nécessairement dirais-je, nous avons traversé quelques châteaux, comme le château d’Himeji (également appelé le château du héron blanc en raison de sa couleur blanche), le Nijo-jo à Kyoto ou encore le Château Matsuyama-Jo.
Ces châteaux offrent chacun un attrait particulier, mais Himeji,tel un héron prenant son envol, est sans doute le plus beau (construit vers 1400) . Celui-ci est d’ailleurs extremement bien conservé. Ce château a traversé les luttes de clans et les guerres.
D’ailleurs, le château est parsemé de symboles des différents clans, ceux-ci ayant sans doute servi d’inspiration au symbole de Konoha ou au Sharingan dans Naruto. L’esprit des bannière de clans se retrouvent d’ailleurs assez bien dans Naruto (symbole représentant un éventail, une feuille, une fleur, une plume etc.)

le château Nijo-jo, au coeur de Tokyo, est plutôt le témoin de l’époque du Bakufu, symbole du pouvoir des Tokugawa, vers 1600. Ça structure paraît d’ailleurs plus moderne, et son intérieur est plus aéré, espacé. Il est plus proche d’un château que l’on pourrait voir dans Kenshin que celui d’Himeji. Vous pourrez d’ailleurs découvrir le célèbre "parquet du rossignol", chantant lorsque un intrus s’infiltre dans l’enceinte. Petit clin d’oeil, Lian Hearn a d’ailleurs utilisé ce "parquet du Rossignol" dans son excellente œuvre de fiction ayant pour socle le Japon, le clan des Otori ( si Le dit du genji apporte un témoignage historique, bien que romancé, Le clan des Otori peut vous apporter une autre ambiance intéressante sur le sujet).
Enfin Matsuyama-jo, le moins intéressant des trois, mais assez impressionnant par le nombre de portes qu’il est nécessaire de franchir pour atteindre l’intérieur (ainsi que le panorama). Nous retrouvons les symboles des clans précités. Bien que construit en 1600, il est plus proche du Himeji-jo que du Ni Nijo-jo.
Au delà du manga, l’ensemble de ces châteaux rappelle la cinématographie de Kurosawa comme Ran ainsi que tout un pan de la littérature japonaise, en particulier "La pierre et le sabre", "la parfaite lumière", "le château de Yodo" (la visite d’une aile du château d’Himeji rappelle grandement l’histoire de l’héroïne de ce livre) ou "le dit du genji" (l’une des oeuvres majeures de la littérature japonaise, peignant un tableau complet de la cour impérial de l’époque).
Comme indiqué ci-dessous, vous retrouverez dans ces châteaux l’esprit de la lutte des clans de Naruto et bien sur tous "les mangas de samurais", comme Kenshin, Vagabond, Basilisk, Samurai Deeper Kyo etc.

Nobunaga, Les toyotomis et les Tokugawa
Souvent appelés les unificateurs sur Japon, vous trouverez forcément au moins l’un de ces trois noms sur votre parcours au Japon .

Pour ne citer qu’un exemple, lorsque vous vous rendrez à Nikko vous retrouverez le mausolée de Tokugawa Ieyasu. De même, si vous décidez de vous rendre au Mont Koya, vous pourrez apercevoir la tombe de Oda Nobunaga (et de nombreuses célébrité, ce cimetière est vraiment impressionnant et son ambiance est très particulière !).

Pour les adeptes des mangas de samurais, ces noms vous sont certainement familiers puisque l’on fait souvent référence à ces noms dans certains titres précités comme Kenshin, Samurai deeper Kyo, Basilisk, Flame of Recca et j’en passe.
Ces trois personnalités ont véritablement influencé l’histoire japonaise (un peu comme Napoleon chez nous), et leur image se décline dans les livres, animes, mangas, films.. etc. Il est donc intéressant de les connaitre un minimum lorsque vous vous attaquez à un manga de samurai, où même lorsque vous partez au Japon (les parallèles peuvent être intéressants et vous pourrez ainsi, lors de votre séjour, visualiser pas mal de chose tout en vous situant historiquement ; attention tout de même à l’aspect fiction des mangas même si il existe souvent une part de réalité).
’ Paysage champêtre et culture urbaine
Faire le tour du Japon permet de s’approprier les décors des mangas ou des animes. Ainsi, en visitant quelques grandes villes comme Tokyo ou Osaka, vous pourrez facilement retrouver des décors du manga dans ce que vous verrez et inversement.

Concernant les paysages urbains moderne , visiter Tokyo est un véritable plongeon dans des titres comme City hunter. L’auteur d’un blog a ressenti la même chose que moi (ou plutôt j’ai ressenti la même chose que lui) et je me permet donc de vous conduire sur son blog qui offre une comparaison pertinente entre des photos et le manga City Hunter(http://www.leblogdugeek.com/geek/city-hunter-est-il-realiste-visite-virtuelle-au-japon-1907) . Bien sur nous pourrions citer bien d’autres manga que City Hunter. Récemment, Antique Bakery a pu m’offrir une vision de Shinjuku, et pour ne citer que lui, le lieu de rendez vous Hachiko à Shibuya apparait dans certains titres.
L’aspect divertissement des villes (chaque grande ville dispose de son quartier des divertissements, avec des bars à hôtesses, des pachinko, et des game center), est souvent bien représenté dans le manga. Les premiers exemples qui me viennent à l’esprit sont sans doute, le Maître de Chiaki dans Nodame Cantabile, Maestro Franz von Stresemann , toujours fourré dans des bars à hôtesses ; Skin que j’ai recemment lu où Takumi côtoie quotidiennement ces bars. "l’esprit de certains bars" se retrouvent assez bien dans Bar tender, ou les gouttes de dieu. De façon plus générale, Nana de Ai Yazawa offre aussi de belles images de Tokyo. En fait, tous ces décors sont extremement présents dans les mangas/anime.
Si les paysages de campagnes, sont également présents dans le manga, il faut tout de même dire qu’en général, le manga est plus attaché à la culture urbaine. Le plus grand représentant de la "nature japonaise" est sans doute Miyazaki. Mon voisin totoro apporte un très bel exemple de ce que peut être la campagne japonaise, offrant des paysages verdoyants, des montagnes, des sanctuaires etc.. Dans mes lectures récentes, Monju offre en partie un exemple de ce que peut être une petite ville de campagne par rapport à un monstre comme Tokyo. Au fond, dans le même style que Monju, le manga Dr Koto propose lui aussi de découvrir la campagne japonaise (dans Monju, un robot policier est muté dans une ville de campagne, et dans Dr Koto, un médecin se retrouve médecin de campagne).

Enfin, il est impossible de passer à coté des quartiers d’époque, comme Gion à Kyoto, ou le quartier des samurais et des geishas à Kanazawa. Extrêmement bien conservé, vous aurez littéralement l’impression d’être transporté dans un livre de Kafu ( le bambou nain etc.), Mémoire d’une geisha ou dans un manga comme le loup d’Hinata, Peace maker Kurogane ou encore le précité Kenshin. Ces allées de petites maisons en bois sont vraiment splendides et j’aurais pu personnellement y rester des heures. Prenez le temps de déguster un thé vert (je vous l’accorde, c’est plus cher qu’ailleurs) dans le quartier des geishas de Kanazawa. Il est tout à fait agréable de prendre le thé dans un intérieur avec un ambiance tout à fait particulière (le jazz semble avoir remplacé le koto de l’époque), à la fois zen, et réchauffante. Le vieux Kyoto est lui aussi à voir pour son artisanat et ses paysages urbain d’époque. Bref, dans ces quartiers, vous pourrez tout à fait revivre les grands moments des oeuvres précités et vous imaginer ces personnages de fiction dans ces rues.
Hiroshima, traumatisme et renouveau
Nombreux sont les guides qui conseillent de pas s’arrêter à Hiroshima. Personnellement, pour les adeptes de mangas comme moi, Hiroshima est un passage obligatoire !. Pour quelles raisons ?
Tout simplement en raison du très fort impact que la bombe atomique d’Hiroshima a eu sur les auteurs de manga. C’est ainsi que ce que l’on appelle parfois "le grand traumatisme" a conduit de nombreux auteurs à traiter d’Hiroshima, et également de ses impacts avec des univers post apocalyptique (que l’on ne s’y trompe pas, certains univers apocalyptique sont originaires de bien d’autres inspirations qu’Hiroshima, comme Mad max, ou de la littérature de science fiction mais le choix n’est tout de même pas anodin).

Sur la liste des plus grandes oeuvres sur cette thématiques figure bien sur Gen d’Hiroshima, Le Pays des cerisiers de Fumiyo Kouno ou L’enferde Yoshihiro Tatsumi (recemment sorti chez Cornelius). Pour rappel, Le pays des cerisiers traite des "hikabusha ", surnoms attribués aux survivants de la bombe atomique. Gen d’Hiroshima, de Keiji Nakazawa traite quant à lui de la vie d’une famille lors du bombardement d’Hiroshima. D’autres titres de grandes ampleurs comme "Le tombeau des lucioles" de Takahata traite avec poésie, lyrisme et tragédie de cette période difficile. Au de la du bombardement en lui même, les conséquences d’Hiroshima, ont largement influencé des auteurs comme Otomo dans Akira.

De même, il est possible de dire qu’Hiroshima a vraiment été (de même que la guerre) un tournant dans le manga. Ce point mériterait un développement particulier (et je vois que mon article fait déjà une quinzaine de pages) ainsi qu’une meilleure documentation de ma part le sujet.

Le fait de visiter le musée de la paix et de voir le dome A permettra une fois de mieux comprendre les choses. La encore, une image, surtout lorsqu’elle est vécu, ne vaut elle pas mieux que milles mots ?
Un petit point pour parler de l’Akatsuki. En effet, dans le musée de la paix, vous pourrez voir de nombreuses référence à l’Akatsuki, le plus puissant des destroyer de la marine nationale japonaise. Son symbole était une soleil rouge, avec des rayons de soleil rouges sur un fond blanc. Vous connaissez sans doute une autre référence à l’Akatsuki, celle du groupe de ninja de l’ombre dans Naruto.
Thé et gastronomie japonaise
Un peu de gastronomie

Tout au long du voyage, il vous faudra bien vous restaurer. Vous retrouverez alors les plats de nos chers héros, à savoir des ramens, des sobas, des brochettes en tout genre et des sushis devant quelques sushi master. Dans bon nombre de manga, nous retrouvons des échoppes à ramen (je ne vais pas citer de titres tant il y en a dans presque chaque manga), et des cafés (de nombreuses scènes se situent également dans les cafés). De même, comme j’ai pu l’indiquer, on retrouve un peu partout des boulangeries/pâtisseries, rappelant l’engouement de yakitate Japan, ou Hachiko (Nana) devant une tarte au fruit

et le thé alors ?
Dans chaque endroit où vous vous arrêterez, on vous proposera bien sur du thé vert (et sans sucre). Comme vous le savez sans doute, le thé occupe une place particulièrement importante au Japon. Ainsi, dans Hana yori dango, l’un des membres du F4 appartient à l’une des familles les plus importantes en matière de cérémonie du thé. De même, un passage de Ranma 1/2 traite avec humour de cette cérémonie. Ici japon propose quelques explications sur cette cérémonie ancestrale. Pour résumer (bien que je ne sois absolument pas un spécialiste), il s’agit de tout un rituel autour de la dégustation du thé, chaque geste, position, choix de vaisselle, du thé etc.. ayant son importance.

Personnellement, j’avoue ne pas être un grand fan de thé, mais je me suis assez bien habitué à ce thé vert, et j’ai même finis par l’apprécier accompagné de quelques friandises (la friandise japonaise est assez différente de ce que l’on imagine en France, celle-ci n’étant pasv véritablement sucré et à base de riz ou de haricot rouge)
L’omniprésence des chats !
Vu le nombre de boutiques dédiées au Chat, je me sentais relativement obligé de dédier un paragraphe à ce petit animal adulé (en littérature, il n’y a qu’à voir l’importance des chats dans Kafka sur le rivage de Haruki Murakami). Ces boutiques vendent véritablement tout type d’accessoires liés au chat : calendrier, statues, tirelire, montre, même la musique du magasin est uniquement en bruit de chat.
De plus, toutes les boutiques de souvenir vendent le fameux Maneki Neko, petit statuette d’un chat ayant une patte en l’air.
Dans le manga, on retrouve souvent les chats sous deux formes : soit en compagnon des personnages, soit en transformant les personnages en être mi humain, mi chats. Pour les compagnons, en réfléchissant rapidement, on peut citer Prince of tennis, avec le chat de Ryoma, Karupin, mais aussi le chat de Orange Road. Hello kitty est aussi une belle alliance de Kawaii et de chat.

Pour le deuxième cas, il existe là encore de nombreux exemples, comme Escaflowne (Merle), ou Meena dans Brave story. Dans le manga Nekoten , les chats jouent un rôle prépondérant (ces chats peuvent, à l’aide de leur maître se transformer et lutter contre des démons).
le manga : reflet d’une ambivalence entre Modernité et tradition
Notre voyage au pays des mangas et du Japon se termine. J’espère que cet article n’a pas été trop long (je l’ai écris avec acharnement même si tout le monde me disait que personne ne le lirait car il est trop long, mais bon, on m’a dit la même chose quand j’ai changé la politique éditoriale de Shinmanga).
Pour terminer cet article, je souhaitais au moins faire un paragraphe sur la thématique "le manga : reflet d’une ambivalence entre Modernité et tradition".
En effet, l’un des choses les plus fascinante sur la planète Japon est sans doute le parallélisme permanent entre un monde à la fois moderne et traditionnel. Ainsi, vous pourrez trouver des douches d’un coté européenne, de l’autre japonaise, des toilettes de l’an 3000 (ouverture automatique, chasse d’eau automatique, cuvette chauffante, jet de nettoyage de puissance différente avec contrôle de température) à coté de toilettes à l’ancienne, ou encore une femme en Kimono à coté d’une jeune fille à semelle compensé toute de rose fluo vêtue. Et le plus géniale est sans doute que tout le monde trouve ça normal !
Dans le manga, cet aspect se ressent à travers la manière de mélanger sans difficulté les époques (Zipang, Commando Samurai 1549, Jin, Peace maker Kurogane etc.) les genres (les sujets traités dans les mangas sont vraiment d’une diversité hallucinante), fiction et histoire (tous les mangas de samurai, le chevalier d’éon, me and the devil blues etc.. mélangeant souvent des personnages historiques avec une fiction complète) tout en restant sur des" socles de base" bien balisés (shonen, shojo, seul les mangas d’auteur comme par exemple Space EE ou quelques seinens sont des titres inclassables).

Cette phrase conclura mon analyse : Le manga est à l’image du Japon ce que le Japon est à l’image du manga !
j’espère que les lecteurs qui auront pris le temps de lire ces lignes, et qui souhaiteraient partir au Japon feront le choix d’un "circuit ouvert" et ne se contenteront pas de faire les circuits mangas (visite du musée Ghibli, musée international du manga (franchement pas très intéressant au passage, mis à part les expositions ponctuelles) etc.). Le Japon offre bien d’autres choses essentielles pour comprendre le manga, ses auteurs !

PS : un grand merci à Leïla d’avoir eu la patience de prendre ces photos (les photos du Japon ont été à 80 % prisent sur place, les 20% restant étant pris sur internet)




Commentaires
1. vendredi 7 novembre 2008 attime 23:30, par faeg
2. jeudi 23 décembre 2010 attime 00:13, par Anonyme
3. jeudi 23 décembre 2010 attime 07:31, par Shinmanga
4. lundi 28 mai 2012 attime 10:00, par sea
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