Quel bon moment ! une salle des Halle bondée, une chaleur accablante et malgré tout, les presque deux heures de film sont passées à une vitesse fulgurante. Et je pense que toute la salle a apprecié le spectacle (nous verrons si Pazu, webmestre d’animint avec lequel j’ai vu le film écrit un billet).

Pour commencer, plantons le cadre : Issu d ’une famille dont les ancêtres étaient le clan Jinnouchi , Natsuki rêve d’accomplir la promesse faite à sa grand mère. Elle lui présentera avant sa mort son petit ami. Pour Natsuki comme pour le reste de sa famille, cette grand mère représente tout. Malgré la déchéance de son empire, cette grand mère chef de famille reste appréciée et respectée de tous, même de personnes haut placées.

C’est dans ce contexte que Kenji, un jeune lycéen surdoué en mathématique, est amené à jouer le rôle du futur gendre idéal de la sublime Natsuki pour être présenté à tous lors des grand vingt dix ans de la fameuse grand mère. Cette magnifique fête sera malheureusement contrariée par un évènement d’importance mondial : un virus a infiltré le réseau OZ. Le réseau Oz est tout simplement une représentation de ce que pourrait être internet dans quelques années ou plutôt une évolution de facebook ou un mix facebook/second life. Tout le monde dispose d’un compte sur Oz, toutes les administrations, les entreprises y sont représentées.

A l’aide d’un petit avatar virtuel en trois dimension, tout à chacun peut faire du shopping, remplir des formalités administratives et... L’infiltration du réseau est ainsi une véritable catastrophe mondiale dans laquelle notre famille et Kenji vont se retrouver directement impliqués.

5ème long métrage de Mamoru Hosoda, Summers Wars est une véritable réussite. Voila bien longtemps que je n’étais pas sorti d’une salle de cinéma aussi satisfait.

Techniquement, que dire si ce n’est que l’on peut saluer cette prouesse. Le film est mené avec gestion incroyable des transitions, des effets alternant entre un univers Murakamien (celui du mouvement "superflat", par l’écrivain) et un Japon traditionnel, ancestral (le Japon du "clan des takeda").

A cet égard, le début de Summer wars n’est pas sans rappeler la vidéo "Superflat Monogram" de Murakami

Bande annonde de Summer wars où l’on retrouve quelques la présentation du monde Oz, pour lequel on peut faire une analogie avec le monde superflat.

L’animation est d’une grande qualité et je ne reprocherai pas grand chose à summer wars de ce point de vue. Les critiques surviendront peut être au niveau du scénario. Certains reprocheront sans doute à Summer wars d’être un brin convenu, de ne parvenir à s’échapper des canons du manga japonais tant concernant les effets que les thèmes traités (comme par exemple, la transformation de Natsuki dans le monde de Oz, vous comprendrez rapidement lorsque vous le verrez).

De même, il s’agit d’un film moralisateur à souhait. Il milite pour un certain retour à la solidarité familiale, aux valeurs familiales et traditionnelles, fustigeant des urbains qualifiés de "vides" ainsi que l’attrait pour le virtuel où l’homme ne réalise pas nécessairement les conséquences que peut avoir ses gestes . Sans spoilier, disons que Summer wars critique la tendance naturelle qu’à l’être humain à accumuler les connaissances, à se laisser tenter par un certain goût du jeux au détriment des relations humaines.

Un peu surfait et pas forcément très fin (je suis sur que ce point fera l’objet de nombreuses critiques), mais ça ne m’a pas paru désagréable et dans l’ensemble plutôt bien mené. Bien sur, c’est un" peu gros". Mais l’auteur ne s’en cache pas lorsqu’il indique lors d’une interview "Je fais en sorte d’utiliser les techniques d’animation pour dépeindre la joie de vivre et la communion entre les gens." (http://www.telerama.fr/cinema/un-cineaste-au-fond-des-yeux-50-mamoru-hosada,56750.php) et lorsqu’il déclare son amour pour les septs samourais (film qui inspirera largement les septs mercenaires). Dans cette interview, il assez intéressant que le réalisateur cite comme film qui l’ait fait pleurer "Gran torino". Même si cela n’a rien à voir, on perçoit un peu de Gran torino dans summer wars, du moins, toute l’importance de ce lien familial.

C’est bon de voir une représentation du bonheur plutôt que de nous offrir des films représentant la terreur, la désolation et toute l’horreur du genre humain. C’est aussi une manière de faire passer un message à travers un canal plus adapté. Ce film permet à mon sens un certain dialogue inter générationnel avec d’un coté le Japon moderne, technologique dont la meilleure représentation ne peut qu’être le mouvement superflat (pour plus d’explication sur ce mouvement, lire mon article Kawaii et superflat, enigmatiques mouvements !) et un Japon traditionnel avec un style graphique plus ancien (je pense que l’on peut employer le mot "traditionnel").

Pour synthétiser mon article de l’époque sur le superflat, "l’œuvre superflat reflète assez bien cette tendance à la superficialité et à mélanger les genres : associer un acte violent, sexuel, immoral, à un style (le kawaii, matérialisé par l’ensemble de ce que j’ai évoqué précédemment) symbolisant l’innocence, la candeur et la fragilité ; le tout sur un seul et même plan (histoire de ne vous laisser aucun échappatoire)". Dans summer wars, le monde de Oz est la plus pure représentation de ce superflat tant dans le fond que la forme. Des avatars kawaii, un monde très cartoonesque et épuré conduisant à rendre impossible pour l’esprit de faire un lien entre ce monde et le monde réel. Et pourtant...

Summer wars, c’est un peu du Miyazaki, du Hack sign et du Murakami. Personnellement, j’ai vraiment beaucoup apprécié, même si par moment, je me suis tout de même dit que tel passage aurait pu être évité (un peu lourd...) ou au moins raccourci.

Que dire pour conclure ? Summer wars est à incontestablement à voir même s’il n’est pas exempt de défauts. Dans l’ensemble, un vrai plaisir !

Pour lire des articles peut être plus techniques sur ce film, je vous invite à consulter les articles de manganimation :

http://www.manganimation.net/news/ ?s=summer+wars (recheche tous les articles mentionnant summer wars)

ou Matta web

http://www.mata-web.com/japon/index.php ?option=com_content&view=article&id=746:summer-wars-le-nouveau-film-de-mamoru-hosoda-revele&catid=22&Itemid=6

Et pour ceux qui souhaiteraient en savoir un peu plus sur le jeux Hanafuda que l’on voit à de nombreuses reprises dans le film

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hanafuda

et

http://www.gamedesign.jp/flash/hanafuda/hanafuda_e.html