Certains lecteurs l’auront peut être remarqué. L’actualisation se fait plus rare, même si je parviens à maintenir un billet quotidien. Ayons l’honnêteté de le dire, un certain nombre de billets relèvent plus de la news que de l’article complet. Disons que je maintiens le cap. Je continue à lire une dizaine de séries tandis que les DVD envoyés par Kaze (que je remercie au passage) et le streaming mis en place par Dybex (http://www.dailymotion.com/dybex) me permet de maintenir un certain niveau d’actualité anime France. Néanmoins, je suis assez loin d’il y a dix ans où je pouvais enchainer la rédaction d’articles des heures durant. Si pendant quelques temps j’ai eu l’impression de me lasser du manga, je pense m’être trompé. Car finalement, je prends toujours autant de plaisir à lire certains titres. En réalité, je me suis peut être lassé de moi même. Mes articles finissent généralement par se ressembler, comme la terminologie employée pour décrire certain titre.

Pour sa venue en France, Kitano a pu déclarer dans une interview à la question "la manière dont les étrangers vous interrogent est elle différente de celle des Japonais ? : "J’ai l’impression qu’aujourd’hui le niveau de la critique de cinéma à baissé au Japon. Les critiques étrangers s’intéressent au cinéma japonais ; en tout cas, ils le connaissent bien. Quand je discute avec des japonais, j’ai l’impression que certains n’y connaissent rien. Les critiques étrangers sont plus sévères dans leurs articles, peut être parce qu’il y a une forte concurrence entre eux. Au Japon, les articles ou les interviews ressemblent à de la promotion dans lesquels on ne dit jamais de mal. Les étrangers, eux, n’ont aucun scrupule à exprimer ce qu’ils pensent. J’ai l’impression que le Japon est en retard sur ce plan. A l’étranger, les gens s’investissent davantage dans les domaines qui les intéressent".

Plutôt flatteur pour nos critiques et cela met en avant un point essentiel : pour rédiger une critique, il faudrait un haut niveau de connaissance du sujet que l’on traite, un regard intransigeant, impartial et surtout un intérêt particulier pour le sujet. Je pense que quelque part, je suis las d’écrire un peu toujours la même chose. Si j’élargis le champ d’introspection de ce billet à internet, il n’y qu’à faire un petit test en tapant le mot "savant mélange" et "manga" dans google pour voir le nombre de chroniques comportant ces mentions. Il en est de même dans la description du graphisme (il n’y a qu’à taper les mots "épuré" et manga).

Non pas que le niveau de connaissance manga des critiques soit mauvais, simplement (et je me mets dans le lot), le niveau de langage est relativement bas. Le vocabulaire employé est assez pauvre et dénué de finesse.

Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à lire les critiques de Zola à propos de l’impressionnisme (http://www.lettres.ac-versailles.fr/spip.php ?article190). Nous sommes dans un autre monde.

Peut être qu’Internet renforce largement la volonté d’être le premier à écrire sur un sujet, mais par la même, l’impossibilité de prendre du temps dans le choix des mots ou de réflechir plus profondément sur un sujet. Si je suis un grand consommateur, défenseur d’internet, internet est fondamentalement injuste, et le fait que le moteur de recherche google introduise la recherche en temps réel n’aidera pas. La valeur d’un texte n’est plus liée à la qualité rédactionnelle, à la qualité du contenu, mais plus à son degré d’actualité (voir l’excellent article Voilà pourquoi vous allez ouvrir un blog pourri sur Naruto rédigé par le webmaster de Animint). Je me suis sans doute laissé entrainer dans cette spirale en tentant d’écrire sur le dernier manga, anime, la dernière news sortie. Rétrospectivement, le résultat n’est pas bien brillant. Certains écrits dont je suis l’auteur ne sont pas si mauvais, mais dans l’ensemble, ce n’est pas du Chateaubriand. Le pire de tout cela est que j’ai quelque part perdu le goût de l’écriture. Je vais tenter de retrouver l’esprit qui m’habitait tout en maintenant certaines news lorsqu’elles me paraissent pertinentes (le temps me manque, mais il faut vraiment se motiver). Il faut également que je tente de présenter mes articles de manière originale, de dégager de nouvelles perspectives, surtout qu’après 4 ans d’activité, il faut bien se renouveler !