Début 2010, la Maison de la culture du japon (Paris) propose une rétrospective sur le grand studio japonais Tôei. L’occasion de découvrir (ou de redécouvrir) l’histoire du studio :
"Fondée en 1951 par la fusion - symbolisée par la forme triangulaire de son logo - de trois petites compagnies de distribution et de production (Tôkyô Eiga, Ôizumi Eiga et Tôyoko Eiga), la Tôei est la plus jeune des six majors du cinéma japonais.
Pourtant, en moins de dix ans, elle va devenir un empire géré à l’hollywoodienne sous la houlette de son président-producteur, Hiroshi Ôkawa, qui fit le pari de relancer le jidaigeki (films de samouraïs), genre qui était tombé quasiment en désuétude depuis que l’occupant américain en avait interdit les attributs les plus virils : loyauté indéfectible envers son seigneur, code d’honneur, combats de sabre.
Le succès est au rendez-vous et, avec les monstres sacrés de l’avant-guerre – Chiezô Kataoka, Utaemon Ichikawa, Ryûnosuke Tsukigata, Ryûtarô Ôtomo – et les nouvelles stars du genre – Kinnosuke Nakamura, Hashizô Ôkawa, la Tôei va écraser ses concurrentes en monopilisant jusqu’à 50% du marché en termes de production et de fréquentation. Homme d’affaires intransigeant, Hiroshi Ôkawa fut aussi un visionnaire : sentant, à l’orée des années 1960, que le jidaigeki ne ferait bientôt plus recette, il invente de toutes pièces un nouveau genre, le film de yakuzas dont la grande originalité est d’avoir su transposer dans la société moderne les codes éternels du jidaigeki.
Nouvelle victoire pour la Tôei qui, avec le film de yakuzas décliné en innombrables sous-genres, va imposer un rythme de production que les autres majors ne pourront bientôt plus suivre. Après la télévision et l’essor de la société des loisirs, la puissance dominatrice de « l’Empire Tôei » est peut-être la troisième cause de l’effondrement brutal, en 1970, du système des studios japonais.
© Tôei"
Tout le programme à cette adresse : http://www.mcjp.fr/francais/cinema/la-toei-106/la-toei
Et une petite vidéo de présentation en prime :



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