J’ai trouvé un article intéressant datant d’aujourd’hui relatif à une analyse du fansub aux États unis et je souhaitais vous en faire part en vous le traduisant (Henry Jenkins | December 2006 , source de l’article). Mon anglais n’étant pas parfait, il ne s’agit que d’une traduction approximative de l’article et je vous invite, pour ceux qui parlent bien anglais, à lire l’article d’origine.
Les ventes globale de l’industrie de l’animation japonaise a atteint la somme surprenante de 80 milliards de dollars en 2004, soit 10 fois plus que 10 ans auparavant. L’animation japonaise a gagné son succès mondial en partie grâce au fait que les compagnies japonaises de média n’ont pas porté une grande attention à certaines activités - appelées piratage, soit la duplication et la diffusion non autorisée, ou simplement du partage de fichiers - que les compagnies de media américaines semblent déterminer à éliminer. Une part importante des risques d’entrée sur les marchés américains et des coûts relatifs à l’expérimentation et la promotion sont nés des consommateurs.
L’animation japonaise a été exportée sur le marché de l’ouest dans les années 60, avec Astroboy, Gigantor, ou Speed Racer. A la fin des années 60, des groupes représentants la télévision pour enfant ou d’autres groupes ont utilisé la menace du boycott et la règlementation fédérale pour stopper ces programmes qu’ils trouvaient inappropriés pour les enfants américains. Les dessins animés japonais ont ciblé de plus en plus les adolescents et adultes et traitent de sujets adultes. Puis, le marché américain pour ces animés c’est asséché dans le début des années 70 et les distributeurs découragés ont "jetés" leurs dessins animés sur des chaines cablés en langue japonaise.
Avec le développement du magnétoscope, les fans américains ont pu copier ces chaînes et partager leurs copies avec leurs amis. Bientôt ils devaient envoyer des séries américaines comme Star Trek ou Battlestar Galactica à des fans japonais et les américains recevaient en échange des programmes comme Getter Robo. Ces cassettes ont circulé lors de conventions dans la fin des années 70 et dans le début des années 80, souvent montrés sans traduction. [...]Les compagnies japonaise étaient vaguement au courant de ces comportements mais elles n’ont pas essayé de les arrêter. Elles ne disposaient pas de la permission de la maison mère de poursuivre ces fans et elles voulaient voir quel intérêt aurait ces séries pour le public.
A la fin des années 80, des organisations d’étudiants ont crées des bibliothèques de produits à la fois pirates et légaux. Le début des années 90 a connu l’émergence du "fansubbing", par des amateurs de traduction et de sous titres d’animés japonais. La synchronisation dans le temps du VHS et du S-VHS ont permis les fansubbers de copier des cassettes tout en gardant une bonne synchronisation du texte et de l’image. Le coût important des machines au début a nécessité des fansubers de faire un effort collectif : ces clubs ont regroupé leur temps et leur ressource pour s’assurer que leurs séries favorites puissent connaitre un public plus large. Avec la baisse des coûts, le fansubbing a explosé. Très vite, les clubs ont utilisé internet pour coordonner leurs activités en divisant les séries à sous titrer à une communauté pour qui serait traducteur.
Au début des années 90, de grandes conventions d’animes ont amenés des artistes et des distributeurs du Japon, qui étaient étonnés de voir une explosion de la culture et des contenus qu’ils n’avaient jamais réussi à exporter sur le marché américain par le biais du marketing. Ces entreprises rentrèrent au Japon avec la volonté de tirer parti de ce phénomène commercialement.
les premières entreprises de "niche" ont distribué des animes sur des cassettes et des DVD alors que les fans sont devenus des pro, faisant l’acquisition de droit de distribution de la part de compagnies de media japonaises. Les premiers produits à être distribués - des titres come Akira ou Bubblegum Crisis- connaissaient déjà l’enthousiasme des fans. Souhaitant fournir à leur membres des dernières séries disponibles au Japon, les fan clubs ont souvent pris des risques qu’aucun distributeurs commerciaux n’auraient faits, testant des marchés concernant de nouveaux genres, producteurs, séries etc. Les compagnies commerciales ont suivi leur chemin à chaque fois qu’elles ont trouvé de la popularité sur un titre. Le fansub prévoit souvent un principe demandant aux utilisateurs de "cesser la distribution une fois la série licenciée". Les clubs ont essayé de ne pas tirer profit de la distribution d’anime mais d’étendre le marché ; ils ont essayé de retirer de la circulation tout titre qui avait déjà trouvé un distributeur commercial. Dans tous les cas, les copies commerciales étaient de meilleure qualité que les copies non autorisées.
Les première copies commerciales disponibles de certaines séries comme Sailor Moon, ont souvent été copié et ré édité afin de développer leur intérêt pour les consommateurs. Le critique japonais Koichi Iwabuchi a utilisé les termes de "desodorisant" pour se référer à la manière dont les japonais "soft goods" (biens japonais) sont dénaturés des signes de leur origine nationale pour les ouvrir à au circuit mondial. Dans ce contexte, les fans jouent toujours un rôle important, utilisant leurs sites internet et leurs newsletters pour apprendre aux americains les références culturelles et traditionnelles qui définissent ces produits. Les associations de fans ont continué d’explorer les potentielles "niches" de produits qui pourront donner après un certain temps donner un énorme succès. Si les premières séries d’animes étaient plutôt orientés vers des fictions pour garçon, les fans ont plus tard découvert des histoires visant plutôt des jeunes filles.
La tolérance des compagnies de média japonaises de ces efforts est important concernant le traitement des communautés de fans au japon. La vente "sous terraine" de séries faites par des fans (connues sous le nom de Dojinshi), souvent dérivées de produits commerciaux, a connu un déploiement important au japon, avec certains marché de manga atteignant 150 000 visiteurs par jour. Prenant rarement des poursuites légales, les producteurs commerciaux sponsorises de tels évènements, utilisant ces évènements comme publicité pour leurs sorties, pour recruter de nouveaux talents, et auditer les mouvement dans les goûts du public. Dans tous les cas, ces sociétés ont peur de la colère de leurs consommateurs s’ils devaient prendre des actions contre une pratique si "culturelle", et s’ils poursuivaient ces infractions, les peines sont relativement légères.
Beaucoup de compagnies de media américaines aux Etats unis auraient du regarder toute cette circulation sous terraine et l’éliminer avant qu’elle atteingne une taille critique. Au lieu de cela, nous somme passés d’un monde où Speed Racer n’était connu qu’à la marge à un monde où Pokemon est plus connu aux Etats Unis que beaucoup de ses homologues américains.
Herny jenkis, auteur du texte original, est le directeur du MIT comparative media studies program et l’auteur de la convergence des cultures (NYU press). Il a été aidé pour la rédaction de cet article, par Sean Leonard, qui a fait des recherches sur le fansubbing pour le journal des études culturelles internationales et la revue UCLA.



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