Patrick Honoré, directeur de la collection Picquier manga et traducteur
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samedi 26 août 2006, par rambijey
Si l’on parle rarement des traducteurs, ceux-ci ont pourtant un rôle essentiel. Patrick Honoré, directeur de la collection Picquier manga et traducteur, nous présente ici sa collection et sa vision de la traduction
Quel a été votre parcours ?
> A l’époque il n’y avait pas de section de japonais en province et du coup, je n’ai pas appris le japonais à l’université. Mais comme le Japon m’intéressait, je suis parti là-bas et j’y suis resté quatorze ans. Je suis en France depuis près de deux ans et j’ai commencé la traduction chez Picquier avec "Dogra Magra". A présent, je suis traducteur à plein temps et je dirige la collection manga Picquier ainsi qu’une association, "Orbis Tertius". Cette association est un réseau de traducteurs de japonais ayant pour objet d’apporter au lecteur des garanties de qualité et d’offrir au traducteur un certain confort au niveau des conditions de travail.
Quelle est la politique éditoriale des éditions Picquier ?
> Depuis 20 ans, notre politique est simple, il n’y a qu’une seule collection et des textes que nous aimons. Pour le manga, nous publions des textes que nous pensons de qualité et nous espérons que les lecteurs qui nous font confiance seront conquis. Nous pensons que si un texte est bon, il trouvera un public. Nous ne sommes pas vraiment concurrents d’autres éditeurs car nous n’avons pas les mêmes objectifs commerciaux.
Quel sera votre catalogue ?
> Notre but c’est plutôt de faire dans le manga d’auteur. Il existe un fond énorme d’auteurs qui ont un style personnel et des choses à dire.
Votre façon de travailler diffère-t-elle de celle des livres ?
> Il n’y a pas vraiment de différence, hormis une différence matérielle qui nous impose de faire rentrer le texte dans les bulles et de les remplir. Puis les délais sont plus courts, le travail se fait donc souvent en binôme pour avoir un résultat satisfaisant. Cela permet aussi de former des étudiants au métier. Le problème est qu’il y a dans chaque œuvre un message, et que si le travail de traduction est mal fait, un texte peut rater son public.
Comment vous êtes-vous mis au manga ?
> C’est la première chose que j’ai lue au Japon. Cela m’a ouvert les yeux sur la langue et la culture japonaise.
Que pensez-vous de ces nouveaux auteurs européens ?
> Le manga au Japon est vraiment une culture en soi. Rien n’est impossible à faire en manga. Pour les Japonais c’est un moyen d’expression adapté à ce qu’ils veulent dire. Ces nouveaux auteurs arriveront-ils à une profondeur dans leur message et arriveront-ils à croire que l’on peut tout dire en manga ?





