Alors que je surfais sur la vague wikipedia afin de recolter quelques mises à jour liées au manga, je suis tombé sur l’article dédié à Naruto et mon regard s’est posé sur une date : novembre 1999. Dix ans déjà que Naruto a commencé !
Naruto aura fait coulé beaucoup d’encre et moi-même, j’ai d’ores et déjà écrit une longue chronique vantant les mérites de ce manga d’action adoré par une génération de lecteurs ainsi que des articles ponctuels sur les derniers tomes sortis (à l’époque où Kana voulait bien me les envoyer, mais passons).
L’objet de cet article n’est donc nullement de mettre une note à ce manga d’exception, ni même de gloser sur la dernière technique de Sasuke (sujet largement développé par tout un tas de site spécialisé sur l’univers de Naruto), mais bien d’exprimer mon ressenti sur ce manga après dix ans de lecture.
Par bien des aspects, Naruto dépasse les clivages, les frontières et les âges. Dans vingt ans, bien peu de trentenaire français, anglais, américains, japonais auront vécu sans avoir au moins vu au detour d’un couloir de la FNAC la splendide tignasse blonde de notre ninja favori en combinaison orange.
Bon nombre d’entres eux auront même évolué avec lui à l’instar de la génération passée avec Dragon ball.
Beaucoup ont pu s’interroger sur le succès de cette série, dépassant des montagnes du genre comme « Saint seiya, alias Les chevaliers du zodiaque » ou Bleach. La raison est selon moi assez simple. Les lecteurs ont vécus à travers Naruto, comme ils avaient pu vivre, 15 ans auparavant avec Drabon Ball. Dans ces deux mangas, le héros est passé d’un état d’insouciance complet, d’une béate crédulité à un état de leader toujours plein de convictions mais néanmoins plus réaliste quant à sa vision du monde.
Les générations de maîtres ont passé, le flambeau a été transmis et la jeune génération doit aujourd’hui à son tour faire face à des choix difficiles, à cette fameuse notion de sacrifice transgénérationnel que doit faire l’individu pour permettre au tout de vivre une vie meilleure.
Comme les adeptes du petit Sangoku, tout enfant, tout adolescent, peut être un jour tout adulte, pourra se reconnaître sous les traits de ce jeune garçon à l’ âme sensible mais au potentiel dont le sourire éclatant s’amenuise au fil des tomes face au poids de l’héritage légué par ses aïeux.
A n’en pas douter, le manga Naruto cache derrière ses couleurs criardes et son style anarchique parfois grossier un titre riche en notions spécifiquement japonaise mises à disposition de tous et comprises par tous de la plus simple des manières.
Naruto, Jiraya, Sasuke, Itachi, tous ces personnages de manga pourraient être les acteurs d’une pièce de théâtre où serait évoqué les concepts japonais d’ie (notion liant la famille à un concept global et intemporel) ou cette vision si circonstanciée du bien et du mal (voir mes autres articles cités en bas de page) .

Derrière ses atours stylistiques appelant sans cesse d’incroyables techniques et invocations en tout genre, Kishimoto puise sans cesse dans le patrimoine flocklorique japonaise comme la fameuse altercation entre Fuujin (dieux du vent) et Raijin (dieux de la foudre) ou récemment à travers l’invocation de Suzano, incarnation du kami (dieu) des tempêtes.
Dix ans après le premier tome de Naruto, ce titre pourrait presque porter le nom de « légende de Naruto » tant l’univers de Kishimoto est scénaristiquement puissant. Kishimoto a créé une dynastie de personnages parfois stéréotypés mais charismatiques.
La fiction est recherche toujours plus de réalisme. Les films d’animation tentent tant bien que mal de reproduire la réalité à l’aide de systèmes élaborés en trois dimensions tandis que bon nombres d’auteurs en tout genre tentent depuis des décennies d’atteindre "la réalité" à l’aide de description toujours plus précise ou au contraire par le biais de la déstructuration (un certain retour à l’essence, un appel à la sensibilité de chacun).
Kishimoto nous propose autre chose. Il nous propose un retour au temps des grandes épopées comme la quête du graal . Il nous offre de surcroit la possibilité de revivre à travers une multitude de personnage une véritable quête médiévale tout en partageant leurs joies, leurs peines, leurs craintes et leurs faiblesses.
Le tout est savamment orchestré, appuyé et même, affirmons le, exagéré au point de faire de nombreux personnages une véritable caricature (finalement, le héros n’est qu’un jeune garçon aux cheveux hirsutes blond électrique en pyjama orange). Mais le lecteur n’a que faire de cela. Au contraire, il est heureux de voir un personnage aussi ridicule que Naruto (d’ailleurs la risée de tous 10 ans auparavant) devenir un grand d’un monde imaginaire, au même niveau que pouvaient être les dieux des légendes antiques. Bien que n’étant pas un fan d’harry potter, quelque part, Harry potter, est un peu un Naruto européen : un physique banal pour un destin d’exception.
10 ans après ses premiers dans la cour de récréation, Naruto est bientôt un homme accompli. Il a passé le rite initiatique de la transmission du savoir entre les générations et il devra bientôt, comme Sasuke faire face à son destin. Un grand destin écrit depuis toujours et sans doute bien triste car il ne peut en être autrement.
Sasuke (écrire un article sans parler de Sasukeserait tout à fait inapproprié) est le miroir de Naruto. Il est le frère d’arme légendaire passé du coté obscur. Il est un peu le Mordred (Méléagant étant plutôt Orochimaru) de la légende de Naruto. Pour lui, les moyens ne compte plus.
Seule sa soif de vengeance semble exister. Le fait qu’il soit « parvenu » à étancher vengeance à l’issue de sa première quête l’a seulement conduit à la prolonger. Sasuke n’a en rien tiré les enseignements de l’apprentissage de la réalité. Au contraire, il s’enfonce toujours un peu plus dans un ténébreux brouillard dont on ne sait s’il pourra en sortir. De manière assez amusante, plus son personnage maîtrise les illusions plus il semble en être lui même la victime.
Sasuke est d’ailleurs assez emblématique de sa fonction : cheveux noirs, tenue sombre, froid, il est en terme de couleurs l’opposé de Naruto (cheveux blonds électriques, yeux clairs, tenue orange). Leurs pouvoirs n’auront d’ailleurs de cesse d’évoluer vers des directions diamétralement opposées (une incommensurable puissance physique pour Naruto, puisant dans les forces de la terre contre une incroyable force « psychique » du coté d’Itachi (puisant dans l’illusion etc…)).
Chaque personnage mériterait d’y consacrer des heures (peut être un jour) mais je m’éloignerais de mon objectif. Or celui-ci tiens en trois mots : Merci Monsieur Kishimoto !
Lire mon autre article sur Naruto








Commentaires
1. mercredi 30 décembre 2009 attime 20:39, par Faeg
ajouter commentaire