Biographie du réalisateur
Takahata Isao est né pendant la guerre, étudiant en littérature française il se retrouve chez Tôei où il accumule les petites fonctions (servir le café, etc), puis prend un peu plus tard des postes plus important notamment dans la section animation. Takahata n’ayant aucune notion, accepte quand même de travailler dans cette section. Il rencontre Miyazaki, de 5 ans plus jeune que lui, ainsi va commencer leur première collaboration.
Le premier film réalisé par Takahata est « Horus le Prince du Soleil » tiré de récits sur les Aïnus, le vrai peuple du Japon. Nos deux animateurs changent de boîte de production et Miyazaki finit par fonder les Studios Ghibli. Les deux hommes collaboreront encore ensemble mais une fois les réalisations de « Mon voisin Totoro » et du « Tombeau des Lucioles » terminées, ils ne collaboreront plus directement ensemble (Miyazaki est le patron des studios donc dans tous les cas il intervient sur toutes les réalisations).
Takahata continue de réaliser ses propres films dont « La bataille des Tanukis- Pompoko » ou encore « Omoide poroporo - Souvenirs goutte à goutte ».
En se fondant sur la BD traditionnelle, le réalisateur a envie de créer une sorte de petite chronique sur la vie de famille. Prévu pour être un simple court-métrage, la chronique est finalement adaptée en long-métrage, chose assez risquée car l’histoire pourrait être lassante. C’est ainsi que naît « Mes voisins les Yamada » qui est un amalgame de souvenirs de chaque créateurs sur leurs voisins.
Mais passons un peu à l’histoire du film, si nous pouvons seulement parler d’histoire :
« Mes voisins les Yamada » est un ensemble de petites chroniques qui n’ont pas réellement de logique entre elles mais qui a l’avantage de retracer des petits et grands moments dans une famille. La famille est composée de 5 personnes : la grand-mère Shige, sa fille Matsuko, son gendre Takashi et ses deux petits-enfants, Noboru et Nonoko, n’oublions pas le chien Pochi.
En premier lieu on s’intéresse à chaque membre puis on évoque quelques moments clé d’une vie : le mariage, la mort prochaine, les frayeurs (on oublie sa gamine au supermarché), la flemmardise, les jours où l’on perd la tête (à cause du gingembre ?), l’amour naissant, le courage, les journées exténuantes, etc.
Tous ces petits moments d’une vie qui n’ont pas d’importance en soi mais qui sont récurrents dans la vie de chacun. Ils sont montés en mini-chroniques qui n’ont comme lien qu’une suite dans les saisons (hiver, printemps, été, automne, hiver, etc.)
Tout le monde se reconnaitra à un moment dans le film. Il ne s’agit d’une famille japonaise typique même si parfois j’ai l’impression de retrouver des clichés. Certes la famille est japonaise, elle est caractérisée par les traits de la culture sociale japonaise mais la nature humaine est commune : Qui n’a jamais eu la flemme de préparer à manger ? Qui n’a jamais préféré dormir plutôt que de travailler ? Qui n’a pas déjà feinté pour laisser quelqu’un d’autre faire la vaisselle à sa place ? Quel parent n’a pas déjà oublié son enfant quelque part persuadé que l’enfant le suivait ? Qui ne s’est pas battu pour la télécommande ?
Vous reconnaissez-vous à travers ces questions ? Alors les Yamada pourraient bien être soit votre propre famille, ou encore vos chers voisins !
Finalement en regardant ce long-métrage, on y retrouve nos qualités et nos défauts et c’est ce qui nous fait rire. Y a-t-il un message ? Un message critique négatif ? Je ne pense pas, il s’agit d’un reflet de notre vie réelle. Takahata a juste essayé de représenter la famille, il y a peut-être une famille qui ressemble exactement à la famille Yamada, mais il s’agit plus d’un cumul de plusieurs familles, ou alors un amalgame de traits de caractères dispersés dans plusieurs personnages.
Je vais un peu parlé du graphisme.
C’est un dessin assez épuré que l’on retrouve dans la BD traditionnelle japonaise, les traits sont simples tout en étant efficaces. On ne met que le principal sur la planche, un ou deux objets permettant mettre en place le décor (le hall d’entrée, la cuisine, le salon, etc.), les couleurs sont plutôt pastel, les traits sont fins ce qui permet d’évoquer un personnage. On n’est pas dans un style réaliste mais suffisamment efficace pour pouvoir exprimer une large palette de mimiques de la vie courante. Pour vous dire, par moments, Matsuko me faisait penser par moments à la dame qui m’a accueillit chez elle pendant trois semaines à Nagasaki.
Et puis le style du dessin permet de changer de planche à planche seulement en variant les traits. Par exemple, lors de la scène du mariage, on a Takashi et Matsuko qui montent dans un avion qui se transforme peu à peu en bâteau, etc. Les images s’enchaînent sans véritable coupure. Ca fait un peu penser à de la peinture. Takahata a évoqué dans un entretien la peinture de type Haiga, souvent faite par des auteurs de Haiku, c’est une peinture très épurée, très fine et je trouve que le type de dessin dans les « Yamada » ressemble tout à fait à ce genre de peinture.
D’ailleurs, Takahata a rythmé les chroniques d’Haiku qui forment un très long poème. Chaque haïku évoque la scène qui vient d’arriver ou celle qui va suivre. On aura droit à des poèmes de Buson ou encore de Bâsho. Le rythme du film est lent mais on ne s’ennuie pas du tout pendant le film, au contraire moi j’ai bien rigolé, je ne l’ai pas trouvé ni trop long ni trop court. Et puis le côté petites chroniques donne un rythme tout particulier au film.
Conclusion :
En bref, « Mes voisins les Yamadas » est une bonne peinture de la famille, parfait pour être regardé seul ou en famille. Je le conseille à tout le monde, même pour ceux qui ne sont pas trop animation !
******** Le DVD contient aussi des bonus. Je ne les ai pas tous regardés mais il contient deux entretiens vidéos avec Takahata, et un par écrit. Vous avez également, la bande-annonce française, le montage promotionnel japonais, des scènes commentées, les affiches, une galerie d’images, la présentation des personnages, les filmographies de l’équipe, des notes d’intention. Vous avez aussi une présentation des studios, l’explication des haïku et enfin une section rom.
J’espère que vous passerez un agréable moment en compagnie des Yamada !
Shishiro







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