
L’écriture de ce petit dossier résulte de la lecture de nombreux titres et de la vision de nombreux animeme conduisant à faire des recherches sur les poupées/marionnettes au Japon dans le manga.
En effet, nombreux sont les mangas où l’on trouve des poupées, marionnettes et l’art de la manipulation.
Ainsi, dans le célèbre Naruto, Kankuro ou Sasori parviennent à maîtriser de véritable marionnette de guerre contre leur ennemi (à l’aide de marionnettes d’attaque, de défense etc.). De même, nous retrouvons des marionnettes dans Genzo le marionnettiste, Sakon , Kenshin, Puppet Princess (Karakuri no Kimi) ou dans un autre contexte Karaki circus.

Ghost in the shell innocence exposait d’ailleurs à merveille dans un court passage, la similitude entre poupée et être humain (notons aussi bien sur l’existence du "puppet master" qui hack les gens et les manipule).
Si pris un à un, j’avoue que je ne m’étais jamais trop poser de question , ces apparitions mises à bout à bout, m’ont poussé à me questionner sur la conception originale, au Japon, des poupées et marionnettes qui se matérialise, à travers le manga, par l’apparition de nombreux héros, personnages utilisant soit des marionnettes (cf les titres précités) ou l’art de la manipulation (on en retrouve souvent comme dans Hunter x hunter par exemple, où il existe dans mes souvenirs un nen (pouvoir) de manipulation).

Tout d’abord, faisons une remarque sémantique préliminaire concernant le mot japonais ningyô. Ce mot signifie tout à la fois poupée et marionnette et contient le kanji représentant l’être humain . En Europe, la marionnette ne semble pas avoir la prépondérance qu’elle connaît au Japon et d’ailleurs en Asie en général (même si elles ont aussi leur importance et sont aussi lié à l’origine au sacro saint religieux, leur prédominance, et symbolique est un peu différente).
Sans rentrer plus dans le détail de cette comparaison Europe/Japon, il semble à la vision de quelques images, que les manipulateurs de marionnette soit visibles et non dissimulés comme chez nous. En effet, le manipulateur de type bunraku (nous y reviendrons ci après), se fond dans un esthétique d’ensemble et vie donc à travers la marionnette qu’il manipule.

Au Japon, la marionnette serait apparue vers le VII ème siècle par le biais de la Chine ou de la Corée. D’après la légende, son origine remontrait à l’utilisation de marionnettes par un moine Shinto, ayant appris par la suite à son village comme manipuler les marionnettes. Cet art se développera vers le XII ème siècle et les marionnettes permettront de conter de nombreuses légendes et guerres.
Durant cette période féodale, la marionnette symbolise avant tout des valeurs guerrières et religieuses ce qui explique que pour les mangas se situant à cette époque, comme Kenshin ou Genzo, les marionnettes soient utilisées comme des outils de combats ou de tromperie (par exemple, la fabrication de faux double pour faire croire en la mort de quelqu’un). Naruto, comme d’autres shonen par ailleurs, reprend habilement cette symbolique pour créer des combattants manipulateurs de poupées, marionnettes, voir même de personnes.

De plus l’évolution de l’art de la marionnette au Japon à conduit à ce qu’elles soient sans cesse plus grande, pour atteindre une taille quasi humaine ( presque 1 m 30), manipulées par plusieurs hommes (des ningyotsukai) parfois habillés de noir et portant aussi souvent une cagoule afin de s’intégrer complètement à l’environnement (ce look ne vous rappelle personne ?). Au dire des spectateurs, le résultat obtenu est plus vrai que nature.

Cet art s’est par la suite prolongé par le kabuki, un théâtre alors humain, mais reprenant l’essentiel du théâtre ancien et rendant les acteurs semblables à des poupées. Nous comprenons alors mieux la vraisemblance entre poupée/marionnette et humain et, pour illustration, toute la réflexion dans Ghost in the shell sur ce sujet. Si j’extrapole un peu la réflexion, nous comprenons aussi peut être un peu mieux la transformation anthropomorphique des robots dans le manga.

En effet, en associant cette rapide (et peut être contestable, je ne sais pas, je ne suis ni sociologue ni ethnologue) analyse, au goût exacerbé japonais pour la technologie, nous voyons bien le prolongement entre poupée, marionnette, être humain semblable à des marionnettes dans la symbolique et des robots ressemblant de plus en plus à des êtres humains (à ce sujet, le titre de Chobits, réfléchit au fond sur les rapports futurs entre humains et robots poupées, ressemblant à des êtres humains).

En fait, ne peut on pas penser que Gundam est un peu la manipulation par un être humain d’une marionnette ou de marionnette ? D’ailleurs dans Escaflowne, un célèbre anime fantasy/mecha, dans mes souvenirs, l’intérieur de l’Escaflowne et la manipulation paraît véritablement comparable à la manipulation d’une marionnette et l’on ressent assez bien l’assimilation entre robot et humain. Cette confusion est par ailleurs reprise dans le désormais mythique Evangelion que l’on ne présente plus où l’homme et la machine de font qu’un, où l’homogénéité, la symbiose marionnette/ être humain est parfaite et où l’on retrouve en plus toute cette symbolique mystique (mais cette symbolique mystique fera sans doute l’objet d’un autre dossier).

En finissant d’écrire ces quelques lignes, je me rend compte qu’en partant d’une simple observation, ce travail de recherche et de synthèse m’a conduit à découvrir et comprendre pas mal de chose !




Commentaires
1. dimanche 2 mai 2010 attime 07:29, par Anonyme
ajouter commentaire