Un article intéressant de CNN vient d’être publié concernant les japonais herbivores.
Qu’est ce qu’un japonais herbivore ?
Ce terme a été inventé par la spécialiste en pop culture Maki Fukasawa. Il désigne tout un pan de la nouvelle jeunesse masculine japonaise (20%) dont la vision de l’homme est relativement différente de la génération précédente.
Ces herbivores sont souvent physiquement légèrement efféminé, ne cache d’ailleurs pas leur part de féminité et ne sont souvent pas plus intéressés que cela par l’argent . Ils n’ont pas honte de dévoiler leur faiblesse, maladresse. Ils n’ont également pas honte d’indiquer qu’ils n’ont pas de petite amie, mais simplement quelques amies.
Ils rejettent une certaine vision de l’homme puissant, fort, machiste, obsédé par l’argent et l’accumulation de conquêtes féminines.
Le terme d’herbivore s’oppose à une vision de l’homme japonais carnivore, écrasant quiconque se mettrait sur son passage et les plus faibles.
Cette nouvelle forme de masculinité aurait selon l’article notamment une raison économique du fait de la crise japonaise depuis les années 90. Cette jeunesse, élevé pendant cette crise y verrait une certaine défaillance du modèle paternel classique.
Au delà des éléments indiqués par l’article, je rajouterai l’évolution abordé dans mon article consacré au Kawaii et superflat.
Cette article met en perspective, à l’aide de divers écrits d’auteurs comme Sharon Kinsella, l’évolution des arts populaires japonais, notamment l’évolution de la culture Kawaii. A son apogée dans les années 90, cette culture a pour valeur androgénie et le kitch avant d’avoir connu une passade infantile. Cette mode illustre une certaine valorisation de concepts rattachés à l’enfance comme l’innocence, la maladresse, l’ouverture, et un goût originellement rattaché à une vision somme toute relativement féminine.
Sur le sujet, Muriel Jolivet dans son ouvrage que l’on ne présente plus (Homo japonicus) évoque la mode des mister ladies dans les années 90 et le phénomène Shazna, un chanteur androgyne, sans doute à la source du Bishounen. Muriel Jolivet apporte des portraits intéressants de cette mode du travestissement.
Les oeuvres de clamp (comme X, XXX holic etc...) ou Peach pit (notamment Zombie loan) sont également un excellent témoignage de cette tendant au travestissement progressif du modèle masculin.
Ces japonais herbivores s’inscrivent bien dans ce long cheminement, cette lente évolution des mentalités, le tout évoluant en cercle concentrique se diffusant progressivement dans la population japonaise (comme l’évoque d’ailleurs l’article).
Nous verrons comment cette évolution se poursuivra...



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