Cet article est pour moi l’occasion de faire un petit retour sur les Gouttes de dieu en revenant sur les trois derniers tomes de la série.
Petit focus sur le tome 8 pour nous resituer dans l’histoire. Les gouttes de dieu nous narre l’histoire de la découverte de oenologie et de l’amour du vin par un jeune garçon dénommé Shizuku. Shizuku doit remporter un défi pour acquérir l’extraordinaire collection de vins de son père, un des œnologues les plus réputés de la planète, après la mort de celui-cu : il devra vaincre un œnologue du nom de Tomine et découvrir 12 vins appelés les 12 apôtres. Les tomes 8 à 10 se concentrent sur la recherche du deuxième et du troisième apôtre.
Il va sans dire qu’au fur et à mesure de l’avancée de la quête des apôtres , la tâche devient plus ardue.
C’est ainsi que pour la découverte du deuxième apôtre, Shizuku connaît sans doute son premier véritable échec. Malgré ses avancées dans un univers jusqu’alors méconnu, Shizuku est encore loin d’avoir le niveau de Tomine.
Tomine, quant à lui tente de retrouver les origines de son goût pour le vin afin de remporter le second duel. Le duel entre Tomine et Shizuku évolue d’ailleurs de ce point de vue. S’il était à l’origine un duel entre connaissance, expérience (du coté de Tomine) et passion de jeunesse / inné (du coté de Shizuku) ; chacun des protagonistes puise dans ses ressources pour dépasser ses compétences .
Tomine y parviendra en redécouvrant la soif et en rencontrant une jeune fille dénommée Loulan disposant d’un grand potentiel alors que Shizuku tente progressivement d’améliorer ses connaissances, de renforcer son expérience en goûtant des vins plus variés et surtout en se forgeant ses propres expériences au contact des autres, en revisitant progressivement son enfance et ses souvenirs...

Autant dire que chaque tome est un véritable plaisir à lire, la quête des vins étant l’occasion de découvrir des histoires de personnages variés (un jeune chef cuisinier français souhaitant parvenir à convaincre son père d’épouser une japonaise, une jeune actrice de talent ayant vécu un drame personnel etc...). Le vin permet à chaque personnage de comprendre, d’évoluer et de vaincre ses peurs.
Dans chaque histoire, Shizuku doit trouver le vin approprié, disposant des caractéristiques gustatifs, olfactifs, de la couleur permettant de transcender le destinataire de la bouteille. Ces histoires permettent d’étoffer un peu la lecture du titre et de mieux comprendre le personnage de Shizuku tout en assistant à son évolution.
Les explications, le vocable utilisé (bien que n’étant pas personnellement un spécialiste du vin) sont toujours aussi précis tout en restant compréhensif. Il faut avouer que l’on est parfois tenté de squeezer certains passages pour avancer dans l’histoire. Mais sagement, le lecteur finit toujours par se dire qu’il faut déguster chaque page pour en apprécier toute la substance (mais j’avoue ne pas toujours lire les explications post fins de tomes). Graphiquement, le travail est toujours aussi fouillé, riche, emprunt d’un certain réalisme et l’on voit toute l’attention portée par la dessinatrice à l’expressivité des personnages et de leurs sensations. Même la nourriture (un tome évoque par exemple des plats raffinés) est dessinée avec une grande minutie et un réalisme certain.
Chaque volume des gouttes de dieu mérite vraiment d’être lu avec attention et témoigne d’un grand travail de documentation, de réflexion pour un résultat excellent. Dans son style, l’un des meilleurs manga que j’ai pu lire !



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