Le dernier maitre de l'air : Un méli (...)
le dernier maître de l’air

Billet rédigé par un rédacteur invité : Faeg

Adapté d’une série animée américaine, Le dernier maitre de l’air est la nouvelle oeuvre de M. Night Shyamalan (Le sixième sens, Signes). Deux affirmations (une licence à succès et un réalisateur talentueux) qui font naître le doute dans l’esprit de n’importe quel fan d’animé : "Quel résultat donnera cette curieuse addition ?".

Allons nous inscrire le dernier maitre de l’air au registre des adaptations ratées ? Aux grands nanars d’Hollywood ? Et à la grande surprise général : le film est une réussite mêlant univers fantasy et problématiques actuelles, série de type shonen et cultures asiatiques.

Et non ! Le dernier maître de l’air n’ira pas rejoindre les adaptations ratées du type Dragon Ball : Evolution et ceci dû au simple fait qu’un maître d’oeuvre anime cette nouvelle saga.

Le teaser paru l’année dernière en avait fait trembler plus d’un

Scénariste, réalisateur et même producteur, M.Night Shyamalan a pris les commandes de ce blockbuster en ajoutant son (gros) grain de sel à la série animée d’origine.

Pour celui ou celle qui se souvient de cette dernière (par ailleurs toujours en vente en grande surface), l’humour l’emportait sur la tragédie et l’action sur la refléxion,en réussissant à inverser la tendance voir la mélanger, en mettant en place un cocktail étonnant M.Night Shyamalan nous offre une oeuvre façonnée à son image.

Non content d’être superbement réalisé, le Dernier maitre de l’air bénéficie d’excellents acteurs, notamment Noah Ringer (interprète du héros principal) qui maitrise à merveille les arts martiaux ou encore Dev Patel vu dans Slumdog Millionaire. Seul les figurants déçoivent n’étant pas assez dans leur rôle et semblant être absents lors des combats (du moins au début). Il est également vrai que les premières minutes du film semblent brouillons comparés à ce qu’il deviendra vers la fin. Là sont les quelques défauts de cette superproduction.

Magistralement interprété par Dev Patel, le prince Zuko est prêt à tout pour retrouver son honneur.

Le maitre du cinéma indien, comme il l’a déclaré dans cet interview, a en effet mis dans son dernier film un grand nombre de références à la philosophie bouddhiste et shintoïste et à certains sujets d’actualités qui apparaissent pour la plus part comme le nez au milieu de la figure.

Mais pour comprendre ces références, effectuons un bref retour sur le scénario. Le monde est divisé en quatre nations : le feu, l’eau,l’air et la terre, chaque peuple maitrisant l’élèment qui lui correspond, seul l’avatar est capable de maitriser les quatre élèments. Cependant depuis un siècle aucune trace de l’avatar n’a été perçues et la nation du feu a saisi l’occasion pour envahir ses voisins. Seulement la découverte d’un enfant par la tribu de l’eau pourrait inverser le cours de l’Histoire.

Préfférez le film en 2D, la 3D n’étant vraiment pas indispensable.

Voila un synopsis qui à la base ne semblait pas forcément propice à un "méli-mélo de culture asiatiques". Seulement, c’était sans compter sur le fait que la nation du feu ressemble fort à l’inde, celle de la terre à la Chine, l’air au Tibet et l’eau aux Inuits ou à un mélange des différentes cultures citées précédemment. Mais cela n’est que le début. Très vite certaines références au bouddhisme ou au shintoïsme ne peuvent échapper à l’amateur : respect de la nature, réincarnation, croyance aux esprits, honneur, sens de la famille, esprit de sacrifice, maîtrise de soit. Le tout allant même jusqu’à transformer le film en véritable recueil de citations. Un excellent moyen pour initier le public occidental aux fondamentaux de la culture orientale (même si vulgarisé par moment).

D’autres éléments n’échappent pas au public telle que la référence au Dalaï-lama (le processus du choix de l’avatar étant directement inspiré de la désignation du Dalaï-lama) ou l’éternel débat sur le rôle de l’homme dans son environnement qui est ici abordé avec un avis universel bien tranché : "Non, l’homme ne peut affronter ce qui le dépasse"

Doté de décors spectaculaires, d’acteurs à la hauteur de leur rôle et offrant quelques brides de culture orientale à un public fasciné ou non par l’exotisme de l’extrême orient, le dernier maitre de l’air impose tout doucement son univers et par la même occasion le théâtre d’une nouvelle trilogie cinématographique emmenée par un réalisateur d’exception.