Shinmanga a bientôt trois ans d’âge en juin 2009. Déjà ! le temps passe vite. Ces trois années m’ont permis d’écrire sur un certains nombre de sujets et de favoriser une bonne évolution du site. En terme de visiteurs, nous n’avons pas explosé, mais depuis un an, le nombre de visiteur a augmenté de 20% pour se stabiliser entre 600 et 900 par jours (environ 20 000 visiteurs unique par mois). Je pense sincèrement que nous avons gagné en qualité et en reconnaissance. Bien sur, il n’est pas tellement possible de mesurer cette qualité, mais je pense la percevoir dans les courriers, questions de certains lecteurs.

Concernant le recrutement, sans prétention aucune, mais simplement en répercutant les mails que reçois, beaucoup ont apparemment envie d’écrire pour le site, mais ne sentent pas disposer de suffisamment de connaissance. Comme il n’est pas dans ma nature de forcer les gens, j’imagine qu’ils se rabattent à écrire pour d’autres sites… C’est à la fois encourageant, car mon but était de proposer un contenu de qualité, mais un peu perturbant dans le sens je ne souhaitais pas que Shinmanga devienne un site élitiste. Je vais tenter de trouver une solution à cette difficulté, mais vu la ligne éditoriale que nous nous sommes fixés… Essayer de continuer sur la même ligne mais aussi de parler d’autre chose.

Quoi qu’il en soit, pour cette nouvelle année, je vais voir s’il peut y avoir un intérêt à créer une sphère associative (je l’avais annoncé, mais j’avoue douter de sa pertinence), poursuivre cet objectif qualitatif et également poursuivre l’élargissement du champ d’action, en abordant un peu le Japon et de nouvelles thématiques.

C’est ainsi que j’ai commencé à poster quelques news sur le Japon que l’on ne trouve pas forcément sur d’autre site. Le but étant toujours de proposer de l’insolite, alternatif (parler des soutiens gorges pour homme par exemple ^^). De plus, j’ai ouvert une nouvelle rubrique (je sais, ça commence à faire beaucoup) consacrée au Kawaii et au Superflat et c’est d’ailleurs l’objet de cet article.

Avant toute chose, pourquoi consacrer une rubrique au Kawaii et au superflat ? En fait, tout remonte à 2002, lorsqu’en passant devant la fondation Jacques Cartier, je me suis arrêté devant l’exposition de Murakami (étudiant à l’époque avec un emploi du temps « aéré », il m’arrivait souvent de rentrer dans des expos/conférences un peu par hasard, ce qui n’est malheureusement plus possible).

Bref, je rentrais donc dans cette exposition, ne sachant véritablement trop à quoi m’attendre (je ne connaissais pas vraiment le travail de Murakami, mais je savais par expérience que la fondation Cartier parvenait toujours à me surprendre dans le bon ou le mauvais sens).

C’est alors que j’ai découvert ces peintures, sculptures, utilisant des traits mangas et des jeunes filles à l’aspect kawaii, dévoilant des images parfois choquantes, et surtout, rendant extrêmement mal à l’aise le visiteur (enfin, me concernant). A l’époque, cela m’avait fait penser à certaines représentations mortuaires « Kitanoesque ».

Kawaii et superflat, enigmatiques mouvements (...)

J’avoue avoir eu beaucoup de mal à accrocher (j’en ai toujours), et être passé assez rapidement à travers cette exposition gorgée de couleurs criardes et de curieuses représentations sans perspectives rappelant tantôt du hentai, tantôt l’univers psychédélique d’un FLCL.

Les années ont passé, et j’ai depuis consacré un certain temps à étudier (enfin étudier, à ma petite échelle) le manga ainsi que la culture Otaku. De même, j’ai été confronté à certaines œuvres comme Space EE appartenant au courant « superflat » mené par Murakami.

L’explosion de l’une des mascottes de Sanrio, Hello Kitty, a également suscité chez mois quelques interrogations. C’est principalement en me penchant sur le « superflat » et le mouvement « kawaii » que j’ai obtenu quelques réponses à mes questions. Le but de cette rubrique Kawaii, est donc de partager avec les lecteurs, des ressources graphiques sur cette thématique pas si éloignée du manga, mais également de réfléchir et d’étudier un peu le phénomène.

Sur le sujet, deux textes ont particulièrement éveillé ma curiosité (ces deux textes sont disponibles sur la toile en anglais) :

-  un texte de Sharon Kinsella, de 1995 intitulé « cuties in Japan »

-  et le texte de référence, « Superflat Japanese Postmodernity » de Hiroki Azuma, synthétisant sa réflexion (que l’on peut trouver dans son ouvrage consacré aux Otaku, Génération Otaku)

J’y rajouterais l’ouvrage de Fabien Tillon ("culturemanga") dont une partie est dédiée à ce qu’il appelle le "mangart" (par référence au pop art).

Bien que je reproche à Sharon Kinsella le caractère sans concession de ses théories (le manga n’est qu’une manipulation du gouvernement et des grandes entreprises !), elle a le mérite d’avoir effectué des recherches en dehors des sentiers battus et de proposer des réflexions poussées sur le sujet. Son texte sur le mouvement Kawaii m’a vraiment apporté de nouvelles pistes de réflexions.

Du Kawaii au superflat !

-  le phénomène Kawaii

Le Kawaii est assimilable à ce qui est mignon, innocent, fragile, doux, bref, tout un ensemble de termes se rattachant à l’enfance.

Cette « culture » kawaii a envahi la pop culture japonaise dans les années 80. Ce style se décomposerait en deux parties. Un passage plus infantile, « eau de rose » dans les années 80 à quelque chose de plus kitch, humoristique et androgyne dans les années 90, les deux étant liés.

Kinsella se plonge dans les origines du style, et fait remonter tout cela à une tendance dans le début des années 70 à un style d’écriture et une mode plus infantile. Les jeunes, par opposition à la génération précédente et subissant l’influence étrangère (notamment de Disney), aurait été tenté de créer leur propre style, avec des formes plus rondes, de nouvelles formes de langages moins élaborés et plus proche de celles d’un enfant (selon l’expression française consacrée « arrête de parler comme un bébé »). En 1971, la société Sanrio, notamment à l’origine de l’emblématique Hello Kitty débute sa production de produits « kawaii ». L’intrusion de mot anglais et français dans ces nouveaux dialectes fait également son apparition afin de rendre certaines expressions plus « mignonne » : la cuvette des WC devient ainsi « petite étoile ».

Ce coté « kawaii » donne une nouvelle dimension au produit, ainsi qu’un coté réconfortant, voir déculpabilisant lorsque des « lovels hotels » (hôtel de passe) porte des noms tels que la « petite maison dans la prairie ». Cette dissociation entre l’objet et sa qualification rend ainsi les produits plus attrayants pour les consommateurs.

Assez curieusement, comme le souligne Kinsella, il y a même un renversement, la qualité de pacotille renforçant le coté « kawaii ». Des matériaux comme le plastique et tout l’arsenal de la school girls s’imposent progressivement, évoluant vers du kitch et de l’androgyne et s’associant à des concepts tels que l’individualisme, la rébellion et la liberté. Le fait d’agir « comme un enfant » et de suivre cette mode permet de revendiquer tous ces concepts.

Cette évolution s’illustre autant au niveau de la mode vestimentaire, que culinaire avec l’explosion du sucré (dans un pays comme le japon, où le salé trônait). Les gouts, styles tendent vers plus de douceur. Les symboles de cette nouvelle tendance s’illustrent avec le phénomène des « idoles », ces célébrités fabriquées sur mesure depuis les années 80 et répondant à tous ces critères kawaii (par exemple, Matsuda Seiko). De véritables mascottes émergent comme Hello Kitty ou Totoro, ces personnages étant souvent réduits de petits êtres ne pouvant marcher, parler et penser. Ils possèdent des yeux innocents, agissent simplement et maladroitement. C’est cette faiblesse, maladresse, incapacité qui les « rend mignon ».

Les adeptes de ce mouvement kawaii ont une certaine volonté de retrouver ces sentiments liées à l’enfance, en vivant une vie sans soucis, simplement, en toute inconscience (une vision idéaliste de l’enfance toute rousseauiste). En réalité, il s’agit d’un rejet de l’âge adulte, monde désenchanté, synonyme d’effort, de responsabilité, d’obligations et de soumission où le japonais adulte doit cacher ses sentiments en se recouvrant d’un masque de no. Il symbolise un certain désir enfoui de rébellion contre le système et le mode de vie japonais. Okonogi appelle ces jeunes des « moratorium » (Okonogi,1978).

Il n’est pas surprenant d’apprendre que ce phénomène a avant tout touché les femmes, dont la position est particulièrement difficile au Japon. Ce « goût » pour ces « simulacres de liberté », matérialisés par le « kawaii » est d’autant plus fort.

Les conservateurs y voient bien sur un certain retrait et une méprisante régression.

Comme vous pouvez le constater, le mouvement « kawaii », contrairement à une certaine croyance populaire française ne date pas d’hier et symbolise, à l’instar du mouvement punk, un mal être, un courant de pensée (quel que soit le jugement de valeur qu’on lui rattache). Je me demande si le mouvement « kawaii » pourrait fonctionner autant en France (tout son potentiel n’a pas été exploité). Personnellement, je le trouve aussi inquiétant que rassurant.

Rassurant, car à la manière du « soft power » japonais (terme attribué à la pop culture japonaise), il a sans doute permis (et il permet sans doute) une « soft revolution » au Japon. Une révolution silencieuse en quelque sorte, à la manière des brassards portés par les grévistes japonais. Comme dans un certaine mesure le manga ou les jeux vidéos, il permet à tout à chacun de s’évader, l’espace d’une fraction de seconde.

Inquiétant, car ce phénomène pousse, comme le manga (surtout le main stream), les jeux vidéos ou le shopping, à « s’acheter de la liberté ». Il reflète un certain sentiment d’impuissance face au poids de la société.

Je suis apolitique, et croit peut qu’il existe une solution alternative au capitalisme, mais ce mouvement, consiste à « renoncer à la liberté » en s’achetant un simulacre de liberté. De même, cette dissociation entre le verbe et l’objet (cf : la cuvette des WC devient « petite étoile »), cette « idéalisation » conduit à préférer poser un voile sur la réalité afin de la transformer tel que l’on voudrait qu’elle soit (et dans notre cas, grâce à quelques euros). Imaginez la « philosophie du boudoir » de Sade dans un environnement Disney et vous obtiendrez un sentiment très étrange….

Cette voie me paraît d’autant plus dangereuse, que le système actuel ne peut qu’alimenter cette dissociation (plus je veux du simulacre, plus les entreprises vont tenter de fournir du simulacre, plus les entreprises fournissent du simulacre, plus je vais vouloir du simulacre, plus ce simulacre sera important, plus je vais renoncer (consciemment ou inconsciemment, le changement d’association de valeur s’opérant) à renoncer à voir le monde tel qu’il est, et surtout plus à tenter d’acquérir de la liberté autrement qu’en achetant un simulacre). Cela reste théorique, et peut être trouverez vous surprenant de lire ces lignes (le site étant consacré à cette pop culture puis je ne suis ni philosophe, ni sociologue, ni psychologue), mais ce subtil transfert me paraît inquiétant. D’autant qu’avec les nouvelles technologies, les possibilités de simulacres sont sans limites (simulacre sexuel, d’amitié, de vie éternelle, de liberté, de voyage, d’autorité etc…).

J’arrête la digression sur cette question, que faire et est si grave ? A dire vrai, au risque d’être traité de facho conservateur reac, en bon européen élevé autour de notions telles que le bien et le mal, il me paraît extrêmement important qu’il existe toujours des personnes pour réfléchir sur ce lien entre l’objet et sa dénomination. Que ce soit en bien en mal, tant qu’on y réfléchira et que l’on prendra le recul nécessaire, tous les simulacres du monde seront plutôt positifs. En revanche, si l’on ne devait plus se contenter que d’acquérir des simulacres, sans se poser de question et renoncer à faire autre chose face à un système jugé lointain, abstrait, et immuable, tel un troupeau de bœufs apathiques, là les choses seront plus graves. Fin de la parenthèse...

- Le superflat

Du pop art au superflat

Les propos qui vont suivre sont principalement issus de la reflexion de Fabien Tillon sur le mangart.

Avant de parler de superflat, il faut commencer par le pop art. Originaire du Royame Uni dans les années 50, le mouvement a connu ses principaux artistes aux Etats Unis à travers Andy Wharol ou Roy Lichtenstein dans les années 60 (je reviens à peine des Etats unis où j’ai pu voir leurs oeuvres au Moma). Pour rappel, ce mouvement artistique présente l’art comme un produit de consommation, éphémère, bon marché et jetable (cf wikipedia) [ces mots sont exactement ceux que l’on peut employer pour le manga et les estampes, cf mon étude sur l’histoire du manga). Lichtenstein nous intéresse particulièrement puisqu’il utilisait le comics comme support de ses oeuvres. Et c’est la, la principale différence entre le superflat que nous allons évoquer et ce pop art. Le superflat s’inscrit plus dans le prolongement de la culture manga, et se revendique même une certaine culture otaku alors que le pop art utilise le comics comme support d’expression, avec une certaine ironie.

Au Japon, ce mouvement se serait prolongé au début des années 70 ; avec le mouvement Angura (undeground), notamment représenté par Tadanori Yokoo.

Fabien Tillon assimile le véritable Mangart aux années 90 (fin 80) avec une génération largement influencée par la bande dessinée japonaise. Il cite l’exemple assez évocateur des cellulos, utilisés pour les dessins animés. En couleurs, ces feuilles de plastiques transparentes sont progressivement devenues recherchées et ont acquis une certaine valeure ainsi que le "statut d’oeuvre".

Progressivement, une génération d’auteurs comme Murakami, vont s’inspirer de la culture manga pour ses oeuvres. Murakami est sans doute le plus représentatif de ce courant. Il lui a tout d’abord donné le nom de "poku" (contraction de pop et otaku), pour enfin l’appeler "superflat".

Le superflat

Ce rapide exposé (pas si rapide que ça en fait !) nous amène à faire un point sur le superflat. Quel rapport entre le kawaii et le superflat ? Tout d’abord, l’œuvre superflat reflète assez bien cette tendance à la superficialité et à mélanger les genres : associer un acte violent, sexuel, immoral, à un style (le kawaii, matérialisé par l’ensemble de ce que j’ai évoqué précédemment) symbolisant l’innocence, la candeur et la fragilité ; le tout sur un seul et même plan (histoire de ne vous laisser aucun échappatoire). Ce contraste met nécessairement mal à l’aise et ne provoque un sentiment dedégout.

Le mouvement superflat est né de l’esprit tortueux de Murakami. Certains y voient du Andy Wharol, certains pensent qu’il s’inscrit dans le prolongement des estampes japonaises tandis que d’autres l’érigent en symbole du phénomène otaku.

A la fin des années 80, Murakami étudie la peinture (nihon ga) à l’université des beaux arts de Tokyo. Ses œuvres sont essentiellement consacrées à célébrer la joie des enfants (cf. voir le début de l’article sur ce courant). Murakami recherche alors le fondement de l’art japonais. Pour lui, ce qui est important au Japon, c’est la platitude « superflat », la culture japonaise n’ayant pour lui pas de 3-D. Il se sert de cette caractéristique, mélange l’influence occidentale (surtout américaine), la tradition japonaise ainsi que cette conception purement moderne d’un art sans genre ni auteur.

A ce propos l’auteur nous fait partager une pensée qui rejoint assez ce que j’ai pu évoquer dans la partie précédente :

"The Japanese people get fed TV and media for 24 hours a day," he says. "Now, we have a chance to think, ’what is my life ?’" Consumer culture looks only one direction, not evolved. In the ’80s, Japanese people didn’t think about the meaning of life because of the strong consumer culture. Now, people are realizing there is an end. They have to think about it more than in the past. Young people are looking outside of consumer culture and asking, ’What is life ?’"

Pour les non anglophones, le japonais sont gavés comme des oies par la television 24h/24 et ne peuvent, en tant que consommateur, que regarder dans une direction sans évoluer. Dans les années 80, les japonais ne pouvaient réfléchir au sens de la vie à cause de cette culture consumériste. Aujourd’hui, les genres réalisent qu’il y a une fin à cette période. Ils doivent penser. Les jeunes regardent ce monde consumériste et se demande : qu’est ce que la vie.

Le superflat tend ainsi, grâce à ses œuvres à « réflechir » (j’ai bien fait attention à ne pas utiliser le terme critiquer) sur cette société consumériste, essentiellement basée sur loisir, le divertissement et les médias.

Muramaki également d’illustrer la période de confusion dans laquelle nous vivons (période de confusion des genres, des auteurs, des œuvres, d’enfant/adulte etc…)

A ce sujet, après 3 ans d’interviews, d’étude du manga, je serais plus circonspect. De ce que je lis quotidiennement, ce questionnement transparaît clairement dans le manhua (bande dessinée chinoise), mais beaucoup moins dans le manga. Mais le manga de type mainstream, (par opposition au manga d’auteurs) s’inscrit de toute façon relativement bien dans cette logique consumériste.

Les membres de ce mouvement sont relativement nombreux : “Takashi Murakami, Aya Takano Yoshitomo Nara, Hitoshi Tomizawa , Chiho Aoshima, Masafumi Sanai Yoshinori Kanada, Henmaru Machino, Koji Morimoto, Katsushige Nakahashi, Chikashi Suzuki, Shigeyoshi Ohi, Kentaro Takekuma ou Hitoshi Tomizawa” .

Azuma apporte est sans doute l’un des philosophes s’étant le plus penché sur la question. Son raisonnement est le suivant : si la critique déclare unanimement que la culture Otaku (il englobe le manga, anime etc…) est le prolongement de la tradition japonaise, lui pense que cette culture est une japonisation de la pop culture américaine (et l’on revient à ce qu’exprime Tillon). Cette volonté d’effacer cette réalité serait liée à la recherché d’un Japon pur et un refus d’acceptation de l’apport américain. Il souligne d’ailleurs les attaques répétées de critiques à l’égard de Murakami. Pour lui, la culture otaku n’aurait tout simplement pas pu exister sans la pop culture américaine. Le « superflat » (on y vient) est une illustration de ce mélange des deux cultures.

Ensuite Azuma tente d’expliquer en quoi consiste le superflat. Déjà, il n’y a ni profondeur, ni perspective, mais uniquement une dimension. Les otakus n’ont ni besoin d’auteur, ni d’originalité, ni même d’un message. Azuma en profite pour glisser sa théorie sur les bases de données (que vous retrouverez dans son ouvrage), et par la même, indique que Murakami ne s’inscrit pas totalement dans la culture otaku en n’illustrant qu’une certaine superficialité (sans introduire toutes les bases de données, concepts liés à la cutlure otaku pour Azuma, les otaku piochant dans des séries de bases de données les éléments qu’ils affectionnent ; ils piochent différents niveaux de simulacres). Mais Azuma relève qu’ inconsciemment, Murakami ressent cette culture lorsqu’ils proposent une illustration reposant sur des yeux, les grands yeux étant un élément constitutif de la base de données otaku (les yeux dans les mangas sont dessinés d’une certaine façon et disposent d’un certain rapport de taille par rapport au visage). De plus, cette multitude d’yeux affiche un paradoxe avec un monde qui se revendique sans profondeur.

Mais il serait injuste de réduire le superflat à Murakami, de nombreux autres auteurs comme ceux précités appartenant à ce courant.

Citons également :

- Akino Kondoh et ses jeunes japonaises ingénues aux sombres facettes

ou

- Takano Aya, auteur de space EE et son style spatial, ses femmes à tête d’alien et son univers complexe

Pour prolonger la réflexion, je vous invite à consulter le site de la Kaikai Kiki corporation, de Murakami, http://english.kaikaikiki.co.jp/whatskaikaikiki/, ainsi que cette vidéo de promotion de Vuitton pour sa collection colorée (vidéo nommée "superflat monogram")