A travers son nouvel ouvrage, l’auteur de l’ouvrage « les japonais », KARYN POUPEE s’attaque à un thème largement traite : le manga.

Si vous êtes lecteur de blog, vous savez que j ai dores et déjà eu l’occasion de présenter a plusieurs reprise des ouvrages ou des articles sur l’histoire du manga. Si je ne peux affirmer que je connais bien ce sujet, je peux au moins dire que j’ai lu pas mal de papier sur ce thème.

L’histoire du manga est abordée de manière plus ou moins approximative selon son auteur. J’avais relève l’excellent ouvrage de madame Brigitte Koyama richard. Son approche d’historienne de l’art bien documenté apportait des développements pointus, complets et solidement argumenté. Pour Karyn Poupée l’approche est différente. Elle est plus journalistique que scientifique. Pour preuve, je n’ai noté aucune bibliographie. C’est un véritable sacrilège pour toute personne souhaitant élaborer une thèse et mettre sur pieds une argumentation. La seule approche « solide » de l’ouvrage est pour moi la manière dont elle a délimite son sujet grâce a une étude assez rigoureuse de l’utilisation du mot manga et de son étymologie. Néanmoins cela s’arrête la et même dans ce cas là, le lecteur ne peut que la croire sur parole.

Vous trouverez ainsi de nombreuses références historiques, des anecdotes, le tout orchestré par un style léger et agréable a lire.

Un style journalistique en somme. Loin de moi de dire que ce livre n’est pas intéressant. L’auteur réussit par sa « connaissance » à créer du lien entre les événements de l’histoire japonaise et l’évolution du manga et ce n’est déjà pas si mal.

Et j’ai moi même été plutôt convaincu par plusieurs de ses raisonnements (comme le lien entre les sujets traités par le manga et les attentes quotidiennes de la population japonaise (parallèle entre l apparition de la science fiction et le...)). Convaincant certes mais assez peu rigoureux. Le lecteur est d’ailleurs souvent perdu dans un flot d’informations et ne s’y retrouve pas toujours d’un point de vue chronologique (c’est tout de même embêtant pour un livre dont l’intitulé est « l’histoire de… »). En même temps, l’auteur adopte une approche aussi systémique que chronologique. A lire son ouvrage, tout est lié et le manga n’est que le miroir du reste. C’est une idée que je respecte et que je poursuis (voir mon article sur l’histoire du manga).

La critique est facile. Je sais que Karyn Poupée a remporté de nombreux prix et sa connaissance, maîtrise du sujet est de facto bien meilleure que la mienne. Il n’en reste pas moins que personnellement je lui préfère largement l’ouvrage de Brigitte Koyama richard. Je suis d ailleurs intimement convaincu que de nombreux lecteurs auront le même avis que moi.

Mes reproches sont assez proches de critiques « classiques » sur des ouvrages rédigés par des journalistes (il n y a pas que sur la thématique du manga, mais sur la thématique des otaku, l’ouvrage d’Etienne Barral souffrait des mêmes travers, comme a pu le remarque un commentaire du site).

L’approche "globale" de Karyn poupée a malgré tout le mérite de faire un point historique (sur le japon en général) de manière assez agréable. Le passage citant Moebius et Tezuka est par exemple à retenir et extrêmement intéressant. De même concernant l’interview de Naoki Urusawa.

Mais quelque part, après avoir lu « les japonais » (où je n’ai vraiment rien appris personnellement et que je n’ai pas trop apprécié), je m’attendais exactement ce type d’ouvrage (hormis peut être le tout début de l’ouvrage où l’auteur offre une démonstration séduisante de sa conception du manga tel qu’on la connait aujourd’hui, à mi-chemin entre les post moderne et les historiens d’art qui ne voit dans le manga qu’une continuité).

En tout cas, j’ai tout de même eu un peu de mal à lire l’ouvrage tellement j ai déjà pu lire différent livres, articles sur l’histoire du manga notamment pour constituer mon propre article sur l’histoire du manga.

Relire 10 fois la même chose écrit de manière différente c’est parfois un peu lourd. C’est d’ailleurs la principale difficulté des auteurs d’ouvrage sur ce sujet : innover. Cela explique aussi la fâcheuse tendance qu’on certain à vouloir proposer « la nouvelle vision » des choses.

Enfin, malgré tout, si vous n avez jamais lu de livre sur l’histoire du manga, il n’en reste pas moins assez agréable à lire malgré sa structure et l’organisation des idées parfois peu digeste. Un bon complément à l’ouvrage de Madame Brigitte Koyama richard.

Pour aller plus loin :

Histoire du manga de Karyn Poupée Karyn Poupée 1/2 : « J’ai envie que les jeunes passionnés du manga aillent voir plus loin dans leur démarche ».

- Karyn Poupée 2/2 : « Je préfère lire un manga dans sa version originale. »