Proposé en avant première lors de la Japan expo par Beez, nous avons la chance d’avoir pu voir .hack//G.U trilogy le film avant sa sortie officielle ( le film sort en dvd chez Beez en octobre). Pour rappel, Monsieur Matsuyama , l’un des grands investigateurs du projet Hack était présent lors de la Japan expo et a d’ailleurs participé à l’élection du meilleur dessin des fans français lors d’un concours (voir le dessin gagnant sur le site de Beez).
En guise d’introduction, nous pouvons indiquer que .hack//G.U trilogy est le premier véritable film réalisé sur l’univers Hack et que celui-ci est entièrement en 3D (je fais attention de ne pas utiliser le terme d’image de synthèse car lors de la présentation du film au Japon, l’intervenant à préféré parler "d’animation digitalisée" plutôt que de film en image de synthèse). Ce film est sorti en DVD au Japon en mars 2008. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, lorsque l’on parle d’un opus de la série Hack, il est toujours nécessaire de ressituer l’oeuvre dans son contexte.

L’univers de Hack, à l’instar des projets Wakfu et Dofus en France (studios Ankama), est un projet multi support. Se déclinant en jeux vidéos, romans, animes, mangas, Hack nous propose de nous plonger dans un univers virtuel : "The world" est un jeux en ligne de type "MMORPG" (Massively multiplayer online role-playing games ). Ce jeu, ultra réaliste, regroupant des millions de joueurs, les amène dans un monde assez féérique et "héroic fantasy" . Comme la plupart des jeux de ce type, les joueurs doivent réaliser des quêtes, monter en niveau, s’organiser en guilde etc.
Mais entre les débuts de l’univers "The world" et aujourd’hui, le monde du jeu a énormément évolué. En effet, dans la première version du jeu, le monde était assez bien conçu, et assez ordonné (c’est le premier projet .hack//). Nous sommes aujourd’hui, tant au niveau du jeu vidéo (il me semble, je connais uniquement la partie anime), que des animes à la deuxième version du jeu, le projet G.U, se déroulant 7 ans après la fin du premier cycle. L’univers de hack se veut plus sombre et les personnages plus obscurs (les "player killers", joueurs tuant d’autres joueurs sont de plus en plus nombreux et les décors plus apocalyptiques).
En quoi est ce important de vous présenter ce contexte ? Tout simplement car pour apprécier les animes hacks (.Hack//sign, liminality, roots et G.U trilogy), il est beaucoup plus intéressant de comprendre le contexte.

.hack//G.U. Trilogy, le film, se situe dans le prolongement de Hack//roots (voir mon article à l’époque sur Hack//roots). Nous nous retrouvons six mois après la saga des .Hack//roots. Pour rappel, .Hack//roots nous propose de suivre l’histoire du jeune Haseo. S’il évolue dans le jeu " The world", ce jeu a bien changé depuis ses débuts. Le monde est la cible des players Killers, la notion d’ordre juste n’est plus qu’un vague souvenir, et l’univers est sous le coup d’un puissant virus. Ce mystérieux virus touche tant les personnes virtuelles de "the world" que les joueurs dans le monde réel, ceux ci se retrouvant dans le coma suite à leur attaque dans le jeu.
Ouvrons une courte parenthèse pour préciser que dans la série des Hack, le lien entre le monde du jeu et le monde réel est extremement important. Le comportement des joueurs dans the world n’est souvent que le corolaire de leur évolution personnelle, et inversement, leur évolution dans "the world" n’est pas sans conséquence sur leur comportement dans le monde réel.

Pour revenir à notre histoire, suite à la perte d’un être cher du fait d’un mystérieux Player killer ("PK") surnommé Tri Edge, Haseo est devenu un être sombre, lui aussi PK, dont le seul but semble être de venger Shino (son amie dans hack roots) et de trouver un moyen de la faire revenir à la vie. Ovan, l’ancien chef de la guilde de Haseo, également ami de Shino, revient après six mois de disparition. Ovan a toujours été un personnage assez énigmatique, rival d’Haseo , mais aussi son ami, maître et conseillé.
Dans .hack//G.U Trilogy, nous suivons donc le jeune Haseo, poursuivant sa soif de revanche, et les plans secrets d’Ovan. Au delà de ces deux personnages centraux, un troisième personnage fait son apparition. Atoli, une jeune fille resemblant trait pour trait à Shino, vient de débuter dans the world et tente de comprendre et de lier d’amitié avec Haseo. Haseo voit en elle une "réincarnation" de Shino et s’attachera progressivement à elle. Mais Haseo devra faire face à de nombreux obstacles et ne pas se perdre dans les méandres de la colère et de la revanche.
Pour rentrer dans le coeur de ma critique du DVD, je vais faire un peu l’inverse de mes habitudes et commencer par vous présenter les bonus. La raison est assez simple : selon moi, si vous voulez vraiment apprécier ce titre et que vous être un complet béotien de l’univers de Hack, je vous conseille de débuter le visionnage de ce DVD par le Making of et par les bandes annonces des autres titres Hack.
Je trouve personnellement que cela permet une excellente entrée en matière, tant au niveau de la compréhension que de l’ambiance. Ainsi, le Making of vous permettra de bien comprendre comment le projet s’est monté et s’est imbriqué par rapport aux autres volets de la série. De plus, il vous poussera à faire attention aux détails, à certains passages musicaux etc.. Les bandes annonces vous permettront aussi de voir l’évolution musicale, et stylistiques..

En somme, ces deux éléments sont une parfaite mise en bouche pour apprécier à sa juste valeur ce DVD.
Scénaristiquement, le film offre une histoire complète et compréhensible même pour les néophytes de cet univers. Néanmoins comme dit précédemment, je vous invite à commencer par le Making of, ou une par petite lecture d’un site comme "Beyond Fragment" ne serait ce que pour poser les jalons de l’histoire.
Si l’histoire m’a paru lors de certains passages un peu confuse, le dénouement nous offre des réponses assez claires. De plus, l’aspect psychologique des personnages est traité avec un soin particulier. Les détails apportés par Monsieur Matsuyama sont assez intéressants : la thématique principal du film serait le fait que l’homme soit au fond esclave de l’amour et que la passion nous pousse au souvent à nous abêtir. Assez surprenant pour un film traitant de jeux vidéos. En fait, dans la série Hack, le jeu vidéo n’est qu’un prétexte pour traiter des sentiments humains ainsi que des problématiques sociétales. Bien sur, le film nous offre de nombreuses scènes de combat assez époustouflantes (parfois plus proche d’un Karas que des autres volets Hack) mais le coté psychologique n’est pas en reste. C’est ainsi que le personnage de Atoli est une jeune fille poussée dans le monde virtuel par le rejet des autres dans le monde réel. En quelque sorte, Il s’agit pour elle d’un refuge (Haseo mentionnera aussi le terme de "refuge" à propos d’Ovan à la fin du film) et d’une seconde chance.

Mais Hack, à la manière de Matrix, c’est aussi l’analyse d’une problématique qui va sans doute se poser de manière criantes dans les décennies à venir : les conséquences du lien entre le virtuel et le réel, tant d’un point de vue psychologique que physique. C’est ainsi que les virus informatiques ne seront sans doute pas sans conséquences lorsque l’informatique aura investi une partie de notre corps. De même, les difficultés sociales de notre monde réelle, vont sans doute pousser un nombre de plus en plus important de personnes à se réfugier dans le monde virtuel pour trouver des solutions (cf l’émergence de tous les réseaux sociaux, des sites communautaires, des MMORPG, des sites de rencontres etc.). La frontière entre le réel et le virtuel va sans doute toujours aller en s’amenuisant, notamment avec la croissance exponentielle d’internet, et le développement d’outil toujours plus portatifs et connectables ( voir le concept de "Internet of things". Selon moi, derrière la série des Hack, il y a aussi cette question sous-jacente (d’ailleurs toujours très présente dans l’ensemble de la production Japonaise).
Dernières thématiques importante de ce film : la construction de l’être humain et la séparation entre le bien et le mal. Nous pouvons l’affirmer de manière à peu près certaine, les mangas traitent quasiment dans leur totalité de la construction de l’être humain à travers l’adolescence et de cette question omniprésente de frontière entre le bien et le mal. C’est ainsi que dans un très grand nombre de manga/anime, la frontière est assez peu déterminable, tant les personnages peuvent passer du coté obscur au coté de la lumière en quelques tomes voir quelques secondes (Végéta, Petit coeur dans Dragon Ball, Garaa dans Naruto etc.). Les personnages de Haseo et d’Ovan symbolisent eux aussi à merveille cette dualité, traversant plusieurs fois dans le film la frontière du bien et du mal, même si bien sur, tout redevient moral à la fin du film. Enfin, et Monsieur Matsuyama l’exprime dans le making of, l’une des thématiques est aussi la construction à travers l’adolescence. C’est lors de ce passage que notre façon d’être se façonne. Haseo, se pose au fur et à mesure du film certaines questions, comme son but dans le jeu (mais donc nécessairement dans la vie, est ce vraiment de devenir toujours plus fort pour être plus fort ou pour les autres ?), de sa relation avec les autres (Shino serait au fond un peu sa mère, Ovan son père, et Atoli, reprenant les traits de sa mère, susciterait chez lui un début de commencement de sentiment amoureux dans la plus pure tradition du complexe oedipien.

Du point de vue du fond, ce film apporte donc pas mal de chose et apporte certaines réflexions intéressantes (pour cela, il faut voir l’envers du décors, et ce que les réalisateurs ont tenté de dire à travers leur oeuvre).
Graphiquement, c’est assez impressionnant. Il s’agit en effet d’un film en 3 dimensions assez différente de ce que l’on à pu voir jusqu’à présent puisque cela reste vraiment du manga. C’est au fond du manga en pur 3 D (même si je ne suis pas un fin technicien, je n’ai pas trop vu de mélange 2d/3d et les personnages ne sont pas calqués sur des personnages réels comme dans Final fantasy). Nous sommes beaucoup plus proches de scènes cinématiques de jeux vidéos. C’est visuellement assez intéressant et les décors sont vraiment de toute beauté. Un bémol tout de même, la synchronisation des voix sur le visage (parfois un peu en décalage). De plus, certains passages sont un peu saccadés, et je trouve personnellement que le rendu manque un peu d’expressivité (de toute manière, je ne suis pas vraiment objectif car j’ai toujours préféré la 2D). Les combats n’en restent pas moins vraiment impressionnant, la sensation de vitesse étant bien rendue à l’écran. Les jeux de lumières sont eux aussi, à l’instar de Karas (les premières OAV de Karas sont disponibles chez Dybex), vraiment beaux à voir et s’accordent à merveille les musiques et les décors.

Pour clôturer cette critique, les musiques sont elles aussi au rendez vous. Personnellement, je trouve que ça ne vaut pas du Yoko Kanno (coyboy bebop, escaflowne etc.) , Mizoguchi (Jin roh, escaflowne avec Kano), Kenji Kawai(GITS le fim, avalon) ou Taku Iwasaki . Mais le duo "Lien", qui a déjà travaillé sur certaines OST (et tout de même, pour Fukuda sur Gundam Seed) nous offre une bande son très correct et assez bien adaptée.
Alors, après tout ça : ais je apprécié .Hack//G.U trilogy le film ? A l’heure actuelle, après tout ce que je vois, je me pose toujours une question : ais je perdu mon temps et ce que j’ai vu est il une énième redite de quelque chose de déjà vu. A cette question, la réponse est clairement : je n’ai pas perdu mon temps. .Hack//G.U est tout de même une certaine prouesse graphique assez originale et j’ai vraiment apprécié de contempler les décors. Il faut aussi dire que ma principale critique à l’égard de Hack roots, c’est à dire le rythme ne peut faire l’objet d’une critique ici. Certes, certain passages restent dans la tradition de Hack, centrée sur la présentation de l’univers, mais les scènes d’action sont nombreuses (voir dans l’autre sens, peut être trop à l’instar de Karas, ... mais ne crachons pas dans la soupe).

Le scénario porte un intérêt particulier à traiter des personnages et même si ce n’est pas révolutionnaire, les thématiques traitées ne sont pas sans intérêt.
Pour résumer, .Hack//G.U ne m’a pas transcendé mais que je ne regrette pas de l’avoir vu ! Les fans de la série seront sans doute emballés (enfin, pour les fans du jeux vidéos, comme l’a expliqué Monsieur Matsuyama , il était impossible de résumer des centaines d’heure de jeux à 90 minutes, mais le film apporte tout de même certaines réponses) et le public visé, à savoir 17-25 ans y trouvera sans doute un certain intérêt !




Commentaires
1. mardi 1er mars 2011 attime 22:55, par Anonyme
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