Synopsis

Naturellement ce manga n’a pas entraîné une véritable polémique à cause du thème de la musique mais plutôt celui en raison d’une thématique commune aux trois tomes du manga : le suicide.

Aya, Michaelle, Himiko et Julia, quatre filles qui ne se connaissent pas, se rencontrent via un site Internet dédié aux personnes qui veulent en finir avec la vie. En cruel manque d’idées, elles ne savent plus que faire. C’est alors qu’un éclair de génie atteint Julia de plein fouet. Elles vont s’offrir une mort des plus dignes, une mort sur scène. Julia leur propose donc de monter un groupe de rock et de se suicider en direct lors de leur concert. Cependant, ce projet se révèle bien plus difficile à réaliser d’autant plus que leur amitié devient réellement forte et plus le doute s’installe parmi les jeunes filles. Vont-elles y arriver ?

Les personnages

Note : ces descriptions ne se veulent pas exhaustives, car je ne voulais pas vous révéler les clés de l’intrigue.

Go ! Go ! Heaven (Shinji Obara, Yuko Umino/ (...) Julia est le personnage principal du manga. Meneuse du début, à la fin, elle reste étrangement la plus mystérieuse. En effet, ce n’est véritablement qu’au tome 3 que l’on apprend la véritable raison de son envie d’en finir avec la vie. On ne sait que très peu de chose sur son entourage et encore moins sur son passé si ce n’est qu’elle voue un culte à la musique, qu’elle considère comme un exutoire à tout ses problèmes. C’est elle qui s’occupera de toutes les paroles des chansons. Elle possède un caractère bien trempé et rares ne seront pas les moments où elle vous inspirera clairement de la médisance, médisance qui se dissipera au fur et à mesure que les révélations seront faites. Julia est parolière, chanteuse, et guitariste.

- Michaelle a 20 ans. Elle reste enfermée dans sa chambre depuis des lustres. Lors de leur première rencontre, on apprend que Michaelle ne parle pas, soit disant parce qu’elle a peur des gens. Elle communique donc avec le groupe via des sms. Elle est cependant la première à confesser oralement pourquoi elle souhaite mourir. Michaelle est toujours vêtue comme une gothic lolita. Elle sera la première à susciter l’admiration d’un fan, admiration poussée à son paroxysme qui conduira au désastre. Michaelle joue de la batterie dans le groupe, chose à laquelle elle accorde beaucoup d’importance (c’est elle qui s’entraîne le plus)

- Aya est une jeune femme comme beaucoup de Japonaises. Elle travaille pour une multi nationale, et subit des pressions plus ou moins tendancieuses de la part de son patron, ce qui lui vaut d’être criblée de dettes. Accablée par le désastre, elle souhaite donc en finir elle aussi avec la vie. Un évènement inattendu viendra cependant perturber grandement cette envie. Aya est l’archétype de la naïveté et c’est celle qui s’avère être la plus réfractaire au suicide. Aya joue de la guitare dans le groupe.

- Himiko est la plus vieille des quatre. On ne sait pas grand-chose de son activité personnelle mais on apprend rapidement qu’elle se prostitue. Plus loin, dans le manga on y découvre sa « motivation ». Au premier abord, elle ne suscite que du dégoût, mais on découvrira qu’elle est très loyale et qu’elle aime profondément les filles de la bande. Elle joue de la basse.

- Yazawa apparaît au milieu du manga. Sa boîte d’audiovisuel l’emploie pour faire un reportage sur la bande des suicidaires. Au départ très professionnel et dédaigneux, il se rapprochera du groupe, et ira jusqu’à s’immiscer dans leur vie privée. Sa femme souhaite elle aussi en finir avec la vie.

Analyse

Ce manga est une véritable mine d’or, dans le sens où celui-ci aborde plusieurs thèmes inhérents à la société nippone d’aujourd’hui.

La musique est présentée comme thérapeutique dans deux sens. Elle symbolise la fierté (fierté que les filles pourront éprouver ), mais aussi un exutoire (ainsi Julia dira que ses paroles servent à lui faire oublier la triste réalité). Mais Obara critique aussi acerbement le milieu de la musique. Le manager de la Bande des Suicidaires (le nom du groupe) considère ainsi que le succès de leur bande repose avant tout sur le concept de « mort en direct » plus que sur la musique. Les faits sont là, certes (rappellons que trois des quatre membres du groupe sont de parfaites débutantes) mais le manager pousse le bouchon plus loin en sabotant à plusieurs reprises les tentatives de suicide des jeunes filles. Le manager ira même jusqu’à les forcer à écrire une chanson pour la campagne de prévention contre le suicide !

Bien sûr, le second thème principal est le suicide, thème admirablement développé. A travers chacun des personnages, une vision différente de la vie et de la mort apparaît. Himiko représente le fatalisme, Michaella le complexe d’infériorité, et ironiquement Julia représente la détermination et la fierté. Même si celle-ci souhaite mourir, elle souhaite aller jusqu’au bout de sa carrière de chanteuse et que tout se déroule comme elle le prévoit. Julia montre que quelque soit l’objectif que l’on se fixe, ce n’est pas le résultat qui compte mais le chemin que l’on parcourt pour y arriver ! Yazawa n’est pas laissé en reste et ses nombreuses altercations avec Julia au sujet du suicide montreront deux opinions différentes.

Graphiquement parlant, on sent quelques maladresses dans le coup de crayon de Yuko Umino. Les quatre filles sont bien réalisées mais les autres personnages et décors semblent laissés au dépourvu. Graphiquement correct donc, mais sans plus. On peut aussi regretter cette fâcheuse habitude qui est récurrente de substituer la parole à l’action. L’histoire traîne réellement et on se surprend bizarrement à penser que deux tomes auraient presque été suffisants, car les révélations tardent inutilement.

Enfin un véritable coup de chapeau à Big Kana, pour ces dossiers tous aussi intéressants les uns que les autres en fins de volume !

En conclusion

Au final, Go ! Go ! Heaven, malgré quelques lenteurs, est clairement une lecture dont on ne sort pas indemne. toutefois, A ne pas mettre entre toutes les mains !