Gantz (5/10)
- noter cet article
mercredi 2 mai 2007, par Castex
Les intros, c’est chiant à écrire, surtout quand on sait pas quoi dire, ou qu’on sait pas comment poser le sujet. Tenez là par exemple, je sèche. Comment je vais bien pouvoir présenter Gantz ? Surtout que je suppose que le 5 qui lui est attribué à due en intriguer certains. Effectivement une bonne intro est la clef d’un bon article. Il faut savoir mettre le lecteur en bouche. Ah attendez je crois que j’ai trouvé ! Ca tient en deux mots : sexe et violence. Je sens que j’ai capté votre attention là. Oui ? Alors lisez ce qui suit.

Titre original : Gantz
Année de production : 2004
Studio : GONZO
Genre : sexe et violence
Auteur : HIROYA Oku
Volumes et durée : 2 saisons de 11 et 13 épisodes (env. 25 mn)
Gantz démarre dans une station de métro. Le héros, Kei Kurono, y croise un de ses anciens camarades de classe, Masaru Kato. Alors que ce dernier tente de sauver un clochard tombé sur la voie, il demande à Kei de venir l’aider qui jusque là était resté passif. Ils arrivent tout les deux à sauver le clochard mais, manque de chance, le métro les écrase. Voilà donc un début de série original : le personnage principal qui meurt dès le départ, c’est pas tous les jours qu’on voit ça. Hé non revenez ! C’est pas fini. Ben oui ça aurait été ballot quand même. Bon en fait, nos deux camarades ne sont pas vraiment morts mais se retrouvent dans une pièce avec d’autres personnes. Au milieu de cette pièce, une grosse boule noire. Bientôt, celle ci s’ouvre pour laisser sortir des armes. De plus, un homme bizarre est à l’intérieur ; Celui-ça va leur donner pour mission de tuer un extraterrestre. Je vous passe les détails pour aller directement à l’essentiel : nos héros se retrouvent en fait dans une sorte de jeu en équipe, avec des missions à remplir, des règles à respecter, le but étant d’obtenir un certain nombre de points pour en sortir. Une vision intéressante de ce que peut être le purgatoire. Voilà, ça vous plait ? Tant mieux, parce qu’avec ces quelques lignes, je viens déjà de vous résumer les trois quarts du scénario. Bon il y’a quelques subtilités sur lesquelles je ne passerai pas mais bon en gros, c’est l’idée générale.

- Configuration classique : 2 gars et une fille - la cruche, le héro et le bouche-trous.

- Gantz
Si n’y a pas de matière avec le scénario, peut-être qu’il y en aura avec les personnages ? Malheureusement, là aussi c’est pas trop ça. Commençons par le héros, Kei : alors lui, dès le départ on ne peut pas le piffrer. Il est égoïste, individualiste, pervers, se fiche de tout. On le sait dès le départ puisque l’on entend ses pensées. Si le principe passe bien dans un manga papier, c’est un peu énervant dans un anime. Ensuite, on a le copain du héros, Kato. Lui est censé être l’incarnation de la bonté, une sorte de chevalier blanc. Outre le fait qu’il s’avèrera complètement effacé par rapport au héros, il est en plus peu cohérent. Il ne semble jamais vouloir s’en prendre aux extraterrestres, par pacifisme, mais lorsqu’il pulvérise (mais vraiment) un de ses « camarades » de classe de manière préventive (le type voulait le violer), on a du mal à comprendre ce qui se passe dans sa tête, à comprendre sa logique (c’est plus flagrant quand on le voit que quand je l’explique). Reste le dernier morceau, Kei Kishimoto, une fille qui accompagne nos deux personnages. Mmmm par où commencer avec elle ? Ah oui : elle ne sert à rien. Elle ne sait pas se battre et a une noix dans ce qui semble lui servir de cerveau. Soit cette fille est une sacrée allumeuse, soit elle est incroyablement niaise : lorsque Kato la sauve, elle tombe tout de suite amoureuse (ça c’est fait) mais elle préfère aller coucher chez Kurono ( ???) qu’elle ne manquera pas de chauffer à coup de « je suis ton esclave, demande moi ce que tu veux etc... » - ce que Kei, en bon pervers, et ayant accepter de l’héberger non sans arrières pensées, exploitera aussitôt - mais à l’instant fatidique, elle le repousse comme une vulgaire chaussette : frustrant, pour nous et surtout pour Kei. En fait, elle compense son inutilité par sa (très) forte poitrine, un peu comme si la matière grise avait descendu de 20 centimètres...

- le premier "ennemi" - plus moche tu meurs.

- C’est déjà mieux - quoi que quoi que - les couleurs bavent un peu...
Bon évidemment, il y a d’autres personnages. Mais je ne m’attarderai pas sur eux étant donné qu’ils meurent assez rapidement en fin de compte. Du coup on a pas le temps de s’attacher à eux. Au moins, de ce côté là, ça bouge. Alors donc tout ce petit monde va se retrouver, pour le meilleur et souvent le pire, à devoir coopérer pour remplir à bien les missions données par Gantz : toutes sensiblement les mêmes, à savoir tuer des extraterrestres. On est donc en droit de s’attendre à une bonne dose d’action. Et bien, là aussi c’est la demi-déception. Celle ci est très longue à démarrer. Pour la première, ça peut se comprendre, mais à la deuxième, ça passe moins, c’est déjà mieux pour la troisième. En gros, dans les deux premières, les personnages restent amorphes devant leurs camarades se faisant massacrer par les monstres : « bon on y va ou on y va pas ? » et c’est comme ça pendant un bon épisode et demi à chaque fois. Enervant. On aurait presque envie d’y aller et de leur donner des claques.

- Tout est dans les sous-titres.
Déjà trois paragraphes et pas une note positive. Comment à t-il donc obtenu la moyenne ? Et bien si vous avez le courage de passer les temps morts, vous aurez le droit à de bonnes scènes d’action, tant en intensité qu’en beauté. On a vu de meilleurs gunfight, mais on est dans une bonne moyenne. Surtout que Gantz profite de très bon graphismes, d’un chara design propre (bien que sans originalité) et d’une animation fluide et détaillée. Par contre, ça saigne ; ça éclate les boyaux, ça broie le os, ça étripe, ça éviscère, ça arrache les têtes... Bref c’est gore et donc pas pour les âmes sensibles Bon, dès fois, les gunfights s’éternisent, on en vient à être impatient que ça se finisse, comme c’est le cas dans la troisième mission. On a même le droit à du sexe, et pas seulement cette cruche de Kishimoto qui agite ses (énormes) seins, non non, ici c’est du vrai, du moite. Autre point positif : l’évolution des personnages. Enfin surtout celle du héros puisque les 2 autres restent assez effacés. On suit aussi de temps à autre l’histoire des autres personnages dans la vie réelle (oui il me semble avoir oublié de préciser qu’entre deux missions, les ’’gantzers’’ retournent à une vie ’’normale’’), intéressant mais pas essentiel pour la compréhension de l’histoire. L’histoire justement, revenons-y : elle est inexistante certes, juste une succession de missions et de massacre. Mais il faut être compréhensif et bien comprendre la problématique de cette série : pourquoi cette débauche de sexe et de violence ? Pourquoi faire travailler des gens tous très différents ensemble ? Et bien, c’est connu, le danger, la peur, rapproche les gens, même très différents, les rend plus solidaires, plus matures aussi. C’est exactement ce qui se passe avec le héros et c’est, je pense, ce que les auteurs ont voulu nous montrer : la violence qui rapproche les gens (et le sexe aussi mais ça pas besoin de le préciser) pour le meilleur et pour le pire.

- Les combinaisons offertent par Gantz - on dirait des tenues de motion capture.
Le meilleur et le pire, voilà qui résume assez bien ce qu’est Gantz dans l’ensemble. Ses qualités : très bonne réalisation, bons graphismes, problématique intéressante (bien que pas évidente à déceler et sujette à caution). Ses défauts : scénario qui tient sur un post-it, personnages incohérents, action inégale. Autant de raisons de l’aimer que de le détester donc. Certains apprécierons la simplicité de son histoire et prétextant qu’elle est efficace et pas prise de tête. Certes. Mais le scénario est inexistant, c’est un fait ; par exemple, j’ai loupé un épisode sensé être une charnière dans l’histoire et l’évolution des personnages : et bien je n’ai été du tout gêné pour la suite, je ne m’en suis même pas rendu compte tout de suite. Gantz est une série simple qui se contente de mettre en avant deux des aspects les plus primitifs de l’homme : le sexe et la violence. Seulement, ces deux aspects ne suffisent pas à faire une bonne série, loin de là, et Gantz passe finalement un peu à côté de son sujet. Et puis Gantz à un côté malsain qui en rebutera certains, comme je l’ai dis : cette série n’est pas pour les ames sensibles. Si cette anime n’est pas mauvais, il s’oublie vite et ne laisse pas un gros souvenir. Les amateurs du genre apprécierons, les autres passerons leur chemin.




