Alors que la série Fullmetal alchemist touche à sa fin, il me paraissait inconcevable de ne pas prendre mon clavier pour taper quelques mots pour célébrer cet événement (triste évènement au demeurant)

Pour ce faire, j’avoue avoir été tenté par deux solutions : Un article grandiloquent, savamment écrit, reposant sur une montagne de références ou puiser dans le registre de sensations, émotions et produire un article plus personnel.

Mes derniers articles m’ont prouvé que le lecteur moderne attendait peut être des articles plus personnel qu’un étalage de savoir encyclopédique. La rédaction de tels articles est plus dangereuse pour son auteur et suscite plus de mécontentement chez certains lecteurs. Mais en décidant de devenir blog, c’est nécessairement la voie à suivre (le blog, c’est le Je).

Mais revenons en à Fullmetal achemist. Qui ne connaît pas cette série aujourd’hui ?

Dés ses débuts prometteurs il y a maintenant 10 ans, la série a connu un grand succès et de nombreux fans à travers le monde. "FMA" (pour les intimes) figure au panthéon des shonens du début de ce siècle. Pour ma part, il évince ses concurrents de la plus belle manière grâce à l’évolution de ses personnages, la richesse de son univers ou la solidité de son scénario.

Comme j’ai d’ores et déjà pu l’indiquer, le fait que l’auteur de la série soit une femme n’est sans doute pas neutre. Un regard différent, une approche différente et concernant spécifiquement Hiromu Arakawa, un passé différent. L’auteur a su jouer avec son histoire personnelle (sa jeunesse dans la campagne, son goût pour l’alchimie, l’histoire et ses références manga comme Norakuro) pour proposer un titre véritablement novateur.

Hiromu a repris les fondamentaux du shonen et les a transcendé. Notre héros est ainsi, comme à l’accoutumée un jeune garçon. L’évolution du scénario lui permettra de gagner en puissance et de vaincre grâce à l’aide de tous en se dépassant. Néanmoins, derrière cet "esprit shonen" se cache un manga dont la teneur chatouille le seinen ("manga pour adulte").

Nos deux héros, les frères Elric, n’ont ainsi rien de héros insouciants. Ils conserveront une certain candeur propre à leur adolescence tout au long de la série mais portent déjà en eux un terrible fardeaux. Ils ont véritablement côtoyé l’horreur pendant leur enfance.

La fameuse scène incarnant la perte de leurs membres dont je n’évoquerai pas la substance reste l’une des scènes les plus noire de la série.

Parce qu’elle touche à la mort, parce qu’elle touche à la mère, parce qu’elle touche aux relations fraternels, ce passage est particulièrement marquant pour le spectateur et marquera d’ailleurs les deux jeunes frères "à vie". A cet égard, la première partie de la série relève beaucoup plus de la quête initiatique que la seconde.

Nos héros sont en quête de vérité, de réponses et souhaitent récupérer leur corps. Cette fameuse vérité se matérialiste d’ailleurs sous la forme d’une porte ressemblant à la fameuse "porte des enfers" de Rodin dont je ne peux m’empêcher de poster un petit documentaire rappelant l’histoire de cette oeuvre dans les arts français.


A la différence des héros de shonen traditionnel, la psyché des personnages évoluera beaucoup à travers les tomes. Si Ed a plutôt tendance à croire pouvoir tout réaliser seul sans concession, il apprendra à faire quelques sacrifices pour se trouver des alliés et à devenir plus nuancés. C’est à mon sens remarquable puisque classiquement, le héros de shonen est tête brulé... et le reste tout au long d’une série.

Hiromu fait au contraire bien ressentir (ressortir devrais je dire) cette évolution et la maturité acquise par ED et Al (finalement les pouvoirs des héros n’évolueront pas tant que ça, ils devront donc composer autrement pour s’imposer).

Cette progression des personnages est certainement ce qui fait que le lecteur ne s’ennuie jamais. Dans un shonen classique, l’auteur ne sait jouer que sur la corde "physique" et sur la monté en puissance du héros, apparition d’un monstre plus fort, nouvelle monté en puissance du héros etc..

Dans FMA, les "méchants" (on est dans FMA dans une notion de mal absolument flou, les homunculus n’étant qu’une représentation des vices humains contre lesquels les humains doivent combattre, autrement dit, ils font le mal mais pas erreur de jugement - voir pour plus d’information sur cette conception le point k de mon étude sur le manga intitulé k) Une conception particulière du bien et du mal et le point de vue de Romain Chappuis qui s’applique complètement à FMA) ne changent pas. Le message de l’auteur est beaucoup plus fort : cessez de cherchez les ennemis chez les autres, le plus grand adversaire est souvent vous même (dans FMA, ce message existe au niveau macroscopique puisque le système militaire d’Amestris a lui même été conçu à des fins purement personnels sous couverts d’être meilleur que les autres et plus démocratique ; et microscopique puisque chaque personnage (Mustang, les frères Elric etc.) doit combattre ses pulsions, ses souhaits, ses envies tout au long de la série pour le bien commun).

Tellement plus percutant que ce que l’on peut lire habituellement. Dans mes articles, je fais toujours en général un petit laïus sur le graphisme. Je peux le dire en toute franchise aujourd’hui, c’est un peu bidon. Je ne m’arrête plus trop aux graphismes d’un manga. Il faut être honnête, en matière de manga moderne (je ne parle pas du Gekiga etc.), hormis certains titres (comme L’habitant de l’infini, Vagabond), les mangas s’assemblent et se ressemblent. Il est vraiment rare que je me dise, Ah ! c’est vraiment original.

Pour en revenir à FMA, que dire... Ce n’est ni plus ni moins que du manga (je m’adresse à des lecteurs de manga donc tout est dit, puis tout le monde a du au moins voir une fois une couverture de FMA). C’est vrai que FMA est le genre de titre dont on apprecierait de voir les dessins retravaillés à la vagabond ou par Juan Gimenez. Je pense que le résultat pourrait être détonnant.

Full metal alchemist, éloge d'une (...)

Mais bon, on aime FMA pour son scénario, pas vraiment pour ses dessins.

Ce bref article n’a sans doute pas grand intérêt dans le sens où FMA reste l’un des mangas les plus lus et reconnus. L’analyse de FMA mériterait des heures de réflexions et de nombreuses pages. Si j’en ai la force, j’écrirai peut être un dossier plus fouillé. Mais je me rends compte qu’Internet n’est peut être pas le media le plus adapté (lire plus d’une centaine de pages sur le web, ce n’est pas très agréable)

Pour conclure cette grande série, je trouvais qu’il était bon d’écrire un billet pour relever le travail opéré sur ce shonen hors du commun.

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore fait. Il faut lire FMA. C’est juste un très grand manga.

Une question reste en suspend. Qui prendra la relève de FMA ?