Duds hunt ( Tetsuya Tsutsui / Ki-oon )

Voici un seinen qui ne manque pas de pêche, écrit par l’auteur de manhole (Tsutsui).

Ce one shot (un volume) est édité par ki-oon, un éditeur plutôt axé sur l’heroic-fantasy , mais duds hunt n’appartient pas du tout à ce genre là. Il apparaît donc plutôt comme un coup de cœur de l’éditeur, car cet auteur n’étant pas édité au japon, ils ont dû faire appel directement à celui-ci pour sa publication.

Nakanishi est un repris de justice qui s’ennuie dans son travail. Ce jeune commercial discute sur Internet avec un inconnu du nom d’Eksam, qui lui propose de jouer au Duds Hunt. Il s’agit d’affronter des inconnus dans un périmètre défini et le but du jeu est de voler le portable de l’adversaire. Bien sûr, tous les coups sont permis pour remporter la mise...

Comme vous l’aurez compris, ce seinen a de forte ressemblance scénaristique avec battle royale ou gantz.

Duds hunt L’accroche figurant au dos de la quatrième de couverture ne ment pas, il s’agit bien d’une chasse à l’homme. Nous retrouvons de nombreuses influences de stephen king (running man, le talisman) dans les scénarii (cf reset, manhole) de cet auteur, ce qui n’est pas pour me déplaire. Le déroulement de l’histoire s’apparente plutôt à un Mary Higgins Clarck : nous sommes assaillis de flash back et de séquences pour le moins incompréhensibles qui finissent par se confondre.

Nous ne sommes pas dans un manga de combat pur et dur : les combats se terminent très vites et la stratégie prend le dessus. Tout comme son titre posthume Reset, Tsutsui remet en question le pouvoir des nouvelles technologies. En effet dans ce jeu, les équipements modernes ne sont pas en reste pour retrouver sa proie : portable, pda, internet, chat. L’action des nouvelles technologies sur l’homme, ainsi que le changement du comportement humain face au désir de pouvoir sont les principaux thèmes de ce scénario.

Les personnages, par leur apparence, sont quelque peu déroutants, il est difficile de cerner au début le personnage de Nakanishi. Il cherche à se réintégrer dans une société dont il a été exclu tout en jouant à un jeu de massacre dont les principaux leitmotiv sont le pouvoir et l’argent.

Le deuxième protagoniste, Eksam, est encore plus mystérieux car il est l’ami virtuel de Nakanashi. Je ne peux développer cette histoire sans risque de vous dévoiler les ficelles du récit.

Avec un graphisme d’une rare qualité, Tsutsui nous gâte encore une fois de son plus beau coup de crayon. Les diverses facettes, la peur, la tristesse, qui transparaissent dans les traits des personnages vous feront totalement oublier le background des scènes (parfois hachurées).

Attention pour âmes sensible s’abstenir, certaines scène sont très sanglantes.

Il ne faudrait surtout pas oublier de mentionner que dans les dernières pages de ce manga se situe une courte histoire indépendante. Cette dernière est publiée entièrement sur papier glacé et en couleur, mais d’une cruauté sans commune mesure avec les autres oeuvres de l’auteurs (cela pourra en rebuter plus d’un). Là encore, une histoire habilement mise en place, une intrigue bien orchestrée, qui se devine au fur et à mesure des pages tournées.

Duds hunt est un seinen originale, surtout de part sa structure narrative. Au final, un manga bien mené qui réserve son lot de surprises qui sont suffisamment bien mise en scènes pour intriguer le lecteur..

D’une qualité technique irréprochable, Tsutsui vous plongera dans une atmosphère bestiale et dans un monde sans foi ni loi. Un manga à se procurer d’urgence.

(Ps : le mangaka a glissé un petit mot pour son public français)