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Dômu Rêves d’enfants (Katsuhiro Otomo / Les humanoides associés) note 8/10

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lundi 3 mars 2008, par rambijey


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Les humanoides associées viennent de nous proposer une réédition du titre au combien mythique de domu, un rêve d’enfants.

Pour vous resituer un peu le contexte, ce titre est l’oeuvre de Otomo le père d’Akira. Il a été écrit entre 1980 et 1983. Il est d’ailleurs à la genèse même de l’oeuvre maitresse de l’un des piliers du manga japonais : Akira.

On y retrouve en effet des thèmes chers à l’auteur, comme l’enfance, la psychologie, le fantastique ou les pouvoirs psychiques.

De même, l’auteur traite à la perfection un sentiment que l’on ressent en réalité assez rarement de "manière réelle" dans les mangas : les angoisses des êtres humains (dans les titres récents, soulignons quand même Homunculus).

Cette oeuvre a reçu le grand prix de la science fiction en 1983. Otomo se serait inspiré d’un fait divers pour réaliser ce titre, à savoir une vague de suicide dans un complexe d’immeuble. Le cinéaste Guillermo del Toro ( Hellboy, Blade II), aurait d’ailleurs cherché à l’adapter au cinéma mais sans succès.

Le décor planté et le contexte précisé, passons à l’oeuvre en tant que telle. L’histoire nous plonge dans une enquête autour d’une série de suicide non élucidés jusqu’à ce jour. L’enquête piétine et il faut repartir de zéro. Tous les habitants du complexe sont passés en revue : un grand père passant ses journées sur un banc, de jeunes enfants jouant au parc, une femme ayant soit disant accouché d’un mort né, un homme dépressif et alcoolique.

En somme, pléthore de personnages disposant tous d’un passé assez mystérieux. L’enquête va s’envenimer lorsque l’inspecteur en charge de l’enquête se suicidera lui même dans des conditions inconnues.

L’histoire, aux allures de polar sombre mais réaliste à ses débuts va ensuite se transformer en un thriller fantastique où les personnages dévoileront progressivement leur face caché [attention spoil : ainsi Cho, ce vieillard sénile prendra des allures d’enfant capricieux, agissant de manière irraisonnée et jouant avec la vie des gens, alors qu’une petite fille tentera de faire face à l’aide de ses pouvoirs].

De même, l’ambiance, les décors, certes sombres mais assez calmes, prendra vie, doucement, puis de plus en plus vite pour littéralement nous propulser dans un univers post apocalyptique si cher à l’auteur.

Le graphisme dessert parfaitement la trame et le rythme de l’histoire. Le style est clair, les personnages expressifs, tout en ne retirant rien au caractère sombre de l’oeuvre. Au contraire, l’angoisse, les expressions et le sentiment de vide perpétuel sur certaines scènes est retranscrit avec beaucoup de talent.

Le titre se lit ainsi d’une traite ( il est bon que ce ne soit qu’en un tome au lieu des trois lors de sa première publication). Mais pour moi, tout l’art d’Otomo se trouve avant tout dans la narration et le rythme.

L’auteur parvient à passer du calme à la tempête, de jeux d’enfants à l’angoisse d’une pièce sombre. De même, l’histoire est menée crescendo avec un grand souci du détail propre à tous grands de la profession.

En effet, le dessin, de même que l’histoire ne rendraient sans doute pas aussi bien si Otomo n’avait pas tant travailler sur chaque détail (pour illustration, chaque objet voler aux victimes, dont une casquette réapparaissant à la fin de l’oeuvre).

Vous l’aurez compris je pense, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce titre. Il allie un scénario méticuleusement, béton, mené avec brio, avec un style prenant et dessiné avec précision.

Domu est donc une oeuvre classique mais dont l’emprunte n’a sans doute pas laissé indemne d’autre mangaka (l’angoisse m’a rappelé un monster , l’aspect psychologique, Paprika ou homunculus, et l’aspect apocalyptique et sanglant, Gantz).

Une oeuvre à lire et à relire pour les adeptes de Akira mais aussi pour les néophytes, ou ceux qui n’osent pas se lancer, dégouté par le style kawaii.

Pour les autres, et je m’adresse ici à un public plus jeune, je vais tenté de m’écarter pendant quelques secondes de mon rôle de critique qui s’approche de la trentaine.

Ne vous attendez pas ici à retrouver un Naruto ou un dragon ball. Ce titre est avant toute chose un seinen sombre et un polar fantastique. Vous ne retrouverez donc pas ici les canons du shonen ou du shojo, mangas que vous appréciez tant. Mais il est toujours bon de lire autre chose et Otomo, est un auteur culte ! N’hésitez donc pas à vous lancer, même si je dois ensuite faire face à vos foudres !



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