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Dôjin Work (REMIC) - 3/10

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vendredi 13 juin 2008, par Azelm


On remarquera que globalement, dans toutes les les collections d’animes, on trouve très peu de séries (pour ne pas dire aucune) ayant pour sujet les mangaka et encore moins traitant de la « grosse machine animation ». On parle ici d’une approche sérieuse et surtout réaliste ! « Dôjin Work » ne déroge malheureusement pas à la règle, accrochez-vous car je n’ai pas l’habitude de déconseiller une série, ce sera donc une première (et apparemment pas une dernière...).

De manière générale, les Dôjinshi (dont le diminutif courant est Dôjin) sont des mangas amateurs, dessiné par des fans, la plupart du temps à but parodique d’une série déjà existante. Dans Dôjin Work, lorsque Najimi Osana se fait renvoyer de son travail à mi-temps, c’est avec bonne volonté qu’elle accepte d’aider une amie, auteur de Dôjin, et qu’elle découvre l’univers spécial des conventions. Ce qu’elle découvre surtout, c’est que les dôjin à contenu sexuel et pervers se vendent particulièrement bien, impression encore accentuée par le succès de son ami d’enfance, Justice, auteur confirmé en la matière. Bille en tête et attirée par l’argent facile, Najimi (très prude en réalité) se proclame rapidement auteur de hentai et c’est avec une timidité évidente qu’elle tente d’intégrer dans un univers pervers aux idées relativement libérées.

Oui, vu comme ça, l’anime pourrait être bien parti. En fait, il n’en est rien. Autant être franc tout de suite, je n’ai pas vraiment apprécié cette série de douze courts épisodes. Le scénario, intriguant au départ, tombe rapidement au ras du sol.

Les personnages sont relativement stéréotypés, rien d’original de ce côté, mais rien de désastreux non plus ! Seul l’amie de Najimi possède une personnalité inhabituelle, potentiellement intéressante, mais que l’on aura du mal à creuser en douze épisodes. Ce comportement relativement ambivalent et ambigu (en rapport direct avec l’univers glauque du hentaï) l’a rend paradoxalement plus intéressante que l’héroïne elle-même. Un choix étrange dont les conséquences ne sont pas négligeables sur l’anime.

L’aspect tant espéré, à savoir l’univers des mangakas, n’est absolument pas abordé. J’ai plutôt eu le sentiment que ce pitch n’a servit que de prétexte à faire un peu n’importe quoi. L’intrigue est trop légère, tournant autour d’une pseudo recherche d’argent sur le dos des conventions amateurs, assaisonnée avec une dose de romance aux objectifs peu louables (pas la peine de vous faire un dessin, j’imagine).

Plus dérangeant encore, Justice (20 ans) et Sora (une fillette de 9 ans) entretiennent une relation clairement mal orientée, bien que cela ne soit que sous-entendu. La jeune fille est d’ailleurs constamment affublée de déguisements amusants, type cosplay, qui ne font qu’entretenir le quiproquo et qui me font douter des bonnes intentions de tout ce beau monde.

Une autre grosse partie de l’intrigue est entraînée par la compétition entre Najimi et une autre auteur, employée de bureau, toutes les deux piètres dessinatrices. La série n’a pas réellement su surfer ce cet affrontement, le reléguant au statut de simple justification à l’évolution irréaliste des deux personnages. Cette évolution est d’ailleurs quasi inexistante, ce qui pose la question : où voulaient-ils en venir ?

Maintenant, il est clair que la série n’a fait qu’exploiter un univers qui plaît toujours, à savoir le ecchi et le sexe. Et même dans ce domaine, l’anime se situe carrément à un croisement : pas vraiment sexe, pas vraiment ecchi. L’ensemble, si on aime le genre, est très mal équilibré. Ne vous attendez donc pas à reluquer de belles images hentai ou autres créations malsaines, mais préparez vous à découvrir un univers trop ambigu pour ne pas déranger. A ce stade de la critique et même si je n’ai pas aimé Dôjin Work, il est nécessaire de préciser que mon constat provient sûrement d’une importante différence culturelle.

Attention, je ne cherche pas à excuser le manque de qualité évident de l’anime, mais plutôt à expliquer pourquoi il semble avoir eu ses fans au Japon. En effet, on peut aisément imaginer que certaines choses passent mieux au Japon que dans les pays européens, rien que par l’éloignement géographique, donc potentiellement social. Par exemple, l’inceste n’est pas considéré de la même manière et il n’est pas rare de voir des (trop) jeunes enfants mis en scène dans des hentai. On a déjà pu voir dans des fêtes costumée (et dans un registre tout aussi sérieux) des japonais porter un uniforme nazi sans choquer personne, ce qui prouve que certaines choses n’ont pas le même degré d’importance (ou de sacralité) qu’en Occident. Comprenez donc bien que l’anime, d’un point de vue purement européen a du mal à trouver son public, bien qu’il puisse exister, et qu’en cela, on peut trouver un certain intérêt à confronter ses principes à ceux d’une autre culture (aussi malsaine soit-elle, et je précise encore que je n’adhère pas).

Côté musique, ou graphique, pas grand chose à relever : l’ensemble est très commun, pas spécialement original ni remarquable.

En conclusion, je vous déconseille carrément cette série. Elle n’est pas vraiment à voir, peut-être même doit-on l’éviter, mais dans tous les cas vous n’y trouverez sûrement rien à retenir. A la limite pourrez-vous la regarder d’un œil peu attentif devant une assiette de nouilles, bien plus attirantes et gratifiantes (chose que je n’ai pas hésiter à faire, sans scrupules, même si c’est méchant). Enfin, il me semblait important de rajouter la chose suivante : malgré une note carrément médiocre et connue par avance, il n’est pas inutile de lire une telle critique. En effet, déconseiller un anime est tout aussi important que d’en conseiller, et expliquer le pourquoi du comment permet d’exposer les raisons d’une mauvaise impression (et aussi de vous éviter une mauvaise surprise).


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5 Messages de forum

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    13 juin 08:02, par rambijey

    Dans le même univers (le coté malsain en moins) , j’avais pu voir comic party qui n’était pas si mal, mais qui au contraire avait vraiment pour sujet le travail de mangaka (Adachi en parle aussi dans certaines de ses nouvelles comme Short programme).

    Concernant la thématique, il y en effet un certains nombres d’anime traitant ce sujet. Celui dont l’approche m’a paru la plus intelligente est sans doute Koi Kaze. Ce titre permet à mon sens assez bien de se rendre compte de la différence culturelle de vision avec le Japon. Quand on disait que dans le manga , on pouvait tout dire ! (enfin, il n y’a qu’à voir les derniers épisodes de la saison 4 de Nip tuck pour voir que certaines séries américaines ne se gênent pas non plus !)

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    • commentaire 14 juin 03:59, par starfayeur
      Cela me rapelle également comic party avec l’esprit marécageux en moins en effet. Malheureusement je n’ai pas aimé, en fait j’ai pas du tout accroché alors qu’avec Dojin work j’ai même été déçu que le dernier épisode sois arrivé.

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    15 juin 05:10, par kyouray
    Personnellement, j’ai bien apprécié Doujin Work. Je pense qu’il faut avoir un minimun d’intérêt dans la scène doujin pour apprécier (ce qui est mon cas). Si on compare avec le manga, il est vrai que c’est un peu décevant comme adaptation étant donné que l’humour des 4koma est mal rendu par moment. Un anime à réserver pour ceux ayant aimé REC je dirais car ressemblance au niveau du thème (le parcours d’une seiyuu dans le cas de REC) et du format des épisodes.

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    • commentaire 15 juin 10:53, par Azelm

      En ce qui me concerne, je ne mettrais pas REC dans le même panier que Dôjin Work... Je trouve que les difficultés à devenir doubleur sont clairement mieux rendu, de manière un peu plus réaliste, même si (toujours d’après moi) on est loin d’une vision 100% réaliste et exhaustive.

      Il est vrai aussi que j’ai tendance, avec ce genre de thème, à rechercher des choses très précises, qui montrent des bouts de vie crédibles et intéressants. Cette manière de voir les choses tend sûrement à être très critique (et rapidement déçu) par un anime prometteur.

      De plus, si l’on passe outre la base des deux animes (à savoir le manga ou la doublure d’anime), l’histoire d’amour de REC est bien plus intéressante. Je la considère d’ailleurs comme un moteur principal de l’histoire, mais surtout, j’ai vraiment considéré qu’elle avait un intérêt, dans la mesure où elle montrait les conflits internes des personnages entre réussite professionnel dans un milieu difficile d’accès (la doublure) et une relation de couple (riche en couleurs, d’ailleurs).

      Aucune commune mesure avec Dôjin Work, d’après moi.

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      • commentaire 18 juin 02:35, par Sesshômaru

        Humm moi qui suis une grande fan de doujin (pour ne pas dire une maniaque...) j’avoue que j’espérais vraiment que l’on montre plus en profondeur le monde des doujinshika... Le début de la série était justement prometteur à ce niveau là étant donné que Najimi - et son ignorance - était en position pour qu’on lui explique à chaque fois comment ça se passe (avec Tsuyuri qui lui expliquait certains termes etc). Mais il s’avère il me semble que c’est surtout fait pour... parodier ce monde de bandes dessinées parodiques.

        Donc on met en avant une ribambelle de personnages tordus et loufoques qui correspondent en quelque sorte aux stéréotypes des auteurs de doujinshika : des jeunes lycéennes/étudiantes plus ou moins innocentes qui feraient des doujin ecchi ; des salarymen/women qui vivent dans leur petit monde en dehors de la réalité justement pour fuir celle qui est la leur ; des pervers qui s’assument ayant de forts "lolicon"... Et des fans plus ou moins atteints aussi :p.

        De plus avec tous les jeux de mots et références (malheureusement rarement expliquées dans le fansub, comme le seul que j’ai pu repérer tout de suite dans les previews étant entre "30% offerts" et "Sanzô hoshi" qui se prononcent de la même façon) c’est clairement plus marrant ! Du moins faut aussi adhérer à ce genre d’humour ^^" Pareil au niveau des noms des personnages avec par exemple Tsuyuri qui en plus de sa tendance à déclencher les gros quiproquos, a des airs d’adepte du "yuri" justement. Eh puis je crois pouvoir dire sans me tromper que les diverses scènes/illustrations ecchi et yaoi/shônen-aï trouvent évidemment leur public.

        Au niveau de la comparaison avec REC je tiens aussi à faire remarquer que là on est pas dans un milieu de professionnels ! D’où le fait que Najimi entre autre rendre tout de suite dans le bain et peut importe qu’elle évolue ou non, qu’elle devienne meilleur ou non. L’intérêt du truc est plutôt que ça devienne de plus en plus une passion, et presque naturel de faire des doujin.

        Et avant de finir je voudrais juste dire qu’au niveau de l’animation, il y a quand même ces petites scènes exagérées, faites en "manga papier" qui, je trouve, donnent un bon "miroir" avec le monde de l’animé.

        Bref oui c’est pas un animé formidable, oui les personnages auraient mérités d’être plus travaillés (mais n’est-ce pas aussi un moyen de laisser ce côté mystérieux aux doijinshika ?.... ok là je vais très loin XD) mais ce n’est pas si mauvais que ça, et effectivement pas facile d’approche.

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