Comme vous le savez sans doute si vous avez l’habitude de parcourir les pages de Shinmanga, nous n’avons pas toujours été franchement tendre avec les bandes dessinée européennes d’inspiration manga (enfin peut être moi...), alias manfra (tout en restant courtois bien sur).
Après, il n’en demeure pas moins que j’ai pu lire d’assez bonnes choses comme Dream land ou Maliki.
Debaser est la bonne surprise de cet été. Disposant d’un style d’influence manga, tout en s’appropriant un style qui lui est propre, Eaf a su proposer quelque chose de différent avec un scénario enfin accrocheur ! (enfin !). Car au fond, au de la du dessin, je trouve souvent que les manfra pèchent au niveau du scénario.
Cette fois ci, il n’en est rien. Utilisant le contexte français, Raf nous propulse dans un univers alliant science fiction et « réalité potentielle ».
En effet, dans le monde de Debaser, face à l’hégémonie des maisons de disque, la culture alternative a progressivement fait sa disparition pour finalement totalement disparaitre, au point que personne ne se souvienne qu’elle ait un jour existé (je ne sais pas si l’effet est voulu, mais cela m’a rappelé la lecture de 1984 de Georges Orwell où le personnage principal est chargé de falsifier les archives pour que le gouvernement en place est toujours raison ; c’est un peu pareil dans Debaser lorsque les professeurs en viennent à se persuader que la capitale des Etats Unis est xachington et non Wachington à cause d’une erreur dans un logiciel).
Dans ce monde proche de la dictature, les hommes des beaux quartiers sont formés pour devenir de vrais people mondains et les femmes de bonnes femmes au foyer.
Notre héros, un jeune banlieusard du nom de Joshua, appartient à la lignée de survivant d’une culture alternative dans un monde où seul subsiste la variété.

En raison de la traque qu’a connu ses parents (musiciens et résistants de la culture variété), notre héros déteste à présent la musique. Il préfère se consacrer au dessin, art pour lequel il se révèle franchement mauvais. Ce jeune garçon, rebelle , est en fait un survivant de la caste des raconteurs disposant de pouvoirs par l’intermédiaire de la musique.
Grâce à sa "mère adoptive", il est envoyé dans un beau lycée parisien où il rencontre Anna. Anna est quant à elle une jeune fille brillante à l’antipode de ses congénères féminines, dans l’ensemble toutes refaites et obsédées par la téléréalité et les people.
Anna rêve de suivre les cours des garçons et se révèle aussi être une raconteuse. Malheureusement, elle ne maîtrise pas encore son pouvoir, et comme Joshua, elle devra développer ses talents musicaux.
Nous découvrons au fur et à mesure d’autres raconteurs comme le frère de Joshua, menant de front un combat acharné contre la "Mundial", l’une des grandes majors de l’industrie du disque.
Debaser nous offre donc un scénario pétillant, plein d’humour et d’actions disposant d’un bon potentiel pour les tomes à venir. De plus, Raf profite de sa série pour critiquer la tendance à la peoplisation et de la culture bling bling. Quelqu’un m’a dit un jour qu’il avait peur que les auteurs français manquent un peu de confiance en eux et n’osent pas forcément tout dire. Avec Debaser, Raf semble nous dire le fond de sa pensée, et c’est tant mieux !
Graphiquement, Raf a su s’approprier un style propre, certes pas parfait mais très énergique. Les influences du manga sont omniprésentes, notamment lorsque l’on voit le frère de Joshua qui m’est apparu comme un subtile mélange de Ace dans One piece (le frère de Luffy) et de L dans death note. Le coté "rough" du dessin est parfaitement adapté au scénario et permet de bien faire ressentir au lecteurtoute la rage de Joshua et d’Anna !
Vous l’aurez compris, Debaser est une série française à suivre de près et j’espère personnellement que tout le potentiel de la série sera bien exploité !
Voici le lien vers le trailer de Debaser : http://www.wat.tv/WAT-Star/animation-bd-1243755/ankama-debaser-manga-rock.html




Commentaires
1. mercredi 20 août 2008 attime 16:48, par Sandburg
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