Cat Shit One (Motofumi Kobayashi/Glénat) note 7,5/10
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vendredi 24 novembre 2006, par rambijey
Cat Shit One démontre avec brio que l’une des fonctions du manga est aussi l’instruction publique
En effet, à la manière de Georges Orwell qui nous présentait dans "La ferme des animaux" une critique politique par l’intermédiaire d’animaux, Motofumi Kobayashi utilise ici des lapins (représentant les Américains) et des chats (pour les Vietnamiens) pour montrer l’atrocité de la guerre au Vietnam.
Nos héros, trois lapins américains appartenant aux forces spéciales de reconnaissance, nous plongent donc dans différentes missions au cœur du Vietnam.
Illustré par un graphisme précis et agrémenté d’interludes explicatifs sur la guerre du Vietnam, Cat Shit One fait partie de ces ouvrages de qualité qui permettent de s’informer sur un sujet, tout en se laissant captiver par l’histoire.
Je me permets de reprendre l’interview de l’auteur, gracieusement prévue dans le dossier de presse de Glenat
Quand et comment avez-vous débuté votre carrière ?
À l’école, mon passe-temps favori était de dessiner de petits manga amusants réalisés avec un bout de papier, un stylo et beaucoup d’imagination. Je suis convaincu que dès l’adolescence la vie décide pour vous de ce qui vous fera vibrer. Dans mon cas, c’étaient l’art graphique et les illustrations hyperréalistes des magazines. Vers 16 ans, j’ai frappé à la porte d’un illustrateur, qui est devenu, par la suite mon mentor. Il m’a permis d’entrer à la section schéma de manga. Et depuis 40 ans, je suis toujours en contact avec lui !
Comment travaillez-vous ? Comment s’effectue la répartition des taches avec vos assistants ?
Je travaille comme les autres mangaka, je suppose. Quand quelque chose d’intéressant me vient à l’esprit, je le couche sur du papier Kent sous la forme de textes ou de croquis. Après, et c’est loin d’être le plus simple, tout consiste à redessiner sans cesse... Au début de ma carrière, je n’employais pour ainsi dire aucun assistant. Ces dernières années, j’en ai eu deux qui m’aidaient dans les tâches les plus basiques. Je souhaitais les guider dans leur apprentissage, mais fondamentalement ils ne savaient pas dessiner et ne distinguaient pas arts graphiques et manga.
Êtes-vous influencé par un mangaka, ou un courant BD ?
Je pense que les oeuvres du début du siècle, que m’avait montrées mon mentor il y a 40 ans, et les illustrateurs hispaniques de comics américains, Esteban Maroto et Jose Gonzales, ont particulièrement influencé mon travail. Ce furent mes tout premiers émois d’adolescents (rires).
Pourquoi avoir choisi le thème de la guerre du Vietnam ?
En tant qu’Asiatique, la guerre du Vietnam est une période très particulière. Je suis né en 1951, je n’ai donc pas connu la Seconde Guerre mondiale, mais j’ai vu la guerre chez nos voisins Coréens tous les jours en direct à la télé. J’en garde encore les images gravées dans ma mémoire.
Pourquoi choisir de représenter les protagonistes sous des traits animaux et non humains ?
La toute première fois que je me suis représenté cette histoire, c’était après avoir vu un dessin animé mettant en scène des pingouins à la place des Japonais. Pour mon récit, je trouvais que des mammifères, tels des chats ou des lapins, s’imposaient. Ensuite, en fonction des pays j’ai choisi l’animal reflétant le mieux l’image que l’on en a. Le cochon évoquait l’animal truffier cher aux français, par exemple. Votre récit est particulièrement riche en détails.
Comment vous êtes-vous documenté ?
Je me suis tourné vers les films et romans sur ce thème. J’ai obtenu également de nombreux détails grâce aux informations publiques disponibles. La vérité finit toujours par ressortir. Je me suis basé sur les nombreux récits de survivants du Vietnam, dans lesquels j’ai injecté des personnages de ma création.









