Berserk (Kentaro Miura / Glénat) note 9/10
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dimanche 13 avril 2008, par rambijey
Nous profitons de la sortie du tome 24 de berserk chez Glénat pour vous parler un peu de ce manga mythique. Berserk est pour moi un manga un peu spécial car il s’agit de l’un des premiers titre que j’ai pu lire.
Berserk nous transporte dans un monde heroic fantasy assez sombre (et d’ailleurs plutôt réservé à un public adulte). Pour resituer un peu le contexte et les sources d’inspiration de ce manga, Kentaro Miura s’est plongé dans les mythes guerriers scandinaves. "Chez les Vikings, les Berserkir sont des guerriers inspirés d’une rage divine.
L’adjectif berserk existe encore de nos jours en norvégien, par exemple dans l’expression « en berserk viking », « un guerrier forcené ». « En berserk man », c’est un homme frénétique, voire un amok. Ce côté « forcené » peut être inspiré par un dieu, mais aussi provenir d’un désir de vengeance tellement violent qu’il ôte tout sentiment à celui qu’il affecte. Certains fantômes nordiques sont des berserkir.
Cette rage divine était en fait provoquée par les shamans Viking qui procuraient la drogue nécessaire aux guerriers. Les récits du moyen âge décrivent des symptomes très proches de ceux de ’Angel Dust (ou PCP) : force démesurée, insensibilité aux coups et aux blessures, pas de sensation de douleur, continue d’avancer malgré les blessures." [source : wikipédia].
Cette légende a d’ailleurs inspiré le monde du manga à plusieurs reprises comme dans City hunter (Nicky larson) avec la poussière d’ange (angel dust), une drogue démultipliant les forces de son utilisateur et le rendant quasi invincible, ou encore dans la série tv Lodoss avec le personnage d’Orson, un berserker possédé par Hyuri, l’esprit de la colère.
Kentaro Miura affirmera avoir été inspiré par Guin Saga, une série comptant désormais plus de 100 volumes depuis 1979 nous présentant l’histoire de Guin, un homme à tête de léopard amnésique cherchant à retrouver sa mémoire.

Berserk se divise en plusieurs parties retraçant l’histoire de Guts, un redoutable guerrier, usant d’une épée de taille disproportionnéeterrassant les ennemis qu’il rencontre. La série débute en nous montrant Guts, surnommé le "guerrier noir" ayant déjà un certain âge et parcourant le pays pour se débarrasser de démons. Guts vit un véritable cauchemar. La marque qu’il porte fait de lui un homme damné, dont le destin s’annonce tragique. L’histoire nous propose ensuite de mieux comprendre le personnage et comment une telle marque a pu apparaître sur son cou.
Nous découvrons ensuite l’enfance de Guts, et sa jeunesse parmi une troupe de mercenaire. Gambino, l’un des mercenaires prendra le jeune Guts sous son aile et lui apprendra les rudiments du combats. Guts se révèlera extremement doué pour le combat et maniera peu à peu des armes proportionnellement largement supérieures à sa taille.
Il rencontrera d’ailleurs ses premières déceptions et désillusions vis à vis du genre humain. Sa vie sera transformée lors de sa rencontre avec Griffith, un guerrier, leader de la troupe du Faucon. Griffith est accompagné par son armée, et Caska, une jeune fille sous ses ordres douée pour le combat. Le destin de ces trois personnages sera étroitement lié ... dans l’horreur. En effet, le destin de Griffith est lié au béhérit aussi surnommé « Œuf du Roi » ou « Œuf du Conquérant ».
Cette « pierre », de la taille et de la forme d’un œuf est dotée d’une bouche, d’un nez et de deux yeux disposés de façon anarchique. Parfois, un œil s’ouvre et scrute le manipulateur de la pierre. La légende veut que le détenteur du Béhélit règne sur le monde par la terreur.
Il existe les Béhérit gris et les rouges vermillons n’existant qu’en cinq exemplaires. Les gris permettent à leurs porteurs de devenir des Apôtres, les rouges des God Hand (c’est d’ailleurs pour cela qu’il n’y en a que cinq). Un Béhérit est destiné à un individu particulier et même si cet individu le perd, le Béhérit finira par le retrouver le temps venu. Un béhérit inactif augmente la chance du détenteur, toutefois, celui-ci verra son ambition grandir,le conduisant le plus souvent à sa perte. l’activation d’un Béhélit, requiert le sang du porteur. Avec ce sang, les yeux, nez et bouche formeront un visage versant des larmes de sang, appelant les God Hand, les Dieux des Apôtres. Le porteur, en échange d’un sacrifice, pourra abandonner ses sentiments humains contre l’immortalité et une puissance surhumaine.
Dans Berserk, Griffith est le porteur du dernier Béhérit vermillon, le plus puissant de tous. Ce Béhérit le protège donc, tout en le poussant à des actes sans cesse plus démesurée, le destinant à diriger le monde.

Le point fort de berserk est pour moi son univers, ses personnages et son scénario. Ces trois points ont un point commun : le travail de l’auteur.
Les personnages, l’univers et le scénario résultent d’un travail acharné de l’auteur (c’est l’impression qu’il en ressort), ceux-ci étant riches et détaillés.
Le scénario est mené avec brio, précision, et le lecteur assiste à chaque volume avec attention au spectacle qui s’offre à lui. L’auteur trouve toujours un moyen de relancer le suspense et à accrocher le spéctateur à la manière d’un maître de jeu dans un jeux de rôle comme Warhammer.
L’univers est quant à lui certes sombre et violent mais extremement contrôlé. Il n’est d’ailleurs pas étonnant de voir que l’auteur de Berserk, Kentaro Miura a collaboré pendant un certain temps avec Buronson (pour rappel, l’auteur de Hokuto no Ken (ken le survivant), Strain, Heat etc.). Le monde de Berserk est un mélange de médiéval et d’héroic fantasy. Contrairement à beaucoup de titres, il s’agit plutôt d’un médiéval européen, le style des armures étant clairement européen (à la manière de Claymore), et les références à l’époque médiévale étant nombreuses (l’inquisition, les armes présentes sur le champ de bataille ou dans le tome 24, l’apparition de la magie et des sorcières).
Concernant les personnages, ils sont eux aussi façonnés avec beaucoup d’attention. Les protagonistes principaux, à savoir Griffith, Guts et Caska. Guts, un héros atypique, à la jeunesse détruite, portera le poids de ses crimes sur ses épaules et tentera de vaincre son destin par la seule force de ses mains, luttant chaque nuit contre des démons, et combattant des êtres de légendes disposant d’une incommensurable puissance.
Griffith aura lui aussi une vie hors du commun, notamment du fait du Béhélit. Tel un Napoleon, il parviendra aux hautes sphères grâce à son ingéniosité et son immense talent de bretteur , mais aussi au fond des geôles avant de devenir un dieu vivant. Le contraste entre Guts et Griffith , s’opposant tel un grizzli et un aigle blanc, conduira à une relation d’amitié, de respect, puis de haine.

Caska connaît elle aussi un rôle prépondérant dans l’histoire , notamment de part sa relation particulière avec Griffith et Guts. Mais l’univers de Berserk propose aussi pléthore de personnages disposant chacun d’un background particulier.
La fusion du scénario, des personnages et de l’univers conduit à une véritable fresque historique cachant derrière la violence et la noirceur un récit passionnant.
Au niveau du dessin, il se veut plutôt seinen (manga pour adulte, un peu comme les Buronson), c’est à dire précis et fouillés. Les décors sont eux aussi énormément détaillés, de même que les ténus, armures des personnages. En somme, le travail fourni est là encore conséquent et à la hauteur du scénario. L’auteur parvient à proposer un rêve graphique souvent inaccessible pour les mangaka mêlant précision et détail sans jamais tomber dans la confusion.
Pour conclure, Berserk est sans conteste (et ce, à ma connaissance quel que soit les commentateurs) le meilleur titre seinen Heroic fantasy (je mettrais ensuite Claymore) ! à se procurer sans hésitation !







