Antique Bakery episode 1 (Fumi Yoshinaga)

Diffusée au courant de l’été 2008 au Japon, la série Antique Bakery m’a particulièrement séduit depuis mon retour du Japon, alors même que je ne suis pas un grand fan de boy’s love (autrement appelé yaoi mettant en scène l’homosexualité masculine).

En effet, lors de mon passage au musée international du manga à Kyoto, les shojos étaient à l’honneur et une exposition leur étaient dédiée.

Parmi les séries sélectionnées (et vraiment il y en avait peu, pour info, seul les 20 auteurs les plus marquants du shojo depuis la deuxième guerre mondiale était retenus, c’est pour dire), le musée a retenu Fumi Yoshinaga, notamment pour son oeuvre Antique Bakery, laureat du prix Kodansha Manga Award en 2002.

Pareil encensement ne pouvait que retenir mon attention, et j’ai donc décidé de passer outre mes goûts pour me pencher sur ce shojo yaoi (pour un résumé d’épisode cette présentation est un peu longue, mais sans doute ferais je une petite compilation afin de proposer un écrit plus complet).

Avant de débuter la série, j’avoue que je n’avais aucune idée de quoi parlait la série, si ce n’est que d’après le titre et les échos que j’avais pu en avoir, je me doutais que celle-ci devait tourner autour d’une patisserie de type occidentale.

Cela pourra surprendre certain d’entre vous, mais au Japon, les pâtisseries/boulangeries ont connu un véritable essor (on en trouve à peu près partout à Tokyo) au Japon au point que j’avoue avoir trouvé certaines de leur patisserie/boulangerie.

Le premier épisode débute sur un cauchemar de Keisuke. En recoupant les quelques informations extirpées de ce cauchemar et d’autres éléments de cet épisode, on peut en conclure que Keisuke, issu d’une riche famille a été kidnappé dans son enfance.

Son tortionnaire semblait forcer Keisuke à manger des pâtisseries. Apparemment, Keisuke cauchemarde de cet évenement assez régulièrement.

Curieusement, des années plus tard, Keisuke annonce qu’il souhaite mette fin à sa carrière dans une grande entreprise pour se consacrer à l’ouverture d’une pâtisserie occidentale.

Pour se faire, il recrute un pâtissier de première classe ayant appartenu à de grands restaurants et patisserie. Étrangement ce pâtissier ne semble jamais avoir gardé son poste pendant plus d’un an.

Lorsque Keisuke l’interroge sur la raison de ses licenciements successifs, Yusuke (le pâtissier) rétorque qu’à chaque fois, il a finis par séduire les hommes avec qui il travaille. En effet, Yusuke dispose d’un charme diabolique attirant systématiquement et automatiquement les hommes qui l’intéresse. Ce "pouvoir" est apparu après qu’il se soit fait rejeté par un homme dans sa jeunesse...

Seulement, il ne se souvient pas que l’homme en question n’est autre que Keisuke. Keisuke semble être le seul homme insensible à son charme, mais en même temps, peut être le seul qu’il pourrait réellement aimer...

Parallèlement à l’histoire de ces deux personnages, nous découvrons Eiji, un jeune boxeur victime d’un décollement de la rétine, et forcé en conséquence de se retirer du monde de la boxe... on pressent que son histoire va sans doute rencontrer celle de nos deux autres héros.

Que dire de ce premier épisode si ce n’est que je l’ai beaucoup apprécié. L’atmosphère à la fois légèrement obscure et tamisé de cet anime m’a un peu rappelé l’atmosphère de Bar tender, se concentrant essentiellement sur les relations humaines et le background des personnages, souvent victime d’un "traumatisme" (je pèse mes mots).

Il m’a été extremement agréable de retrouver le quartier de shinjuku, la nuit (même si je n’ai jamais été spécifiquement au quartier gay 2-chome) sur un air de musique classique (les bars un peu "classes" au Japon sont souvent agrémentés de musique classique ou de jazz (d’ailleurs j’ai le souvenir d’avoir entendu du Jazz et de la musique classique un peu partout ( Ahmad Jamal dans un restaurant de ramen, Bach au Macdonald,etc.)

Les habituels background de shojo (plume, fleurs, petites lumières etc..) sont également habilement utilisés pour retranscrire le "climax"(l’ambiance) de la scène. De même que l’usage de couleur plus sombres rend plutôt bien (par exemple, l’usage de ton extremement sombre pour la première scène du cauchemar, rappelant quelque peu le souvenir de la scène de kidnapping dans Mystic River).

Les personnages, et c’est essentiel pour ce type de manga, paraissent extremement profonds et intéressants. La dualité du personnage de Yusuke (timide pâtissier sur son lieu de travail, et véritable lover en blouson de cuir lunette de soleil la nuit) et le profond traumatisme subit par Keisuke promet une introspection langoureuse et passionnante.

De même, la relation entre les personnages va sans doute évoluer et se révéler complexe.

Vous l’aurez compris, Antique bankery est une série dont le premier épisode a su me charmer que je vais suivre avec attention (je pense faire tous les résumés si la série continue de me plaire)