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Abara (Tsutomu Nihei/ Glénat) 7,5/10

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lundi 30 avril 2007, par rambijey

L’auteur de Blame revient avec une oeuvre fidèle à son style : Abara


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Dans un style glauquissime et noir à souhait, voici une oeuvre de science fiction visuellement exceptionnelle. Cette courte série (ne comptant que deux tomes) nous présente un univers apocalyptique, sombre, où l’on découvre des hommes se transformant en monstres appelés Shirogauna (ils me font un peu penser aux monstres dans Kemonozume). Ces monstres dévorent les êtres humains. La police semble impuissante face à ces monstres et seul un jeune garçon lui même capable de se transformer en monstre et une organisation secrète semblent à même d’empêcher ces bêtes de dévorer tous les humains.

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Comme dans Blame, la quasi absence de dialogue peut surprendre (j’ai compté, un moment, pendant 15 pages, il n’y a pas un seul dialogue). Mais Tsutomu Nihei décrit chaque scène avec une précision minutieuse , au point que certains pourraient trouver son dessin confus, voir trop dense ou surchargé. Cet aspect est renforcé par la noirceur du trait. Rien qu’en comparant Abara à un autre manga sur mon bureau, le contraste de noir et de blanc sur certaines pages d’Abara est frappant et l’ombre y est très importante. C’est un style, et personnellement, je trouve que cela va extremement bien avec l’univers du manga, tout comme j’aime à dire que le style de l’auteur de Priest s’adapte particulièrement à l’univers de Priest.

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Mon point favori de ce titre est sans doute les décors des villes, tout à fait somptueux, travaillés , insufflant à eux seuls toute l’originalité de l’univers de Tsutomu Nihei. En particulier, la scène ou melle Todohomi se retrouve seule dans un train traversant un monde dévasté où ne se trouve aucun humain mais uniquement d’énorme tuyaux au milieu d’une obscure éternité (Dans un registre complètement différent, cela me fait penser au passage du train dans Chihiro).

De plus, l’humain semble complètement au centre de cette obscurité, une vieille dame se retrouvant devant un ignoble cadavre dans une sombre pièce et n’exprimant qu’un simple "excusez moi" comme si de rien n’était. Une partie des humains de ce titre ressemble d’ailleurs plus à des zombies qu’à des humains tant la pâleur de leur visage est accentuée, et tant ils s’imbriquent bien dans ce monde de désolation.

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Si l’univers m’a énormément charmé, pour le moment, le léger point faible de ce titre porte selon moi sur le scénario. Celui-ci est pour le coup un peu confus et il est difficile de comprendre le rôle de chaque faction, les kurogauna, shirogauna etc.. Peut être que tout cela sera plus clair par la suite, mais comme la série ne comporte que deux titres, je doute qu’il soit possible d’expliquer les origines des monstres , des entités, factions secrète, du monde etc..

En attendant Abara est un excellent titre pour les adeptes d’univers science fiction/ cyberpunk. Ils ne regretteront certainement pas leur achat.



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