20 th et 21 st century boys (Naoki Urusawa/ Panini )
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dimanche 29 juin 2008, par rambijey
« Voici mon interprétation de monologue intérieur : Quand la raison cesse d’aller dans les coulisses pour tourner la manivelle, nous commençons d’entendre une musique exquise. La cage est ouverte et les oiseaux (nos pensées) chantent en vers libres. » (George Moore)
Paninini comics vient de nous proposer la suite de l’un des titres les plus controversés mais aussi sans doute l’un des plus mystiques : 21 st boys, la suite, sur deux volumes du fameux 20th century boy, ayant notamment reçu le prix de la meilleure série au festival d’Angoulême en 2004.
Avant de présenter un titre comme , 20 th ou 21st century boy, il est important de présenter l’auteur, récemment devenu l’une des plus grandes fortunes du Japon grâce à ses oeuvres à succès (Monster, Master Keaton, et 20th century boys etc.) , j’ai nommé Naoki Urusawa.
Né à Tokyo dans les années 60, ce jeune étudiant en économie adepte de la guitare, connaitra assez rapidement le succès avec un titre dénommé beta en 1983. Il s’ensuivra une série de gros titres comme Pineapple army, Master Keaton, l’énormissime monster et les plus controversés 20th et 21st century boys.
20 th century boys et 21 st century boys, sont des oeuvres difficiles à critiquer tant l’histoire est complexe et l’univers atypique et délirant.

Sans dévoiler l’histoire, 20 century boy nous narre l’histoire d’un groupe d’enfant, ayant un jour écrit la destruction de la planète à l’aide d’un scénario digne d’une série B américaine de science fiction : une organisation secrète tentera de mener le monde à sa perte mais un groupe de héros sauvera le monde .
Des années après, Kenji et ses amis de l’époque se rendront progressivement compte que le scénario écrit pendant leur enfance se réalise petit à petit. En effet, une mystérieuse organisation dirigée par un "gourou" surnommé Ami prend peu à peu le contrôle de la planète.
Kenji se rendra d’ailleurs compte que ce personnage obscur est sans doute quelqu’un qu’il a connu pendant son enfance. De nombreux personnages feront leur apparitions et progressivement l’intrigue se dénouera. Nous aurons ainsi au compte goutte les réponses à nos questions : Qui est ami ? pour qu’elle raison ami a t il mis sur pied cette organisation sécrète ?
Derrière ce scénario original, se cache un véritable seinen thriller de qualité ! Le décor est ainsi planté avec attention, et de manière méticuleuse comme j’avais pu le voir à l’époque avec Monster.
Naoki Urusawa utilise à merveille ses talents de narrateurs pour faire d’une somme de petites choses un "récit structuré" (j’expliquerais après pour qu’elle raison j’ai utilisé des guillemets). En effet, à la manière de l’adaptation de Clint Eastwood de Mystic River ou de son titre Monster, Naoki Urusawa nous explique comment un geste , aussi insignifiant peut il paraître à un instant t, peut avoir un impact gigantesque par la suite. Comme dit l’adage, un battement d’aile de papillon peut provoquer un tsunami !
Cet empilement de petit rien permet de construire un scénario complexe, un univers à part entière. Malheureusement ce souci du détail à conduit à quelques trop longues digressions à partir du tome 15 de la série, ayant conduit certains lecteurs à abandonner le titre.

De même, sur le forum de mangaverse (http://www.forum-mangaverse.net/index.php) certains avaient pu relever les incohérences du titres. En effet, certains tomes (notamment le 22) paraissent brouiller les pistes et se révéler quelque peu inutiles. Néanmoins, et j’ai l’impression de revenir sur de longues discussions sur le seigneur des anneaux ou des oeuvres de Wong kar wai, la création d’un univers (voir aussi les oeuvre de Lovecraft ou Stephen King) nécessite parfois certains passages ayant pour unique but "de créer cet univers et une ambiance’" mais aussi de semer la confusion dans l’esprit du lecteur, un peu comme l’esprit du héros.
N’en déplaise aux critiques acerbes de certains à l’encontre des derniers tomes de 20th century boys, cette technique est aussi utilisée en littérature sous le nom de "courant de consience" ["le courant de conscience, ou flux de conscience est une technique littéraire qui cherche à décrire le point de vue d’un individu en donnant l’équivalent écrit du processus de pensée du personnage. L’écriture sous la forme du courant de conscience est associée à la littérature moderniste. Son introduction dans un contexte littéraire, dérivant de la psychologie, est attribuée à May Sinclair. Le courant de conscience est habituellement considéré comme une forme spécifique de monologue intérieur est caractérisé par des sauts associatifs (et parfois dissociatifs) dans la syntaxe et la ponctuation qui peuvent rendre le texte difficile à suivre" source : wikipédia]. Naoki Urusawa, utilise une technique assez similaire et nous enfume dans son monde, nous obligeant souvent à revenir quelques pages en arrières pour revisualiser certains détails.
De même, l’auteur nous plonge au fond un peu dans sa propre enfance et adolescence (20th century boy est sans doute l’oeuvre la plus personnelle de l’auteur, voir l’interview ci-dessous). Nous y retrouvons ainsi des thèmes chers à l’auteur, comme l’enfance (l’innocence et la cruauté de cet age , je me réfère à ce petit texte expliquant mieux que je ne pourrait le faire l’utilisation de l’enfance chez bon nombre d’auteurs), la construction des êtres humains à partir de cette enfance faisant de certains des "monstres" ou la manipulation (la manipulation par Johan dans Monser et par Ami dans 20th century boy)). De même, les références sont assez nombreuses, comme les croyances des années 70 au Japon, l’apparition du Rock, les robots, les mangaka (un peu à la manière de Adachi), etc.
Je peux aisément comprendre que ces interminables digressions aient pu en perdre plus d’un, mais elles auront eu au moins le mérite de permettre de faire de 20th century boy un titre original ! 21 st century boys nous offre une conclusion à l’histoire, certains adeptes d’Ami ayant repris l’oeuvre du maître et désirant en finir avec le monde à l’aide d’une bombe Anti protons. Grâce à cette suite, le lecteur dispose enfin de façon claire (enfin quoi que certains passages doivent encore faire l’objet d’une attention particulière).

Au delà de l’intrigue et des critiques que l’on peut y apporter, les personnages sont eux aussi extremement développés ainsi que leur psychologie. Là encore, la multitude d’information sur les personnages peut parfois perdre un peu (cela me rappelle la lecture du livre "Au bord de l’eau" et sa quelque centaine de personnages, Wong Kar wai se moquant d’ailleurs légèrement de ce type de littérature chinoise dans 2046 où le lecteur oublie à la moitié du livre quels sont les personnages déjà morts).
Au niveau du graphisme, comme à son habitude, Naoki Urasawa nous propose un titre extremement soigné, au style à la fois clair, détaillé et précis. L’action, l’énergie et l’expressivité sont assez bien retranscrites. Le découpage est lui aussi appliqué.
En conclusion, sans conteste, l’oeuvre de Naoki Urusawa vous plaira si vous êtes un adeptes des thrilleur au moins sur les 12/15 premiers tomes ! Si vous avez aimé ne serait ce que le début du titre, vous ne pourrez alors vous passer de 21 st century boy qui vient clôturer la série et enfin apporter des réponses définitives.
Pour compléter cette critique, une interview de Urusawa en bonus forte intéressante !








